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Brèves de comptoir 2.0

Ce texte a été élaboré à partir d’éléments de conversations entendus, lus ou observés via différents vecteurs entre 2019 et 2021. Les éléments ont été agencés sous forme d’un dialogue entre deux personnes totalement anonymes. Bien que basés sur des éléments réels, ils ne représentent ou ne ciblent absolument personne et tentent d’évoquer avec une pointe d’humour comme leur illustre prédecesseur « brèves de comptoir » un échange type de notre société.

Un soir, quelque part dans un lieux de convivialité….

Mais, dites-moi, où les trouvez vous tous ces articles auxquels vous faites référence ?

Rien de plus simple, il y a tout sur Facebook !!!! vous ne savez pas ça ?

Disons qu’il y a aussi beaucoup de fake news sur Facebook.

N’importe quoi, ils ont leur réputation à tenir. Et de toutes manières ils filtrent les contenus, ils ont de sacrées équipes chez les américains pour ça.

Oui, mais les modérateurs Facebook sont plus à l’affût d’une poitrine dénudée que des fake news, même s’il s’agit d’un Delacroix soit dit en passant.

Delacroix ? C’est qui ? Un influenceur ?

Non, pas vraiment, c’était un peintre.

Et alors, ça à quoi avoir avec Facebook ? Ils s’en foutent de Delacroix.

Peut-être, mais pas de « La liberté guidant le peuple ». A égalité avec Gustave Courbet.

Ben tiens, parlons-en de liberté, on n’en a plus aucune.

Vaste débat, mais pour ne pas trop nous disperser, vous savez qu’il existe de nombreux sites de vulgarisation scientifique très bien faits et avec des sources vérifiées.

Mais vous me prenez pour qui pour aller sur ce genre de site ?

Pardonnez-moi, mais je ne vois pas en quoi cela serait gênant pour votre réputation ?

Je n’ai peut-être pas fait de grandes études comme vous Monsieur, mais je ne vais pas sur des sites vulgaires moi.

Non, pas vulgaires, mais de vulgarisation scientifique.

Et c’est quoi la différence ?

Elle est plutôt…. Importante…

Et de toutes manières c’est toujours la même chose avec vous les intellos, vous prenez tout le monde pour des cons, mais nous savons ce que vous faites nous.

Et en l’occurrence pourriez-vous préciser ? Un débat est bien plus intéressant et constructif s’il se base sur des faits vérifiés vous ne trouvez pas ?

Il n’y a pas de débat à avoir, vous les élites qui vous prenez pour des grands savants vous nous menez en bateau et essayez de faire taire les gens qui pensent au peuple.

Lénine est mort vous savez ?

C’est comme tous ceux qui veulent faire taire le professeur Raoult, c’est les mêmes sociétés derrière, les grandes entreprises du médicaments dirigées par les Franc-Maçons.

Ça fait beaucoup de monde pour un seul professeur vous ne trouvez pas ?

Il est seul contre tous, c’est le Robin des bois de la médecine.

Enfin, administrer un traitement avec des études aussi peu fiables c’est un peu jouer avec la vie des gens vous ne trouvez pas ? Et puis Robin des bois était quand même un voleur à la base. Ce n’est pas la plus sympathique des comparaisons.

C’est ce qu’on veut nous faire croire que ses études sont fausses. Moi je sais qu’elles sont bonnes.

Ah… Vous les avez-lues ? Vous avez donc des compétences de médecine et de virologie. Vous cachez bien votre jeu.

Pas besoin, j’ai vu une vidéo d’un autre professeur, un mec en blouse blanche avec des centaines de livres derrière lui qui disait que tout était vrai et que c’est parce qu’il dérange que tout le monde l’attaque.

Ah, si maintenant les employés de nettoyage des bibliothèques municipales s’y mettent.

C’est ça, rigolez, mais le professeur RAOULT il est comme Mozart, il l’a dit à son audition au sénat.

Mozart ? Il faisait de la médecine ou le professeur joue du violon ?

N’importe quoi, mais son talent n’a été reconnu qu’à sa mort. Ce sera pareil avec le professeur.

Heureusement qu’il n’est plus là pour vous entendre vue le nombre de fois où ses œuvres ont été jouées de son vivant. Dieu seul sait ce qu’il aurait pu faire s’il avait eu youtube….

Rigolez, mais le professeur lui il sait communiquer en tout cas.

Oui, c’est un fait indéniable, bien que l’on se demande s’il ne serait pas plus logique d’attendre de la part d’un grand virologue qu’en période de pandémie il se concentre sur ses recherches plus que sur son nombre de followers sur Youtube.

De toutes manières on ne peut pas discuter avec des gens comme vous. Vous ne voulez pas croire et tout ce que l’on peut vous apporter comme preuves vous ne voulez pas le voir.

Des preuves ? Mais justement, je ne demande que cela. Je me suis peut-être mal exprimé tout à l’heure lorsque je vous parlais de débats avec des éléments sourcées et vérifiés, mais c’est bien de cela qu’il s’agit, pouvoir échanger et débattre sur des éléments factuels.

Dans ce cas là allez parler avec vos copains qui sont allés à la fac puisqu’il vous faut des éléments de fac.

Mais je ne suis pas allé à la Fac, je ne vois pas le rapport.

Mais bien sûr, prenez-moi pour un con aussi. Vous prenez tout le monde de haut et vous me dites que vous n’êtes pas allé à la Fac. C’est bien ce que je disais, c’est un complot pour nous faire taire.

Mais vous savez qu’il n’est pas besoin d’aller à la Fac pour avoir un esprit critique.

Eh doucement, j’ai été correct avec vous.

Pardon ?

Oui, je ne suis pas d’accord avec vous mais je ne vous ai pas critiqué moi.

Peut-être que les notions de discernement et de pragmatisme vous seraient plus acceptables ?

Et voilà, il recommence à vouloir m’enfumer avec ses termes techniques de savant l’autre je sais tout.

Vous savez, un Larousse coute en moyenne 30 euros, c’est un investissement, mais on peut très vite le rentabiliser, si l’on considère que la culture a une quelconque valeur. Mais je ne voudrais pas vous offenser outre mesure. En tout cas vous me semblez bien renseigné sur ces grands groupes pharmaceutiques et les sociétés secrètes et occultes.

Occultes ? Je n’ai pas parlé de sorcières. Vous confondez-tous.

Pourtant vous avez mentionné les Francs-Maçons ?

Tout le monde le sait, il n’y a que ceux qui ne veulent pas le voir ou qui en font partie pour dire le contraire. Ce sont ce gens là qui contrôlent tout dans le monde.

Justement, ça me parait excessif que des sociétés aussi puissantes au niveau mondial puissent en vouloir à ce point à un professeur de Marseille. Vous ne trouvez pas ça étrange vous ?

C’est le coup classique avec les gens qui participent à ce genre de complot. Ils essaient de nous faire croire que c’est nous qui avons tort, juste avec de belles paroles, mais il n’y a jamais rien derrière et si on les contredits ils commencent à nous menacer ou nous insulter.

Je vois, mais dans ce cas, si le professeur Raoult est victime d’un complot, il ne devrait pas avoir non plus trop de difficultés à démontrer le bien fondé de ses recherches. Pourtant à chaque fois qu’on lui pose la question il botte en touche et se retranche dans l’invective ou la théorie complotiste.

Il n’a pas besoin de se justifier lui, c’est évident, ça toujours été comme ça, les puissants contre les faibles, les riches contre les pauvres. Moi je vous le dis, on parlera de lui pendant des années, comme Einstein qui a été pris pour un moins que rien.

Einstein, un moins que rien ? Il y a une nouvelle version de sa biographie ?

C’est ça, faites semblant de ne pas savoir, mais on sait bien qu’il a été refusé par de grandes universités parce que ses idées dérangeaient. Et pourtant maintenant tout le monde sait que c’était un génie.

C’est un peu romancé non ? Ne serait-il pas plus juste de préciser qu’il était dyslexique et très certainement avec un syndrome d’asperger, ce qui lui a valu des difficultés scolaires puisque ces problèmes n’étaient pas diagnostiqués chez les enfants à l’époque. Mais il a quand même connu une immense carrière de scientifique de son vivant et a été publié à de nombreuses reprises jusqu’à obtenir un prix Nobel de physique. Niveau notoriété c’est plutôt réussi non ?

C’est une biographie pour complotiste ça ?

Non, l’officielle aux dernières nouvelles.

Ah oui, et on la trouve où votre biographie officielle ?

Outre dans les livres, mais je ne vais pas revenir sur ce sujet sensible, sur internet assez facilement.

J’en étais sûr, internet, et vous qui parlez de sources fiables.

Otez-moi d’un doute, Facebook ce n’est pas sur internet ?

Mais c’est pas pareil, vous voyez, vous ne voulez pas comprendre, j’en étais sûr, je les sens venir à des kilomètres à la ronde les mecs comme vous.

Les mecs comme moi, vous pourriez préciser ? C’est assez agressif comme formulation ?

Ne faites celui qui ne comprend pas, vous vous croyez malin mais à force on les repère facilement les Francs-Maçons.

Ah oui, bien sûr, j’avais oublié que vous aviez un sens aigue de l’observation et des connaissances particulièrement pointues dans le domaine des complots et de la désinformation. Je ne fais pas le poids face à quelque comme vous.

Et oui, ça vous fait bien ch… de l’admettre, c’est vous qui avez des préjugés en fait, je ne suis pas aussi con que j’en ai l’air.

Effectivement, et Einstein serait entièrement d’accord, lui qui savait mieux que quiconque que la vitesse de la lumière est environ 200 000 fois celle du son.

Qu’est ce que vous racontez encore ?

Rien, juste des considérations à voix haute.

En fait ce n’est pas très difficile de vous déstabiliser vous les soi-disant savants. Nous avons nos convictions, nos croyances, c’est plus fort que tout.

Effectivement, l’obscurantisme versus le siècle des lumières, c’est imparable.

Ah ben tiens !!! Une publication Facebook qui prouve bien ce que je dis. Un ami qui partage un document du ministère de l’intérieur qui montre le nombre de morts en France par mois depuis 2019. Et qu’est-ce qu’on voit ?  Entre 2019 et 2020 il n’y a presque pas de différence. Alors ? il est où votre virus tueur ? Hein ? Ça montre bien qu’on veut nous faire peur pour nous empêcher de vivre et nous contrôler. Et puis là c’est imparable, ça vient du ministère de l’intérieur.

Oh vous savez, de nos jours, avec un scanner, une imprimante et un logiciel gratuit de retouche photo on fait des miracles en matière de documents officiels. Mais admettons que celui-ci soit authentique. Comment les chiffres sont-ils expliqués ? Contextualisés ?

Quoi.. des chiffres c’est des chiffres, vous refusez l’évidence et c’est moi le complotiste.

Je ne remets pas en cause les chiffres, mais pris comme cela, sans explication, sans détails vous avouerez que c’est difficile de les interpréter ? Les morts de Janvier 2019 étaient dues à quoi ? Maladie ? Mort naturelle ? Accidents de la route ? Suicide ? Grippe ?

Mais oui, cherchez la petite bête pour ne pas admettre que vous avez tort…

Je ne cherche pas à avoir tort ou raison, mais j’aimerais pouvoir comprendre et discuter de ces chiffres que vous avancez. D’autant plus qu’il se pose toujours la question de savoir ce qu’il en aurait été sans confinement. Si je vous dis qu’en août il y a eu 50 morts et qu’ensuite je vous précise que ces 50 personnes ont été assassinées par un tueur en série, vous admettrez que ce chiffre ne revêt pas la même signification, pourtant il n’a pas changé.

Tu vois Bernard, on ne peut pas discuter avec ces gens là, tu leur donne des chiffres et ça ne leur suffit pas. Manipulation je vous dis, manipulation. C’est comme la vidéo qui a été filmée hier par un mec vers un hôpital de Paris et qui montre qu’il n’y avait personne devant, pas de file d’attente, pas de saturation en fait. Et là vous allez me dire que ce n’est pas vrai ?

Oui, je reconnais, quand on commencera à intuber les malades sur le trottoir il faudra peut-être commencer à s’inquiéter. Et votre reporter sensationnel, il est entré dans le service de réanimation pour voir combien de personnes il y avait ?

Et pourquoi faire ? Quand un métro est plein les gens ne peuvent plus monter dedans et il y en a partout dehors, si les hôpitaux étaient vraiment saturés ce serait pareil moi je vous dis. Mais là aussi, vous ne voyez que ce vous voulez-voir.

Ah là, je suis d’accord avec vous, peut-être la première affirmation sensée de la soirée.

Le barman intervient.

Au fait, tu n’oublieras pas de renseigner ton nom, prénom et numéro de téléphone sur la liste à l’entrée.

Ouais, pas de problème. C’est comme leur application de surveillance, leur StopCovid, vous ne croyez pas qu’on les pas vu venir avec leur truc pour nous pister ?

C’est sûr qu’il est de notoriété publique que Facebook et Google ne gardent aucune donnée personnelle et ne pistent pas leurs utilisateurs.

Ca n’a rien à voir, sur Facebook je choisis ce que je mets.

C’est sûr, car personne ne serait assez fou pour imaginer qu’une application puisse publier autant d’âneries de manière automatique.

C’est ça, rigolez tant que vous voudrez, mais quand vos données personnelles auront été volées avec votre StopCovid vous ne direz pas qu’on ne vous avait pas prévenu.

J’avoue que le contrôle des données personnelles est total avec des listes papier à la vue de tous à l’entrée des bars et restaurants. En arrivant j’aurais pu récupérer les nom et numéros de téléphone de chaque client si je l’avais voulu.

De toutes manières leur application elle ne respecte pas le RPDG…

Ah oui, le RGPD, laissons les PDG tranquilles, ils ont déjà bien assez de soucis comme ça. Mais justement, l’application ne connait rien de vous, si ce n’est une localisation, le RGPD protège vos données nominatives, celles qui permettent de vous reconnaitre et de vous retrouver.Effectivement, j’avoue que c’est imparable, une liste avec un nom, prénom, date, lieu et numéro de téléphone ça n’a rien à voir en matière de pistage des gens.

Ben oui, c’est un bout de papier… rien de plus…

Oui, comme il y en avait des millions dans les tiroirs du KGB, d’ailleurs il me semble qu’on appelait cela du fichage… Mais tant que ce n’était pas sur Facebook, tout va bien.

Réflexion sur l’écologie

16/12/2020

Ce matin, nouvelle expérience entre deux émissions TV.

Je suis un débat sur France Info portant une fois de plus sur l’écologie.

Sans démagogie, le niveau est atterrant…

Les intervenants ne cessent de répéter en boucle les mêmes choses, on revisite les mêmes lieux communs, on ressort les mêmes arguments chocs, coup de poing qui font peur mais qui en même temps ferment la porte à tout vrai débat.

Ce n’est pas un débat, pas de questions qui amèneraient une autre approche, une autre réflexion, pas de réponses forcément, juste le même discours que l’on nous sert inlassablement depuis des années.

Suis-je climato-sceptique ? Anti-écolo donc contre ma planète et l’avenir de mes enfants pour reprendre l’argument favori des écologistes de plateau ?

Non, pas le moindre du monde.

J’ai juste besoin de voir les choses sous un autre angle parce que je suis désormais intimement convaincu que le problème écologique est réel, imminent, critique, mais que nous l’abordons de la pire des manières qui soit.

Ecologie punitive, politique, dogmatique, aveugle… voilà mon ressenti à l’écoute de ces débats interminables qui n’apportent aucune réponse à rien et ne font juste que meubler des heures d’audimat.

Je change de chaine, et je tombe par un étrange hasard sur ce reportage déjà vu sur Arte : « La face cachée des énergies vertes ».

Comment ne pas mieux tomber pour sceller mes questions, mes inquiétudes mais aussi mon ressentiment vis-à-vis de cette démagogie politique et de communication qui ne mène à rien.

En écrivant ces lignes le reportage diffuse une interview presqu’ubuesque de la porte-parole d’Engie mise en confrontation avec leurs projets de centrales à charbon au Chili alors que le groupe prône la transition vers la décarbonisation… Questions incisives, réponses vides, de communication bien préparée qui botte systématiquement en touche, bref, rien de nouveau sous le soleil, la machine à mentir fonctionne à plein régime. Mais nous le savons bien, derrière tout ceci, tout n’est que marketing, finances, capitalisme…

Suite du reportage… Oslo et son projet de tout électrique…

Quelle fierté pour les Norvégiens d’afficher sa vertu écologique…

Et dans la foulée, c’est un Norvégien qui lui-même dénonce l’hypocrisie.

L’écologie Norvégienne s’arrête aux frontières Norvégiennes.

Il ne vaut mieux pas savoir dans ce cas où et comment sont produites les batteries de leurs belles voitures électriques, il vaut mieux cacher que la Norvège est le 7ème exportateur mondial de pétrole et de gaz qui finance leur belle politique écologique alors que les autorisations d’exploitation sur leur territoire arctique de nouveaux gisements se multiplient ?

Je relève un mot choc : La Norvège mène une politique schizophrène… mais est-elle la seule ?

Mais revenons en France…

Notre cher président assène que dans 10 ans toutes les voitures thermiques seront interdites, qu’il faut passer à l’électrique…

Quelle belle perspective lorsque l’on sait qu’un nombre croissant de Français ne peut même pas payer ses factures d’énergies vitales (eau chaude, chauffage) ….

Quelle belle perspective pour les industriels qui vont pouvoir vendre leurs magnifiques voitures écologiques faite de cuivre issue de mines au Vénézuéla qui n’ont rien d’écologique, de batteries remplies de métaux rares et de graphites extraits dans des mines en Chine dignes des industries de la fin du 18ème siècle et surtout 30 à 40 % plus chères que les véhicules actuels.

Notre pays plonge dans la pauvreté, des classes entières de travailleurs basculent en situation précaire à chaque année et pendant ce temps nos dirigeants font des plans sur la comète à grands coups de mesures restrictives et contraignantes hors de prix….

Primes de 5000 euros pour acheter un véhicule qui en coute en moyenne 15000 d’occasion pour un petit modèle et 40000 pour un modèle neuf tout électrique.

Je pense que ces petits ménages surendettés qui comptent le moindre centime pour faire manger leurs enfants vont apprécier l’aide substantielle de l’état dans leur chute en enfer.

Peut-être est-ce cela le plan de nos gouvernements au final ? Les pauvres ne se déplacent plus, ils meurent dans leur coin sans émettre de gaz à effets de serre, pari gagné, les générations d’avenir sont sauvées, du réchauffement climatique certes, mais survivront-elles à la pauvreté ? Et je ne parle pas de ces pays où des populations entières sont sacrifiées pour produire notre conscience écologique.

Nouveau constat choc du reportage : En retraçant toute la chaine de conception et d’utilisation des véhicules électriques, ces véhicules polluent autant voire plus que les véhicules thermiques.

Ça fait peur non ?

Mais alors que faire ? Sommes-nous impuissants ?

Je ne le pense pas, sauf que l’effort à faire pour réaliser une vraie transition écologique est peut-être bien au-delà de nos capacités à l’accepter.

Le problème vient de notre mode de vie, celui du 20ème et du 21ème siècle, des dizaines de PC, portables, tablettes, smartphones dans chaque foyer des pays dits « développés » connectés à des box toujours plus rapide qui s’appuient sur des infrastructures toujours plus conséquentes, toujours plus gourmandes en énergie, toujours plus anti-écologiques. Ce simple aspect de notre vie quotidienne dont je suis sûr que moins d’une personne sur 10 accepterait de se séparer est en soi un problème écologique.

Comment imposer à une famille avec enfants de se déplacer à vélo lorsque les prix de l’immobilier l’obligent à se loger à des dizaines de kilomètres voire plus de leur lieu de travail et parfois des écoles ?

Nous avons créé un système de fonctionnement de notre société qui a fait voler en éclat le modèle du siècle dernier où tout pouvait se faire dans un rayon de quelques kilomètres de notre domicile, vivre, manger, travailler, étudier, se divertir.. Nous avons échangé ce système pour un système basé sur les déplacements, déplacements pour aller à l’école avec la fermeture des écoles de proximité pas assez rentables, déplacements pour se soigner avec la fermeture d’hôpitaux et services là aussi pas assez rentables, déplacements pour consommer et se nourrir avec la création des zones commerciales géantes et la disparition progressive des commerces de proximité, déplacements pour travailler avec le regroupement de toutes les entreprises dans des zones parfois situées à des dizaines de kilomètres ou bien plus encore, déplacements pour se divertir, parcs de loisirs, voyages, fermetures des cinémas locaux pour des multiplexes excentrés… en clair, nous avons mis le déplacement au cœur de notre mode de vie et maintenant nous crions au loup parce que ces déplacements polluent ?

Alors, au lieu de changer ce qui provoque ces mouvements pendulaires massifs et polluants, nous contraignons, nous imposons, nous punissons ces vilains pollueurs qui se déplacent pour vivre sans se poser la question de savoir si nous leur avons laissé le choix de le faire.

Que changent les pistes cyclables qui fleurissent dans les villes de banlieue lorsque l’on sait que les ¾ des habitants de ces villes doivent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour aller travailler après avoir déposé leurs enfants et leur sac d’école de 15 kg à leur école ? Rien, si ce n’est créer plus de bouchons, plus d’accident, plus de pollution, plus de stress, plus de délais pour arriver à l’heure au travail.

Pour que ce genre de dispositif soit réellement efficace il faudrait que tous ces trajets que l’on doit faire au quotidien puissent être décemment réalisés en vélo.

Et que dire de ces vélos électriques qui font le bonheur de ces nouveaux écolos des villes tout content de se montrer dans leur grandeur verte avec leur belle batterie électrique, vous vous souvenez, celle qui contient tous ces métaux rares venus du bout du monde… mais ça, j’oubliais, on s’en fout, ce n’est pas chez nous.

Sommes-nous donc naïfs au point de croire que la pollution d’Amérique du Sud, d’Asie, où sont produit nos beaux produits verts dans des conditions noires, où sont envoyés des milliers de tonnes de nos ordures que nous pensons pourtant recyclées et qui n’existent plus parce que nous ne les voyons plus, ne constitue pas un élément clé de la pollution de notre échelle planétaire ?

On appelle cela le syndrome du nuage de Tchernobyl qui s’est gentiment arrêté à la frontière Française.

J’aime beaucoup le discours de ces écolos de bonne conscience qui font la morale à tout le monde, méprisant ceux qui roulent en voiture et pas en vélo, qui vont au supermarché au lieu d’aller au marché bio, avant de partir aux sports d’hiver pour Noël et s’envoler à l’autre bout du monde en avion pour « décompresser » en été ou plus souvent.

La première démarche écologique serait peut-être tout simplement d’arrêter cette hypocrisie qui devient insupportable. Nous avons depuis longtemps ouvert les yeux sur la catastrophe qui s’annonce, mais nous refusons de les ouvrir sur les vraies causes de cette catastrophe.

Nos chers amis parisiens veulent bien interdire les voitures polluantes dans leur belle ville et qui les empêchent de respirer, mais surtout pas poids-lourds, camionnettes de livraison et autre diesels géants archaïques qui livrent et approvisionnent tous les jours leurs précieux bars et restaurants où ils pourront se rendre en vélo ou à pied avec les quelques 1 ou 2 kilomètres à faire tandis que le vilain pollueur de banlieue fera ses 30 ou 40 kilomètres pour rentrer chez lui.

Constat amer, nous ne faisons pas d’écologie, nous mettons un masque vert sur le capitalisme, c’est encore pire….

Des mots, et des urnes vides…

Des mots et des urnes vides….

Elections législatives France 2024.

Voilà, nous venons de traverser d’une manière assez transparente un nouvel épisode électoral.

Tout au long de ces semaines, tout particulièrement celle de l’entre-deux tours, les candidats, chroniqueurs, spécialistes se sont succédés sur les plateaux TV.

Une belle palette éclectique de sensibilités et de bords politiques qui aurait pu laisser augurer des débats intéressants, mais à l’image du bilan de ces élections, sur le terrain des idées, c’est de toute évidence l’abstention et le vide qui ont prédominés tout autant que dans les urnes.

Effet de conséquence ? Incidence ou coïncidence ?

Difficile d’y voir un effet isolé, et comme je l’entends beaucoup depuis ce matin, une conséquence directe de la crise COVID que nous venons de traverser.

Si beaucoup d’intervenants reconnaissent sans problème que la grande gagnante de ces élections, comme de bien d’autres avant elles est bien évidemment l’abstention, je n’ai pas l’impression que leurs discours traduisent une vraie prise en compte et compréhension de leurs propres affirmations.

J’ai encore la naïveté de croire que lorsque l’on se présente aux français pour leur demander d’être mis démocratiquement à un poste à responsabilité, on le fait en leur apportant des propositions concrètes pour appuyer, argumenter et légitimer cette demande.

Tous les candidats vous diront que c’est très exactement ce qu’ils font.

Alors, peut-être ai-je quelques soucis de compréhension en ce qui concerne la rhétorique politique, plus connue aussi sous le nom de « langue de bois » , mais lorsque au bout de 10 mn d’une interview d’un candidat tout ce que j’ai pu entendre en boucle c’est « je suis là pour faire barrage au RN », « ce ne sont pas mes idées et je les combattrai », « je veux rassembler les français contre la menace des extrémismes » j’avoue rester totalement sur ma faim ou fin, c’est selon le niveau d’interprétation.

Lorsque l’on écoute un candidat s’exprimer avant une élection, c’est avant tout pour se faire une idée de ce qui pourrait nous donner envie de voter pour lui.

Personnellement, cette idée je me la fait bien plus facilement lorsque j’ai une vision claire et précise de ce que ce candidat compte faire au poste qu’il brigue et qui pourrait m’intéresser que lorsque l’on me répète en boucle comme un message subliminal que je dois voter pour lui pour qu’un autre candidat ne soit pas élu.

Le vote reste quand même une liberté chèrement acquise et surtout une liberté individuelle totale et j’avoue avoir de plus en plus de mal avec ce discours qui a envahi tous les débats et qui ne consiste qu’à stigmatiser les français quant aux choix de vote qu’ils font ou pourraient faire.

Quand le débat d’idée a-t-il cessé d’exister ? Certainement depuis longtemps.

De nos jours on combat l’idéologie par une autre idéologie, on s’érige en rempart contre les extrêmes et le totalitarisme en usant et abusant d’une autre forme d’extrémisme totalitaire qui semble être autorisé car « politiquement » correct, mais quid des idées pour en contrer une autre ? quid des passes d’armes intellectuelles qui permettent aux spectateurs de se faire une idée sur celui qui sait le mieux défendre ses idées et en proposer des plus attrayantes ?

Il est assez dôle de voir tous ces grands et beaux parleurs dans leurs beaux costumes admettre avec une certaine gravité que l’abstention record est un véritable problème, tout en se félicitant pour certains de leur éclatante victoire et de la confiance que le peuple leur a accordée…

En parlant de confiance, faisons une petite parenthèse mathématique…

Prenons un échantillon de 250 000 personnes.

Maintenant calculons le nombre de votants avec une abstention de 66 % :

250 000 – (250 000 * 0,66) = 85 000.

Maintenant, prenons un score de 52 % sur le nombre de votants :

85000 * 0,52 = 44200

La variation ramenée à un pourcentage montre qu’un vainqueur à 52 % des voix avec une abstention à 66 % a été en réalité élu par environ 18 % des électeurs inscrits.

La première réaction serait de dire, comme cela a été évoqué ces dernières semaines, que cette élection n’est pas légitime.

Mais sur ce point je suis plutôt très réservé, car en l’état actuel de nos lois, du code électoral et de notre fonctionnement démocratique, rien n’indique qu’il faille un taux minimum de participation à une élection pour que celle-ci soit valide.

Donc, d’un point de vue purement législatif et démocratique, cet argument ne tient pas.

Ce qui n’est pas le cas d’un point de vue éthique et moral.

Comment peut-on annoncer avec un tel aplomb que l’on a gagné la confiance de français, et pour certains enchainer directement avec leurs ambitions nationales alors que l’on ne peut se targuer que de 18 % de soutien exprimés de son électorat ?

Et une fois de plus les explications des uns et des autres se perdent dans des conjectures qui ont un air de réchauffé pour la centième fois entre nos chers politiciens bien suivis par les médias qui dans le fond ont plus besoin de sujets clivants et vieilles recettes à audimat que de vrais sujets et débats de fonds qui risqueraient de les mettre face à la vacuité de leurs propres idées et analyses sur des sujets pour lesquels ils s’érigent en spécialistes.

Pour en revenir à mon propos initial, lorsque dans une interview de 15 minutes, j’entend plus d’une vingtaine de fois parler d’un parti politique « ennemi » qui doit être absolument combattu mais qu’en revanche je n’ai aucune idée de ce que l’on me propose comme solutions et propositions concrètes pour ne pas avoir envie de m’intéresser à ce fameux parti je me dis qu’il est un peu osé, voire franchement déplacé de venir ensuite se poser avec une mine grave et condescendante la question du pourquoi des 66 % d’abstention ?

Depuis des dizaines d’années maintenant, l’essentiel de l’offre politique est tourné vers ce que les Français ne doivent pas voter, vers une stratégie de rejet et non pas d’adhésion, largement argumentée par ce fameux « front républicain », terme qui soit dit en passant a autant de signification que de parler philosophie avec une huitre et qui en lui-même est une insulte aux concepts et fondements mêmes de notre système démocratique (mais c’est un autre débat).

Mais pas à un seul instant les discours n’apportent ne serait qu’une once d’intérêt pour un projet, des propositions, pas des promesses que l’on sait désormais qu’elles ne seront pas tenues, tout simplement parce que l’on ne peut pas tenir et appliquer une promesse qui ne contient tout simplement rien, on ne cesse de nous répéter ce que nous ne devons pas faire mais à aucun moment on nous offre une alternative qui puisse nous permettre de faire un vrai choix, démocratique, éclairé et d’adhésion.

Alors effectivement, quoi de plus normal que le seul choix d’adhésion qui est désormais celui de la majorité des Français soit de ne plus adhérer, ou alors d’adhérer au seul parti qui a la majorité absolue depuis des années en France : l’abstention…

C’est un bien triste constat, alors que l’on nous cesse de nous parler de valeurs démocratiques, de libertés, de lutte contre les discriminations, contre la violence, contre les extrémismes que de se dire que l’un des principaux remparts à tous ces maux de notre société, celui qui a été gagné et construit bien souvent dans le sang, celui qui est le fondement de notre démocratie, notre droit à voter, à nous exprimer par la voie des urnes n’est désormais plus qu’un simple voile de fumée, un fantôme qui a fini par s’effacer sous les coups répétés d’une classe politique qui ne sait plus rien apporter que le spectacle lamentable de sa soif de pouvoir, de ses promesses vides, de ses discours tout aussi vides et démagogiques et qui années après années, mandats après mandats, n’apporte aucune solution à aucun problème, juste des explications pour dire « ce n’est pas notre faute, c’est la faute de nos prédécesseurs, c’est la faute à la crise, et maintenant, c’est la faute au COVID ».

En 1933 le peuple Allemand a porté au pouvoir Adolf Hitler d’une manière totalement démocratique.

Ignoraient-ils la nature de cet homme, de ses idées, de son parti ? Pour beaucoup c’est probable, mais ce n’est pas aussi évident que cela.

Ce qui est sûr, c’est que lorsque l’on est plus capable de donner envie aux gens de choisir une autre voie autrement qu’en le leur imposant, ils finissent toujours par choisir une voie encore pire.

Et les réactions que j’entends sur les plateaux TV depuis ce matin ne me laissent que bien peu d’espoir quant au fait que la moindre leçon ait été tirée de ce nouveau scrutin.

« Ainsi meurent la liberté et la démocratie. Sous un tonnerre d’applaudissements ». Padmé Amidala dans Star Wars Episode 3.

Voter blanc favorise – t -il les extrêmes ?

En cette période de fièvre électorale qui tire clairement à la poussée de fébrilité et se prête à tous les débordements (c’est bien connu, la politique n’ai strictement rien de moral) nous voyons ressortir ces discours réchauffés depuis des dizaines d’année sur le vote.

Votez utile, ne pas voter favorise les extrêmes, voter pour faire barrage…

Entre injonctions directes et conseils éclairés le vote est devenu un enjeu de société et source de nombreuses fractures et dissensions jusqu’au cœur même des familles.

Alors, essayons de prendre un peu de recul et de hauteur, je sais, ce n’est pas facile quand tout est toujours fait pour vous couper les ailes et vous tirer vers le bas, là où se situe essentiellement le débat dans notre société…

Le vote ? revenons aux origines de ce qu’est un vote.

Voter blanc ? Nul ? s’abstenir ? quelles différences ? quels impacts ?

Choisir de ne pas choisir est-il un choix ? un droit ? Devons nous forcément nous positionner pour être « correct » ?

Autant de questions auxquelles chacun pourra apporter ses réponses et pour lesquelles il n’existe bien évidemment aucune vérité absolue en dehors des éléments factuels et légaux. Les éléments proposés dans cet article seront donc forcément subjectifs même si j’essaye au maximum de rester factuel et de peser toutes les hypothèses pour un maximum d’équilibre.

Le vote ? Quesaco ?

Définition du vote (source dictionnaire LAROUSSE 2024) :

« Manifestation de volonté, individuelle ou globale, à l’occasion d’une élection ou prise de décision. (En principe, le vote est secret [enveloppe, isoloir, absence de signes sur les bulletins], égal [un votant, une voix], personnel et libre.)« 

Sur le plan constitutionnel l’approche est un peu différente :

Le droit de vote est accordé aux citoyens pour exprimer leur volonté à l’occasion d’un scrutin. En France, il est établi dès la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) de 1789 et intrinsèquement lié à la notion de Nation souveraine.

« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »

Article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

En France, le vote est strictement personnel, libre et secret. Le droit de vote est un droit fondamental protégé par la Constitution de la Ve République du 4 octobre 1958 (article 3).

Le droit de vote est également consacré comme un droit fondamental en droit international.

Sources Ministère de l’intérieur.

Il ressort de ces deux définition que le vote est un droit lié à une manifestation de volonté à la base individuelle.

Qu’il soit secret comme dans le cadre des élections ou public comme dans certaines assemblées, le vote reste fondamentalement un choix purement personnel résultat d’une volonté d’exprimer un avis, d’adhérer à une proposition, de soutenir une personne ou toute autre situation nécessitant de prendre position.

Dans le cadre des états démocratiques comme l’est la France, n’en déplaise aux rageux au cerveau aussi limité que leurs arguments, le vote citoyen est donc encadré et protégé pour pouvoir être utilisé par chaque citoyen dans les meilleurs conditions.

Toute manœuvre visant à influencer le vote peut conduire à son invalidation ainsi que le précise très bien cet articule du conseil constitutionnel :

« Le scrutin est secret » énonce l’article 3 (alinéa 3) de la Constitution.

La règle est reprise par l’article L.59 du code électoral, rendu applicable par l’article 8 du décret du 17 mars 2005 portant organisation du référendum.

Elle tend à protéger la liberté des électeurs.

….

Dans une démocratie adulte comme la France, il ne saurait y avoir d’accommodement possible avec cette règle élémentaire du suffrage universel, l’une des premières que les organisations internationales et non gouvernementales cherchent à acclimater dans les sociétés en voie de transition démocratique.

La dignité du scrutin n’est explicitement prévue par aucun texte, mais elle est, elle aussi, consubstantielle au bon fonctionnement de la démocratie. Aussi le Conseil constitutionnel s’est-il fondé sur une atteinte à la « dignité du scrutin » pour annuler l’ensemble des suffrages d’une commune (Déc. du 8 mai 2002, dispositif de décontamination dans la commune de Villemagne). Il s’agit d’éviter tout ce qui peut tourner le scrutin en dérision. La neutralité des opérations est gage de leur authenticité.

….

Article complet ici :

https://www.conseil-constitutionnel.fr/referendum-traite-constitution-pour-l-europe/manifestations-d-opinion

En France, le seul fait d’être majeur, de nationalité française et de jouir de ses droits civils et politiques permet de s’inscrire sur les listes électorales et d’exercer son droit de vote. Le vote reste donc l’outil ultime d’expression du citoyen sur le champ politique, qu’il soit local ou national.

Voter blanc ? Nul ? s’abstenir ? quelles différences ? quels impacts ?

Pour tenter de répondre à cette question il faut bien scinder deux aspects.

L’aspect légal et l’aspect « philosophique » du propos.

Sur un plan légal que dit le code électoral ?

Là aussi le conseil constitutionnel apporte un éclairage sur cette notion dans cet article :

https://www.conseil-constitutionnel.fr/referendum-traite-constitution-pour-l-europe/bulletins-blancs-et-nuls

« Pour préciser la notion de bulletins « blancs et nuls », il faut partir d’un constat initial simple : qu’est-ce qui permet d’écarter un suffrage comme non valablement exprimé ?

Il s’agit d’abord d’une série de critères matériels objectifs : non respect de règles édictées par le code électoral ; par exemple, bulletins excédant le format réglementaire, bulletins imprimés sur papier de couleur, bulletins comportant le noms de personnes non candidates, etc. Ces règles doivent garantir une certaine forme d’égalité entre candidats et ces interdictions n’ont de portée réelle que parce que la loi met à la charge des candidats de soin d’imprimer ou de faire imprimer leurs bulletins de vote.

….

C’est bien l’ensemble bulletins en blanc et bulletins n’exprimant pas de choix qu’il est convenu d’appeler le « vote blanc ».

Le code électoral assimile vote blanc et vote nul, regroupés dans l’ensemble des suffrages non exprimés, c’est à-dire la différence entre le nombre des votants et celui des suffrages exprimés. Dans certains cas, on peut hésiter quant à la qualification la plus appropriée (par exemple, bulletins trouvés dans l’urne sans enveloppe et enveloppes de scrutin sans bulletin de vote).

Sur un plan strictement légal les bulletins de vote blanc ou nuls sont donc des bulletins de vote exprimant un certain choix des électeurs. Ils ne représentent par conséquent pas une anomalie ou infraction au code électoral.

Sur un plan intermédiaire entre légalité et philosophie on entend à tout va de la part de nos grands moralisateurs et porteurs de la bonne parole politiquement correcte que voter nul ou blanc c’est donner sa voix aux extrêmes.

Une affirmation totalement fausse et d’une mauvaise foi éhontée à laquelle nous sommes malheureusement habitués.

Car la réalité est toute autre bien évidemment.

Ne pas s’exprimer va bien évidemment donner un avantage à un candidat, en l’occurrence mathématiquement parlant, au candidat qui sera en tête.

En ce sens, cette notion n’indique en rien que la candidat en tête sera un extrême, il s’agit juste du candidat qui aura reçu le plus de soutien de la part des électeurs s’étant exprimés en dehors des votes blancs ou nuls. La dynamique du résultat de l’élection ne saurait être basée sur des suppositions largement teintées d’idéologisme et de dogmatisme sur ce qui aurait pu advenir si tous les votes blancs ou nuls avaient été exprimés sur tel ou tel candidat. Nos grands moralisateurs sont-ils à ce point devins ou clairvoyants pour savoir avec précision ce que ces électeurs qui n’ont pas souhaité prendre position auraient choisi ?

Le débat s’il revient à des fondamentaux raisonnables et raisonnés n’est pourtant pas dénué d’intérêt.

Cette question au gouvernement concernant la prise en compte des votes blancs en est un exemple des plus intéressants :

https://questions.assemblee-nationale.fr/q11/11-15739QE.htm

Question posée : « M. Jacques Desallangre attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur la nécessité de considérer le vote blanc comme un vote exprimé et non plus comme un vote nul ou une abstention déguisée. Les dernières élections régionales ont en effet été marquées par un désintéressement pour la vie politique de notre pays. Beaucoup d’électeurs déçus par les « affaires » politico-financières se réfugient dans une abstention croissante et persistante, sachant que seule l’abstention est comptabilisée alors que le vote blanc est considéré comme un vote nul. Dans certains cas plus inquiétants, ce rejet de la vie politique profite aux partis extrêmes. Aussi, lui demande-t-il si des mesures concrètes afin de reconnaître le vote blanc en tant qu’expression démocratique pourraient être prises rapidement. La reconnaissance du vote blanc permettrait indéniablement à certains électeurs de ne pas se réfugier dans l’abstention ou de ne pas apporter leurs voix à des partis dangereux. »

On voit bien transparaître dans cette question l’inquiétude du vote blanc bénéficiant aux partis extrêmes comme quoi, les idéologies ont la vie dure face aux éléments empiriques et logiques.

Réponse (éléments partiels voir l’article pour la réponse complète) :

« Il convient tout d’abord d’établir nettement la signification qu’on doit accorder aux bulletins blancs. La personne qui prend soin de confectionner elle-même, et à l’avance (puisqu’il n’est pas mis à la disposition de l’électeur dans la salle de vote), son bulletin blanc pour l’insérer ensuite dans l’enveloppe de scrutin manifeste le scrupule d’accomplir exactement son devoir électoral en même temps que le souci de n’avantager aucun des candidats ou aucune des listes en présence. Qu’en serait-il de cette volonté de neutralité si les bulletins blancs étaient comptabilisés parmi les suffrages exprimés ?

…

Les bulletins blancs ne peuvent, par hypothèse, entraîner l’attribution de sièges au profit d’une liste qui n’existe pas. Que ces bulletins soient comptabilisés ou non parmi les suffrages exprimés ne modifie en rien la répartition mathématique des sièges entre les listes en présence. La réforme suggérée n’aurait pas d’autre effet que de compliquer inutilement les opérations de dépouillement, puisqu’il devrait être prévu une totalisation spéciale pour les bulletins « blancs », celle-ci n’existant pas à l’heure actuelle, puisque les bulletins « blancs » sont comptés avec les « nuls ».

Le dernier élément cité revient à un appréciation logique de la situation, un vote blanc ou nul ne peut en aucun cas être attribué par omission à une quelconque liste, il est ce qu’il est, un vote pour une liste qui n’existe pas et dénote de la volonté des électeurs justement de ne pas apporter leur voix à aucune liste en présence tout en s’acquittant de leur devoir et de leur droit électoral.

Mais il est clair, et pour s’en rendre compte il ne faut pas longtemps à observer les plateaux TV, que cette approche logique et pragmatique de ce fait n’intéresse nullement les intervenants et les partis politiques, au contraire, elle va à l’encontre de leur besoin d’obliger les électeurs à voter pour eux cela va de soi, en dehors de toute considération sur le fait que le vote doit être un choix pour exprimer un soutien ou une adhésion à une personne ou un projet.

Autant dire que nous en sommes très loin… à des années lumières même.

Si les aspects légaux et factuels du vote blanc / nul semblent plutôt évidents, qu’en est-il de leur aspect philosophique ?

La question peut se résumer ainsi : Ne pas choisir est-il un choix ?

Choisir de ne pas choisir est-il un choix ?

Une simple recherche sur le sujet montrera très rapidement que le sujet est tout aussi clivant que mal abordé dans une majorité de cas.

La première chose que nous verrons sera ce raccourci rapide, beaucoup trop rapide que beaucoup font sur la base de ces citations que l’on trouve à foison sur le net comme celle-ci :

« Choisir c’est renoncer » André Gide.

Petite parenthèse sur ce genre de citation majoritairement décontextualisée.

Car André Gide ne se résume pas à ce début de phrase.

« Choisir, c’est se priver du reste. »

« Choisir n’est pas tant élire qu’éliminer. »

Plus intéressant ce texte de Denis de Rougement sur l’oeuvre d’André Gide :

« Gide a prôné surtout une qualité dont on a abondamment parlé aux environs de 1925 : c’est la sincérité. Une sincérité qui consiste à rejeter toutes les gênes, toutes les règles et principes généraux, tout ce qui détourne un homme de ce qu’il a d’unique, d’exceptionnel, d’incomparable, tout ce qui l’empêche de céder aux sollicitations de sa nature profonde et de la joie qui baigne les créatures. Or cette sincérité suppose que l’on rejette non seulement les principes rigides, mais aussi tous les partis-pris trop décidés. Car ils risqueraient de fausser ce que chacun porte en soi de plus valable, de plus unique. Et surtout, comme le dit souvent Gide, prendre un parti, c’est renoncer à tous les autres, c’est-à-dire s’appauvrir.« 

https://journals.openedition.org/edl/1830

Vu sous cet angle la notion de non choix apparait comme une forme de choix et de liberté de s’affranchir d’une situation qui nous est imposée.

« Choisir, c’était renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste et la quantité nombreuse de ce reste demeurait préférable à n’importe quelle unité. »

Pourtant l’argumentaire nous obligeant à choisir reste tenace et percutant comme avec cet article paru sur le site de Stéphanie Thévenet, psychologue qui se définie comme psy engagée et humaniste :

« Cependant en ne posant aucun choix, on renonce à l’affirmation de Soi en refusant purement et simplement d’une part, de se questionner sur ce que l’on souhaite vraiment et d’autre part, de l’assumer, de le porter. « Tu préfères de la glace à la vanille ou à la fraise ? Peu importe, comme tu veux… ce qui reste… » On a bien une préférence, non? Poser un choix lorsque nous y sommes invités n’est pas de la revendication, il s’agit simplement d’exercer son droit d’exister et d’être considéré (comme le droit de vote en quelques sortes). L’excès d’obséquiosité qui consiste à laisser choisir l’autre dans de telles circonstances peut trahir la crainte de déplaire en risquant de poser un choix qui pourrait décevoir ou ne pas arranger l’autre. Cette crainte de décevoir ou d’un éventuel conflit renvoie à une tendance à la dépendance affective. « Etre absolument celui que l’autre attend que je sois » renvoie à la période où enfant, dépendant des parents, nous redoutions de perdre leur amour, et nous faisions donc en sorte de toujours leur plaire quitte à prendre sur soi « Tu as vu j’ai fait tout comme tu m’as dit… Tu as vu j’ai été sage… »


https://stephanie-thevenet.fr/actualites/le-non-choix.htm

Mais en partant ce ces même arguments, choisir de ne pas choisir dans le cadre d’un vote peut-il être considéré comme un refus de prendre ses responsabilité ou au contraire une affirmation de sa volonté de ne pas se plier à un choix que l’on ne valide pas ?

« Ne pas choisir c’est encore choisir » JP Sartre.

Il n’est pas dans l’intérêt des intervenants de tout bord d’admettre et surtout de donner ce droit aux électeurs que les gens ont parfaitement le droit de ne pas vouloir les choisir et de considérer que l’offre politique qui leur est proposée / imposée ne correspond en rien à leurs aspirations, leurs valeurs et ce qu’ils souhaitent pour leur pays.

En ce sens nous pouvons considérer que le non choix exprimé par le vote blanc nul est en réalité un choix responsable, fait en toute connaissance de cause par des électeurs qui ont décidé de se rendre aux urnes pour faire entendre leur refus de choisir dans l’offre politique qui leur est donnée et incidemment imposée car il n’y en a pas d’autre.

Il est parfaitement possible d’ouvrir le débat initié par cet article bien au delà du seule fait électoral. Nous vivons dans une société où nous devons forcément prendre parti, nous positionner, nous engager. Refuser de prendre position est immédiatement vu comme une opposition à la cause présentée et nous classe donc de facto parmi les opposants, donc les mauvais cela va de soi. Ce droit pourtant fondamental donné à chaque homme d »avoir ses convictions et ses avis lui est désormais refusé, sacrifié sur l’hôtel de la « bien penser » de la bonne morale de ce qu’il faut non seulement penser, mais surtout dire, revendiquer et exprimer pour ne pas risque un procès en extrémisme, si possible de droite, et un jugement rapide et expéditif par le tribunal populaire de l’opinion et des réseaux sociaux.

Nous le voyons à chaque jour, artistes, sportifs, personnalités n’ont pas le droit de refuser de prendre position pour les causes qui leur sont imposés. Car il ne s’agit pas de pouvoir choisir les causes en fonction de leurs convictions profondes et de leurs valeurs, non, il faut prendre position pour les causes que la société bien pensante a décidé qu’elles doivent être défendues, validées, jamais contredites. Nous pas être pour c’est être forcément contre. Ne pas se sentir engagé ou même concerné est systématiquement classé comme un comportement indigne, condamnable et bien évidemment condamné.

Pourtant, je n’ai pas besoin de prendre position sur des questions de convictions religieuses, origines ethniques ou orientations sexuelles pour m’indigner face à l’agression gratuite d’une personne. J’exerce juste mon droit à refuser que l’on agresse une personne sans avoir à me positionner sur une cause quelconque, aussi juste soit-elle.

Au nom de la morale nous nous imposons des mécanismes de pensées et de comportement auxquels nous n’adhérons pas par conviction mais par principe et par précaution.

Le problème d’une telle dérive est que ce qui ne se dit pas, ne se montre pas, se cache et sa maquille existe toujours et qu’il existe toujours un endroit où cela peut s’exprimer sans risque. L’isoloir des urnes reste l’un de ces endroits.

Peut-être y a-t-il ici une piste, parmi bien d’autres, pour expliquer que malgré toutes ces manifestations de violences contre « la violence de l’extrême droite », malgré tous ces discours de terreur et de haine colportés et répétés en boucle dans les médias, les extrêmes progressent inexorablement jusqu’à la situation que nous connaissons aujourd’hui.

Au lieu d’invectiver, ostraciser, culpabiliser, militer contre un ennemi en appliquant exactement ce qu’on lui reproche, ne serait-il pas plus sage et plus porteur pour l’avenir de se poser les bonnes questions ? Ces questions qui consistent à se demander pourquoi ? Pourquoi les extrêmes sont-ils aujourd’hui le seul choix dont nous disposons ? Et surtout pourquoi sont-ils si forts par la voix des urnes, totalement légalement, sans coup d’état, sans propagande à outrance, juste par la voix des urnes.

Car il est bien là le problème, il n’y a rien d’illégal aujourd’hui à la présence des extrêmes avec un tel niveau de popularité.

N’oublions jamais qu’un certain Hitler est arrivé au pouvoir en toute légalité jusqu’au poste de chancelier.

Avons si peu de mémoire ou d’intelligence pour invoquer à tout va l’histoire et ne pas être capable d’en tirer le moindre enseignement ?

L’avenir seul nous le dira…..