Réflexion sur l’écologie

16/12/2020

Ce matin, nouvelle expérience entre deux émissions TV.

Je suis un débat sur France Info portant une fois de plus sur l’écologie.

Sans démagogie, le niveau est atterrant…

Les intervenants ne cessent de répéter en boucle les mêmes choses, on revisite les mêmes lieux communs, on ressort les mêmes arguments chocs, coup de poing qui font peur mais qui en même temps ferment la porte à tout vrai débat.

Ce n’est pas un débat, pas de questions qui amèneraient une autre approche, une autre réflexion, pas de réponses forcément, juste le même discours que l’on nous sert inlassablement depuis des années.

Suis-je climato-sceptique ? Anti-écolo donc contre ma planète et l’avenir de mes enfants pour reprendre l’argument favori des écologistes de plateau ?

Non, pas le moindre du monde.

J’ai juste besoin de voir les choses sous un autre angle parce que je suis désormais intimement convaincu que le problème écologique est réel, imminent, critique, mais que nous l’abordons de la pire des manières qui soit.

Ecologie punitive, politique, dogmatique, aveugle… voilà mon ressenti à l’écoute de ces débats interminables qui n’apportent aucune réponse à rien et ne font juste que meubler des heures d’audimat.

Je change de chaine, et je tombe par un étrange hasard sur ce reportage déjà vu sur Arte : « La face cachée des énergies vertes ».

Comment ne pas mieux tomber pour sceller mes questions, mes inquiétudes mais aussi mon ressentiment vis-à-vis de cette démagogie politique et de communication qui ne mène à rien.

En écrivant ces lignes le reportage diffuse une interview presqu’ubuesque de la porte-parole d’Engie mise en confrontation avec leurs projets de centrales à charbon au Chili alors que le groupe prône la transition vers la décarbonisation… Questions incisives, réponses vides, de communication bien préparée qui botte systématiquement en touche, bref, rien de nouveau sous le soleil, la machine à mentir fonctionne à plein régime. Mais nous le savons bien, derrière tout ceci, tout n’est que marketing, finances, capitalisme…

Suite du reportage… Oslo et son projet de tout électrique…

Quelle fierté pour les Norvégiens d’afficher sa vertu écologique…

Et dans la foulée, c’est un Norvégien qui lui-même dénonce l’hypocrisie.

L’écologie Norvégienne s’arrête aux frontières Norvégiennes.

Il ne vaut mieux pas savoir dans ce cas où et comment sont produites les batteries de leurs belles voitures électriques, il vaut mieux cacher que la Norvège est le 7ème exportateur mondial de pétrole et de gaz qui finance leur belle politique écologique alors que les autorisations d’exploitation sur leur territoire arctique de nouveaux gisements se multiplient ?

Je relève un mot choc : La Norvège mène une politique schizophrène… mais est-elle la seule ?

Mais revenons en France…

Notre cher président assène que dans 10 ans toutes les voitures thermiques seront interdites, qu’il faut passer à l’électrique…

Quelle belle perspective lorsque l’on sait qu’un nombre croissant de Français ne peut même pas payer ses factures d’énergies vitales (eau chaude, chauffage) ….

Quelle belle perspective pour les industriels qui vont pouvoir vendre leurs magnifiques voitures écologiques faite de cuivre issue de mines au Vénézuéla qui n’ont rien d’écologique, de batteries remplies de métaux rares et de graphites extraits dans des mines en Chine dignes des industries de la fin du 18ème siècle et surtout 30 à 40 % plus chères que les véhicules actuels.

Notre pays plonge dans la pauvreté, des classes entières de travailleurs basculent en situation précaire à chaque année et pendant ce temps nos dirigeants font des plans sur la comète à grands coups de mesures restrictives et contraignantes hors de prix….

Primes de 5000 euros pour acheter un véhicule qui en coute en moyenne 15000 d’occasion pour un petit modèle et 40000 pour un modèle neuf tout électrique.

Je pense que ces petits ménages surendettés qui comptent le moindre centime pour faire manger leurs enfants vont apprécier l’aide substantielle de l’état dans leur chute en enfer.

Peut-être est-ce cela le plan de nos gouvernements au final ? Les pauvres ne se déplacent plus, ils meurent dans leur coin sans émettre de gaz à effets de serre, pari gagné, les générations d’avenir sont sauvées, du réchauffement climatique certes, mais survivront-elles à la pauvreté ? Et je ne parle pas de ces pays où des populations entières sont sacrifiées pour produire notre conscience écologique.

Nouveau constat choc du reportage : En retraçant toute la chaine de conception et d’utilisation des véhicules électriques, ces véhicules polluent autant voire plus que les véhicules thermiques.

Ça fait peur non ?

Mais alors que faire ? Sommes-nous impuissants ?

Je ne le pense pas, sauf que l’effort à faire pour réaliser une vraie transition écologique est peut-être bien au-delà de nos capacités à l’accepter.

Le problème vient de notre mode de vie, celui du 20ème et du 21ème siècle, des dizaines de PC, portables, tablettes, smartphones dans chaque foyer des pays dits « développés » connectés à des box toujours plus rapide qui s’appuient sur des infrastructures toujours plus conséquentes, toujours plus gourmandes en énergie, toujours plus anti-écologiques. Ce simple aspect de notre vie quotidienne dont je suis sûr que moins d’une personne sur 10 accepterait de se séparer est en soi un problème écologique.

Comment imposer à une famille avec enfants de se déplacer à vélo lorsque les prix de l’immobilier l’obligent à se loger à des dizaines de kilomètres voire plus de leur lieu de travail et parfois des écoles ?

Nous avons créé un système de fonctionnement de notre société qui a fait voler en éclat le modèle du siècle dernier où tout pouvait se faire dans un rayon de quelques kilomètres de notre domicile, vivre, manger, travailler, étudier, se divertir.. Nous avons échangé ce système pour un système basé sur les déplacements, déplacements pour aller à l’école avec la fermeture des écoles de proximité pas assez rentables, déplacements pour se soigner avec la fermeture d’hôpitaux et services là aussi pas assez rentables, déplacements pour consommer et se nourrir avec la création des zones commerciales géantes et la disparition progressive des commerces de proximité, déplacements pour travailler avec le regroupement de toutes les entreprises dans des zones parfois situées à des dizaines de kilomètres ou bien plus encore, déplacements pour se divertir, parcs de loisirs, voyages, fermetures des cinémas locaux pour des multiplexes excentrés… en clair, nous avons mis le déplacement au cœur de notre mode de vie et maintenant nous crions au loup parce que ces déplacements polluent ?

Alors, au lieu de changer ce qui provoque ces mouvements pendulaires massifs et polluants, nous contraignons, nous imposons, nous punissons ces vilains pollueurs qui se déplacent pour vivre sans se poser la question de savoir si nous leur avons laissé le choix de le faire.

Que changent les pistes cyclables qui fleurissent dans les villes de banlieue lorsque l’on sait que les ¾ des habitants de ces villes doivent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour aller travailler après avoir déposé leurs enfants et leur sac d’école de 15 kg à leur école ? Rien, si ce n’est créer plus de bouchons, plus d’accident, plus de pollution, plus de stress, plus de délais pour arriver à l’heure au travail.

Pour que ce genre de dispositif soit réellement efficace il faudrait que tous ces trajets que l’on doit faire au quotidien puissent être décemment réalisés en vélo.

Et que dire de ces vélos électriques qui font le bonheur de ces nouveaux écolos des villes tout content de se montrer dans leur grandeur verte avec leur belle batterie électrique, vous vous souvenez, celle qui contient tous ces métaux rares venus du bout du monde… mais ça, j’oubliais, on s’en fout, ce n’est pas chez nous.

Sommes-nous donc naïfs au point de croire que la pollution d’Amérique du Sud, d’Asie, où sont produit nos beaux produits verts dans des conditions noires, où sont envoyés des milliers de tonnes de nos ordures que nous pensons pourtant recyclées et qui n’existent plus parce que nous ne les voyons plus, ne constitue pas un élément clé de la pollution de notre échelle planétaire ?

On appelle cela le syndrome du nuage de Tchernobyl qui s’est gentiment arrêté à la frontière Française.

J’aime beaucoup le discours de ces écolos de bonne conscience qui font la morale à tout le monde, méprisant ceux qui roulent en voiture et pas en vélo, qui vont au supermarché au lieu d’aller au marché bio, avant de partir aux sports d’hiver pour Noël et s’envoler à l’autre bout du monde en avion pour « décompresser » en été ou plus souvent.

La première démarche écologique serait peut-être tout simplement d’arrêter cette hypocrisie qui devient insupportable. Nous avons depuis longtemps ouvert les yeux sur la catastrophe qui s’annonce, mais nous refusons de les ouvrir sur les vraies causes de cette catastrophe.

Nos chers amis parisiens veulent bien interdire les voitures polluantes dans leur belle ville et qui les empêchent de respirer, mais surtout pas poids-lourds, camionnettes de livraison et autre diesels géants archaïques qui livrent et approvisionnent tous les jours leurs précieux bars et restaurants où ils pourront se rendre en vélo ou à pied avec les quelques 1 ou 2 kilomètres à faire tandis que le vilain pollueur de banlieue fera ses 30 ou 40 kilomètres pour rentrer chez lui.

Constat amer, nous ne faisons pas d’écologie, nous mettons un masque vert sur le capitalisme, c’est encore pire….