Brèves de comptoir 2.0

Ce texte a été élaboré à partir d’éléments de conversations entendus, lus ou observés via différents vecteurs entre 2019 et 2021. Les éléments ont été agencés sous forme d’un dialogue entre deux personnes totalement anonymes. Bien que basés sur des éléments réels, ils ne représentent ou ne ciblent absolument personne et tentent d’évoquer avec une pointe d’humour comme leur illustre prédecesseur « brèves de comptoir » un échange type de notre société.

Un soir, quelque part dans un lieux de convivialité….

Mais, dites-moi, où les trouvez vous tous ces articles auxquels vous faites référence ?

Rien de plus simple, il y a tout sur Facebook !!!! vous ne savez pas ça ?

Disons qu’il y a aussi beaucoup de fake news sur Facebook.

N’importe quoi, ils ont leur réputation à tenir. Et de toutes manières ils filtrent les contenus, ils ont de sacrées équipes chez les américains pour ça.

Oui, mais les modérateurs Facebook sont plus à l’affût d’une poitrine dénudée que des fake news, même s’il s’agit d’un Delacroix soit dit en passant.

Delacroix ? C’est qui ? Un influenceur ?

Non, pas vraiment, c’était un peintre.

Et alors, ça à quoi avoir avec Facebook ? Ils s’en foutent de Delacroix.

Peut-être, mais pas de « La liberté guidant le peuple ». A égalité avec Gustave Courbet.

Ben tiens, parlons-en de liberté, on n’en a plus aucune.

Vaste débat, mais pour ne pas trop nous disperser, vous savez qu’il existe de nombreux sites de vulgarisation scientifique très bien faits et avec des sources vérifiées.

Mais vous me prenez pour qui pour aller sur ce genre de site ?

Pardonnez-moi, mais je ne vois pas en quoi cela serait gênant pour votre réputation ?

Je n’ai peut-être pas fait de grandes études comme vous Monsieur, mais je ne vais pas sur des sites vulgaires moi.

Non, pas vulgaires, mais de vulgarisation scientifique.

Et c’est quoi la différence ?

Elle est plutôt…. Importante…

Et de toutes manières c’est toujours la même chose avec vous les intellos, vous prenez tout le monde pour des cons, mais nous savons ce que vous faites nous.

Et en l’occurrence pourriez-vous préciser ? Un débat est bien plus intéressant et constructif s’il se base sur des faits vérifiés vous ne trouvez pas ?

Il n’y a pas de débat à avoir, vous les élites qui vous prenez pour des grands savants vous nous menez en bateau et essayez de faire taire les gens qui pensent au peuple.

Lénine est mort vous savez ?

C’est comme tous ceux qui veulent faire taire le professeur Raoult, c’est les mêmes sociétés derrière, les grandes entreprises du médicaments dirigées par les Franc-Maçons.

Ça fait beaucoup de monde pour un seul professeur vous ne trouvez pas ?

Il est seul contre tous, c’est le Robin des bois de la médecine.

Enfin, administrer un traitement avec des études aussi peu fiables c’est un peu jouer avec la vie des gens vous ne trouvez pas ? Et puis Robin des bois était quand même un voleur à la base. Ce n’est pas la plus sympathique des comparaisons.

C’est ce qu’on veut nous faire croire que ses études sont fausses. Moi je sais qu’elles sont bonnes.

Ah… Vous les avez-lues ? Vous avez donc des compétences de médecine et de virologie. Vous cachez bien votre jeu.

Pas besoin, j’ai vu une vidéo d’un autre professeur, un mec en blouse blanche avec des centaines de livres derrière lui qui disait que tout était vrai et que c’est parce qu’il dérange que tout le monde l’attaque.

Ah, si maintenant les employés de nettoyage des bibliothèques municipales s’y mettent.

C’est ça, rigolez, mais le professeur RAOULT il est comme Mozart, il l’a dit à son audition au sénat.

Mozart ? Il faisait de la médecine ou le professeur joue du violon ?

N’importe quoi, mais son talent n’a été reconnu qu’à sa mort. Ce sera pareil avec le professeur.

Heureusement qu’il n’est plus là pour vous entendre vue le nombre de fois où ses œuvres ont été jouées de son vivant. Dieu seul sait ce qu’il aurait pu faire s’il avait eu youtube….

Rigolez, mais le professeur lui il sait communiquer en tout cas.

Oui, c’est un fait indéniable, bien que l’on se demande s’il ne serait pas plus logique d’attendre de la part d’un grand virologue qu’en période de pandémie il se concentre sur ses recherches plus que sur son nombre de followers sur Youtube.

De toutes manières on ne peut pas discuter avec des gens comme vous. Vous ne voulez pas croire et tout ce que l’on peut vous apporter comme preuves vous ne voulez pas le voir.

Des preuves ? Mais justement, je ne demande que cela. Je me suis peut-être mal exprimé tout à l’heure lorsque je vous parlais de débats avec des éléments sourcées et vérifiés, mais c’est bien de cela qu’il s’agit, pouvoir échanger et débattre sur des éléments factuels.

Dans ce cas là allez parler avec vos copains qui sont allés à la fac puisqu’il vous faut des éléments de fac.

Mais je ne suis pas allé à la Fac, je ne vois pas le rapport.

Mais bien sûr, prenez-moi pour un con aussi. Vous prenez tout le monde de haut et vous me dites que vous n’êtes pas allé à la Fac. C’est bien ce que je disais, c’est un complot pour nous faire taire.

Mais vous savez qu’il n’est pas besoin d’aller à la Fac pour avoir un esprit critique.

Eh doucement, j’ai été correct avec vous.

Pardon ?

Oui, je ne suis pas d’accord avec vous mais je ne vous ai pas critiqué moi.

Peut-être que les notions de discernement et de pragmatisme vous seraient plus acceptables ?

Et voilà, il recommence à vouloir m’enfumer avec ses termes techniques de savant l’autre je sais tout.

Vous savez, un Larousse coute en moyenne 30 euros, c’est un investissement, mais on peut très vite le rentabiliser, si l’on considère que la culture a une quelconque valeur. Mais je ne voudrais pas vous offenser outre mesure. En tout cas vous me semblez bien renseigné sur ces grands groupes pharmaceutiques et les sociétés secrètes et occultes.

Occultes ? Je n’ai pas parlé de sorcières. Vous confondez-tous.

Pourtant vous avez mentionné les Francs-Maçons ?

Tout le monde le sait, il n’y a que ceux qui ne veulent pas le voir ou qui en font partie pour dire le contraire. Ce sont ce gens là qui contrôlent tout dans le monde.

Justement, ça me parait excessif que des sociétés aussi puissantes au niveau mondial puissent en vouloir à ce point à un professeur de Marseille. Vous ne trouvez pas ça étrange vous ?

C’est le coup classique avec les gens qui participent à ce genre de complot. Ils essaient de nous faire croire que c’est nous qui avons tort, juste avec de belles paroles, mais il n’y a jamais rien derrière et si on les contredits ils commencent à nous menacer ou nous insulter.

Je vois, mais dans ce cas, si le professeur Raoult est victime d’un complot, il ne devrait pas avoir non plus trop de difficultés à démontrer le bien fondé de ses recherches. Pourtant à chaque fois qu’on lui pose la question il botte en touche et se retranche dans l’invective ou la théorie complotiste.

Il n’a pas besoin de se justifier lui, c’est évident, ça toujours été comme ça, les puissants contre les faibles, les riches contre les pauvres. Moi je vous le dis, on parlera de lui pendant des années, comme Einstein qui a été pris pour un moins que rien.

Einstein, un moins que rien ? Il y a une nouvelle version de sa biographie ?

C’est ça, faites semblant de ne pas savoir, mais on sait bien qu’il a été refusé par de grandes universités parce que ses idées dérangeaient. Et pourtant maintenant tout le monde sait que c’était un génie.

C’est un peu romancé non ? Ne serait-il pas plus juste de préciser qu’il était dyslexique et très certainement avec un syndrome d’asperger, ce qui lui a valu des difficultés scolaires puisque ces problèmes n’étaient pas diagnostiqués chez les enfants à l’époque. Mais il a quand même connu une immense carrière de scientifique de son vivant et a été publié à de nombreuses reprises jusqu’à obtenir un prix Nobel de physique. Niveau notoriété c’est plutôt réussi non ?

C’est une biographie pour complotiste ça ?

Non, l’officielle aux dernières nouvelles.

Ah oui, et on la trouve où votre biographie officielle ?

Outre dans les livres, mais je ne vais pas revenir sur ce sujet sensible, sur internet assez facilement.

J’en étais sûr, internet, et vous qui parlez de sources fiables.

Otez-moi d’un doute, Facebook ce n’est pas sur internet ?

Mais c’est pas pareil, vous voyez, vous ne voulez pas comprendre, j’en étais sûr, je les sens venir à des kilomètres à la ronde les mecs comme vous.

Les mecs comme moi, vous pourriez préciser ? C’est assez agressif comme formulation ?

Ne faites celui qui ne comprend pas, vous vous croyez malin mais à force on les repère facilement les Francs-Maçons.

Ah oui, bien sûr, j’avais oublié que vous aviez un sens aigue de l’observation et des connaissances particulièrement pointues dans le domaine des complots et de la désinformation. Je ne fais pas le poids face à quelque comme vous.

Et oui, ça vous fait bien ch… de l’admettre, c’est vous qui avez des préjugés en fait, je ne suis pas aussi con que j’en ai l’air.

Effectivement, et Einstein serait entièrement d’accord, lui qui savait mieux que quiconque que la vitesse de la lumière est environ 200 000 fois celle du son.

Qu’est ce que vous racontez encore ?

Rien, juste des considérations à voix haute.

En fait ce n’est pas très difficile de vous déstabiliser vous les soi-disant savants. Nous avons nos convictions, nos croyances, c’est plus fort que tout.

Effectivement, l’obscurantisme versus le siècle des lumières, c’est imparable.

Ah ben tiens !!! Une publication Facebook qui prouve bien ce que je dis. Un ami qui partage un document du ministère de l’intérieur qui montre le nombre de morts en France par mois depuis 2019. Et qu’est-ce qu’on voit ?  Entre 2019 et 2020 il n’y a presque pas de différence. Alors ? il est où votre virus tueur ? Hein ? Ça montre bien qu’on veut nous faire peur pour nous empêcher de vivre et nous contrôler. Et puis là c’est imparable, ça vient du ministère de l’intérieur.

Oh vous savez, de nos jours, avec un scanner, une imprimante et un logiciel gratuit de retouche photo on fait des miracles en matière de documents officiels. Mais admettons que celui-ci soit authentique. Comment les chiffres sont-ils expliqués ? Contextualisés ?

Quoi.. des chiffres c’est des chiffres, vous refusez l’évidence et c’est moi le complotiste.

Je ne remets pas en cause les chiffres, mais pris comme cela, sans explication, sans détails vous avouerez que c’est difficile de les interpréter ? Les morts de Janvier 2019 étaient dues à quoi ? Maladie ? Mort naturelle ? Accidents de la route ? Suicide ? Grippe ?

Mais oui, cherchez la petite bête pour ne pas admettre que vous avez tort…

Je ne cherche pas à avoir tort ou raison, mais j’aimerais pouvoir comprendre et discuter de ces chiffres que vous avancez. D’autant plus qu’il se pose toujours la question de savoir ce qu’il en aurait été sans confinement. Si je vous dis qu’en août il y a eu 50 morts et qu’ensuite je vous précise que ces 50 personnes ont été assassinées par un tueur en série, vous admettrez que ce chiffre ne revêt pas la même signification, pourtant il n’a pas changé.

Tu vois Bernard, on ne peut pas discuter avec ces gens là, tu leur donne des chiffres et ça ne leur suffit pas. Manipulation je vous dis, manipulation. C’est comme la vidéo qui a été filmée hier par un mec vers un hôpital de Paris et qui montre qu’il n’y avait personne devant, pas de file d’attente, pas de saturation en fait. Et là vous allez me dire que ce n’est pas vrai ?

Oui, je reconnais, quand on commencera à intuber les malades sur le trottoir il faudra peut-être commencer à s’inquiéter. Et votre reporter sensationnel, il est entré dans le service de réanimation pour voir combien de personnes il y avait ?

Et pourquoi faire ? Quand un métro est plein les gens ne peuvent plus monter dedans et il y en a partout dehors, si les hôpitaux étaient vraiment saturés ce serait pareil moi je vous dis. Mais là aussi, vous ne voyez que ce vous voulez-voir.

Ah là, je suis d’accord avec vous, peut-être la première affirmation sensée de la soirée.

Le barman intervient.

Au fait, tu n’oublieras pas de renseigner ton nom, prénom et numéro de téléphone sur la liste à l’entrée.

Ouais, pas de problème. C’est comme leur application de surveillance, leur StopCovid, vous ne croyez pas qu’on les pas vu venir avec leur truc pour nous pister ?

C’est sûr qu’il est de notoriété publique que Facebook et Google ne gardent aucune donnée personnelle et ne pistent pas leurs utilisateurs.

Ca n’a rien à voir, sur Facebook je choisis ce que je mets.

C’est sûr, car personne ne serait assez fou pour imaginer qu’une application puisse publier autant d’âneries de manière automatique.

C’est ça, rigolez tant que vous voudrez, mais quand vos données personnelles auront été volées avec votre StopCovid vous ne direz pas qu’on ne vous avait pas prévenu.

J’avoue que le contrôle des données personnelles est total avec des listes papier à la vue de tous à l’entrée des bars et restaurants. En arrivant j’aurais pu récupérer les nom et numéros de téléphone de chaque client si je l’avais voulu.

De toutes manières leur application elle ne respecte pas le RPDG…

Ah oui, le RGPD, laissons les PDG tranquilles, ils ont déjà bien assez de soucis comme ça. Mais justement, l’application ne connait rien de vous, si ce n’est une localisation, le RGPD protège vos données nominatives, celles qui permettent de vous reconnaitre et de vous retrouver.Effectivement, j’avoue que c’est imparable, une liste avec un nom, prénom, date, lieu et numéro de téléphone ça n’a rien à voir en matière de pistage des gens.

Ben oui, c’est un bout de papier… rien de plus…

Oui, comme il y en avait des millions dans les tiroirs du KGB, d’ailleurs il me semble qu’on appelait cela du fichage… Mais tant que ce n’était pas sur Facebook, tout va bien.

Réflexion sur l’écologie

16/12/2020

Ce matin, nouvelle expérience entre deux émissions TV.

Je suis un débat sur France Info portant une fois de plus sur l’écologie.

Sans démagogie, le niveau est atterrant…

Les intervenants ne cessent de répéter en boucle les mêmes choses, on revisite les mêmes lieux communs, on ressort les mêmes arguments chocs, coup de poing qui font peur mais qui en même temps ferment la porte à tout vrai débat.

Ce n’est pas un débat, pas de questions qui amèneraient une autre approche, une autre réflexion, pas de réponses forcément, juste le même discours que l’on nous sert inlassablement depuis des années.

Suis-je climato-sceptique ? Anti-écolo donc contre ma planète et l’avenir de mes enfants pour reprendre l’argument favori des écologistes de plateau ?

Non, pas le moindre du monde.

J’ai juste besoin de voir les choses sous un autre angle parce que je suis désormais intimement convaincu que le problème écologique est réel, imminent, critique, mais que nous l’abordons de la pire des manières qui soit.

Ecologie punitive, politique, dogmatique, aveugle… voilà mon ressenti à l’écoute de ces débats interminables qui n’apportent aucune réponse à rien et ne font juste que meubler des heures d’audimat.

Je change de chaine, et je tombe par un étrange hasard sur ce reportage déjà vu sur Arte : « La face cachée des énergies vertes ».

Comment ne pas mieux tomber pour sceller mes questions, mes inquiétudes mais aussi mon ressentiment vis-à-vis de cette démagogie politique et de communication qui ne mène à rien.

En écrivant ces lignes le reportage diffuse une interview presqu’ubuesque de la porte-parole d’Engie mise en confrontation avec leurs projets de centrales à charbon au Chili alors que le groupe prône la transition vers la décarbonisation… Questions incisives, réponses vides, de communication bien préparée qui botte systématiquement en touche, bref, rien de nouveau sous le soleil, la machine à mentir fonctionne à plein régime. Mais nous le savons bien, derrière tout ceci, tout n’est que marketing, finances, capitalisme…

Suite du reportage… Oslo et son projet de tout électrique…

Quelle fierté pour les Norvégiens d’afficher sa vertu écologique…

Et dans la foulée, c’est un Norvégien qui lui-même dénonce l’hypocrisie.

L’écologie Norvégienne s’arrête aux frontières Norvégiennes.

Il ne vaut mieux pas savoir dans ce cas où et comment sont produites les batteries de leurs belles voitures électriques, il vaut mieux cacher que la Norvège est le 7ème exportateur mondial de pétrole et de gaz qui finance leur belle politique écologique alors que les autorisations d’exploitation sur leur territoire arctique de nouveaux gisements se multiplient ?

Je relève un mot choc : La Norvège mène une politique schizophrène… mais est-elle la seule ?

Mais revenons en France…

Notre cher président assène que dans 10 ans toutes les voitures thermiques seront interdites, qu’il faut passer à l’électrique…

Quelle belle perspective lorsque l’on sait qu’un nombre croissant de Français ne peut même pas payer ses factures d’énergies vitales (eau chaude, chauffage) ….

Quelle belle perspective pour les industriels qui vont pouvoir vendre leurs magnifiques voitures écologiques faite de cuivre issue de mines au Vénézuéla qui n’ont rien d’écologique, de batteries remplies de métaux rares et de graphites extraits dans des mines en Chine dignes des industries de la fin du 18ème siècle et surtout 30 à 40 % plus chères que les véhicules actuels.

Notre pays plonge dans la pauvreté, des classes entières de travailleurs basculent en situation précaire à chaque année et pendant ce temps nos dirigeants font des plans sur la comète à grands coups de mesures restrictives et contraignantes hors de prix….

Primes de 5000 euros pour acheter un véhicule qui en coute en moyenne 15000 d’occasion pour un petit modèle et 40000 pour un modèle neuf tout électrique.

Je pense que ces petits ménages surendettés qui comptent le moindre centime pour faire manger leurs enfants vont apprécier l’aide substantielle de l’état dans leur chute en enfer.

Peut-être est-ce cela le plan de nos gouvernements au final ? Les pauvres ne se déplacent plus, ils meurent dans leur coin sans émettre de gaz à effets de serre, pari gagné, les générations d’avenir sont sauvées, du réchauffement climatique certes, mais survivront-elles à la pauvreté ? Et je ne parle pas de ces pays où des populations entières sont sacrifiées pour produire notre conscience écologique.

Nouveau constat choc du reportage : En retraçant toute la chaine de conception et d’utilisation des véhicules électriques, ces véhicules polluent autant voire plus que les véhicules thermiques.

Ça fait peur non ?

Mais alors que faire ? Sommes-nous impuissants ?

Je ne le pense pas, sauf que l’effort à faire pour réaliser une vraie transition écologique est peut-être bien au-delà de nos capacités à l’accepter.

Le problème vient de notre mode de vie, celui du 20ème et du 21ème siècle, des dizaines de PC, portables, tablettes, smartphones dans chaque foyer des pays dits « développés » connectés à des box toujours plus rapide qui s’appuient sur des infrastructures toujours plus conséquentes, toujours plus gourmandes en énergie, toujours plus anti-écologiques. Ce simple aspect de notre vie quotidienne dont je suis sûr que moins d’une personne sur 10 accepterait de se séparer est en soi un problème écologique.

Comment imposer à une famille avec enfants de se déplacer à vélo lorsque les prix de l’immobilier l’obligent à se loger à des dizaines de kilomètres voire plus de leur lieu de travail et parfois des écoles ?

Nous avons créé un système de fonctionnement de notre société qui a fait voler en éclat le modèle du siècle dernier où tout pouvait se faire dans un rayon de quelques kilomètres de notre domicile, vivre, manger, travailler, étudier, se divertir.. Nous avons échangé ce système pour un système basé sur les déplacements, déplacements pour aller à l’école avec la fermeture des écoles de proximité pas assez rentables, déplacements pour se soigner avec la fermeture d’hôpitaux et services là aussi pas assez rentables, déplacements pour consommer et se nourrir avec la création des zones commerciales géantes et la disparition progressive des commerces de proximité, déplacements pour travailler avec le regroupement de toutes les entreprises dans des zones parfois situées à des dizaines de kilomètres ou bien plus encore, déplacements pour se divertir, parcs de loisirs, voyages, fermetures des cinémas locaux pour des multiplexes excentrés… en clair, nous avons mis le déplacement au cœur de notre mode de vie et maintenant nous crions au loup parce que ces déplacements polluent ?

Alors, au lieu de changer ce qui provoque ces mouvements pendulaires massifs et polluants, nous contraignons, nous imposons, nous punissons ces vilains pollueurs qui se déplacent pour vivre sans se poser la question de savoir si nous leur avons laissé le choix de le faire.

Que changent les pistes cyclables qui fleurissent dans les villes de banlieue lorsque l’on sait que les ¾ des habitants de ces villes doivent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour aller travailler après avoir déposé leurs enfants et leur sac d’école de 15 kg à leur école ? Rien, si ce n’est créer plus de bouchons, plus d’accident, plus de pollution, plus de stress, plus de délais pour arriver à l’heure au travail.

Pour que ce genre de dispositif soit réellement efficace il faudrait que tous ces trajets que l’on doit faire au quotidien puissent être décemment réalisés en vélo.

Et que dire de ces vélos électriques qui font le bonheur de ces nouveaux écolos des villes tout content de se montrer dans leur grandeur verte avec leur belle batterie électrique, vous vous souvenez, celle qui contient tous ces métaux rares venus du bout du monde… mais ça, j’oubliais, on s’en fout, ce n’est pas chez nous.

Sommes-nous donc naïfs au point de croire que la pollution d’Amérique du Sud, d’Asie, où sont produit nos beaux produits verts dans des conditions noires, où sont envoyés des milliers de tonnes de nos ordures que nous pensons pourtant recyclées et qui n’existent plus parce que nous ne les voyons plus, ne constitue pas un élément clé de la pollution de notre échelle planétaire ?

On appelle cela le syndrome du nuage de Tchernobyl qui s’est gentiment arrêté à la frontière Française.

J’aime beaucoup le discours de ces écolos de bonne conscience qui font la morale à tout le monde, méprisant ceux qui roulent en voiture et pas en vélo, qui vont au supermarché au lieu d’aller au marché bio, avant de partir aux sports d’hiver pour Noël et s’envoler à l’autre bout du monde en avion pour « décompresser » en été ou plus souvent.

La première démarche écologique serait peut-être tout simplement d’arrêter cette hypocrisie qui devient insupportable. Nous avons depuis longtemps ouvert les yeux sur la catastrophe qui s’annonce, mais nous refusons de les ouvrir sur les vraies causes de cette catastrophe.

Nos chers amis parisiens veulent bien interdire les voitures polluantes dans leur belle ville et qui les empêchent de respirer, mais surtout pas poids-lourds, camionnettes de livraison et autre diesels géants archaïques qui livrent et approvisionnent tous les jours leurs précieux bars et restaurants où ils pourront se rendre en vélo ou à pied avec les quelques 1 ou 2 kilomètres à faire tandis que le vilain pollueur de banlieue fera ses 30 ou 40 kilomètres pour rentrer chez lui.

Constat amer, nous ne faisons pas d’écologie, nous mettons un masque vert sur le capitalisme, c’est encore pire….

Quand James Bond fait réfléchir…

Quand James Bond fait réfléchir….

Ce qu’il y a de merveilleux dans le monde de la réflexion c’est son infinie complexité qui n’a d’égal que l’infinité des possibilités qui ouvrent ou font évoluer une réflexion.

Ce matin c’est mon édito quotidien de Philosophie Magazine que je reçois tous les jours dans ma boite mail qui a été l’élément déclencheur qui finalement a conduit à ce texte.

Au début, un constat d’observation, la base pour toutes celles et ceux qui cherchent à mieux comprendre le monde qui les entoure, ce monde dans lequel nous vivons, bon gré mal gré…

Une observation d’un quartier de Paris que je connais bien pour plusieurs raisons : Pigalle.

Haut lieux du sexe à la française, enfin, pour les guides touristiques uniquement, car dans la réalité…

Cet endroit qui concentre de mon point de vue avec Barbes et la Gare du Nord le plus grand nombre d’exemples de la déchéance d’une société qui s’enfonce dans les sables mouvants de sa propre incapacité à se comprendre et à vouloir réagir.

Je l’ai parcouru souvent car paradoxalement, au cœur de ce temple du sexe pour les pigeons il y a une grande concentration de magasins de musique.

Alors, pour aller voir une nouvelle basse, du matériel de studio, acheter une partition, rencontrer d’autres musiciens, nous passons entre les sex-shops et les bars à entraineuses, parfois devant l’une des rares prostituées qui arpentent presque éternellement ces trottoirs étroits, sales, glauques, comme les témoins d’un autre temps qui ne parviennent pas à tourner une page dont l’épilogue a déjà été écrit il y a longtemps.

Et pourtant, comme le dit si bien l’éditorialiste « les bars à hôtesses auraient dû disparaître depuis longtemps. Paradoxalement, leur succès inépuisable et leur résistance à toute épreuve marque peut-être le dernier sursaut du “patriarcat”. Car pour se donner de grands airs et sauver la face, il doit payer – et pas qu’un peu ! »

Oui, la réflexion est on ne peut plus pertinente et d’une grande justesse au sein d’une société qui cherche ses marques entre son passé, son présent et son avenir, entre ses minorités et ses majorités, entre ce que l’on peut considérer comme un héritage culturel à conserver et d’anciennes pratiques d’un autre siècle à abolir…

Etrangement il n’y a pas si longtemps je lisais dans Psychologie Magazine une interview de l’essayiste Mona Chollet en rapport avec son livre « Sorcière : la puissance invaincue des femmes ».

Le point commun ? La notion de patriarcat, un sujet sensible, brûlant même pour notre société.

« Car pour se donner de grands airs et sauver la face, il doit payer – et pas qu’un peu ! »

De fil en aiguille, d’une référence à une autre, nous passons de Platon et de son mythe de la caverne, illustration typique de l’illusion bien amené dans l’idée que notre société aurait besoin d’illusion plus que de vérité, que beaucoup préfèrent retourner dans la confort du mensonge, et là c’est le choix proposé à Néo dans Matrix entre la pilule bleue et la pilule rouge, le choix entre ne pas voir ou entrer dans le monde de la réalité, au risque de le regretter amèrement.

« Il n’y a qu’un seul monde et il est faux, cruel, contradictoire, séduisant et dépourvu de sens. Un monde ainsi constitué est le monde réel. Nous avons besoin de mensonges pour conquérir cette réalité, cette « vérité ». » Friedrich Nietzsche.

Alors, la fin de l’éditorial ne pouvait pas passer à côté de l’événement cinématographique du jour, la sortie du dernier « James Bond ».

Car, si l’on souhaite parler d’une figure typique de l’homme, dans ce qu’il a de plus viril, dans tous les domaines, l’élégance, la force, un caractère indestructible, le tombeur auquel aucune femme ne résiste, James Bond est le candidat parfait.

Et me voici plongé dans un article référencé en fin d’édito dans un article qui nous donne 3 raisons philosophiques d’aller voir James Bond.

L’agent 007 et la philosophie, une rencontre improbable ? Pas tant que cela pour qui aime aller au-delà des apparences, au fond des choses. Car à de très nombreuses reprises je me suis rendu compte que même dans des films, livres, musiques apparemment sans grande « profondeur » en ce sens que l’on considère qu’il existe des films d’auteurs et des blockbusters à grand spectacle, nous pouvons toujours trouver des pistes de réflexions, plus ou moins nombreuses certes, mais pourtant réelles.

Autre coïncidence, ces derniers temps je me suis pris de plaisir à revisionner plusieurs James Bond de ma vidéothèque.

En particulier la série avec Daniel Craig depuis « Casino Royal » jusqu’à « Spectre ».

J’ai toujours aimé comparer les différents « James » au travers des acteurs qui leur ont donné vie.

Et cette comparaison rejoint une problématique fondamentale de la philosophie posée dans l’article, l’opposition entre l’essentialisme et l’existentialisme.

« Penser pouvoir ainsi changer radicalement les qualités du personnage sans perdre complètement son identité, c’est aussi prendre un parti risqué dans un conflit qui divise la philosophie entre essentialistes et existentialistes. »

James Bond en ce sens ressemble fort à un autre personnage mythique né de la littérature mais qui a transcendé rapidement cet état pour en devenir une légende et une référence dans son monde : « Sherlock Holmes ».

Là où James Bond incarne un être supérieur, en force, physique et psychologique, capable d’affronter toutes les situations et de sauver le monde à chaque épisode, Sherlock Holmes lui incarne un être intellectuellement supérieur, capable de mettre en échec les pires criminels par la seule force de son esprit. Dans ce même domaine nous pourrions citer « Hercule Poirot » d’Agatha Christie.

Autant de personnages nés de l’imagination d’auteurs et qui ont fini par transcender leur condition pour devenir une référence pour des enquêteurs, des agents secrets de terrain et exister au travers de celles et ceux qui les incarnent dans la vie réelle. Une approche purement essentialiste, nous sommes avant d’exister et nos actions ne concourent qu’à concrétiser notre existence, avec plus ou moins de succès. Tous les agents secrets de terrain ne sont pas James Bond, et tous les enquêteurs ne sont pas Sherlock Holmes ou Hercule Poirot.

Mais d’un autre côté, le matricule 007 peut aussi être considéré du point de vue existentialiste.

Dans le nouveau James Bond, 007 est incarné par une femme.

D’où cette réflexion de l’auteur de l’article :

« Mais que deviendra-t-il, ce héros gorgé de viriline sans certains de ses attributs anachroniques : l’élégance, le flegme, le machisme ? Parmi ces qualités, lesquelles sont essentielles et lesquelles sont accidentelles ? »

Dans une vision existentialiste n’importe qui pourrait, par ses actes devenir James Bond, Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, entrer dans ces personnages de légende, devenir des incarnations personnelles, subjectives de ces légendes.

Un James Bond femme ou homme resterait donc un James Bond, avec ses propres caractéristiques, son propre personnage.

C’est déjà ce qui se dessine lorsque je compare les interprétations de Daniel Craig, Pierce Brosman, Roger Moore ou Sean Connery.

Et là l’auteur de l’article nous emmène sur le terrain de mon philosophe préféré : Friedich Nietzsche.

« La fonction de l’homme est de vivre, non d’exister. Je ne gâcherai pas mes jours à tenter de prolonger ma vie, je veux brûler tout mon temps » Phrase attribuée à Jack London.

Pour Nietzsche la vie est un dépassement permanent de toutes les limites, que l’on se réfère au concept du surhomme dans Zarathoustra :

« Tu dois devenir l’homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même. »

Ou dans sa manière d’aborder le sens de la vie :

« d’une santé que non seulement on possède mais qu’il faut aussi conquérir sans cesse, puisque sans cesse il faut la sacrifier ! »

Alors, notre vie ne serait-elle qu’une grande mise en scène ? L’interprétation d’un scénario qui a été écrit pour nous bien avant notre naissance comme cela est intégré dans les croyances des peuples nordiques et au sein duquel, comme n’importe quel acteur, nous pouvons avec plus ou moins de talent interpréter, adapter notre personnage au fil de ce scénario qui se dévoile à nous à chaque instant.

Nous n’avons pas le temps de nous préparer, tout n’est qu’improvisation.

Chaque instant se découvre, et si nous pouvons en deviner la majorité, rien ne nous dit que c’est ainsi que les choses se réaliseront.

« Deviens ce que tu es » pour continuer avec Nietzsche.

Peut-être que cela résume tout le sens de notre vie, de nos vies.

Que nous décidions de choisir la pilule bleue ou la rouge de Matrix, nous cherchons à vivre, à devenir, à exister. Nous appelons cela notre quête du bonheur, réussir notre vie, accomplir notre destin… autant de formules qui ne sont que de simples points de vue, nos points de vue, nos vérités, celles auxquelles nous avons besoin de nous accrocher pour pouvoir exister.

Que nous soyons la réalisation d’une essence ou que nous existions au travers de ce que nous construisons au jour le jour, nous avons ce besoin d’exister, car sans existence que nous reste-t-il si ce n’est la mort et le néant ?

La psychologie et la philosophie parlent dans le fond de la même chose, chacune avec son langage, sa compréhension.

Pour beaucoup de psychologue Nietzsche était fou, pour de nombreux philosophes Freud était obsédé par l’omniprésence du sexe et de la libido au point d’en oublier que l’être humain ne se résume pas à sa seule fonction reproductive.

Et moi dans tout cela ? Moi qui depuis une heure écris au fil de mes pensées, va chercher des références, utilise des idées, suit des chemins via les portes ouvertes par d’autres avant de rencontrer mes propres portes. Que suis-je dans tout cela ?

Quelqu’un qui pense trop et qui se perd dans tant de conjectures et interrogations qu’il n’en trouve jamais le fond au risque de finir par une aporie, une impasse.

« Je pense donc je suis ». Je pourrais tout simplement me contenter de cette conclusion et prudemment éviter de plonger dans le cheminement du doute méthodique cartésien qui m’emmènerait encore plus loin mais probablement pas à sa validation.

Au travers de mes lectures, de ces réflexions qui j’aime poser sur le papier ou dans mes fichiers je ne suis qu’un esprit perdu dans une quête qui me dépasse. Pas assez intelligent pour pouvoir la maitriser, mais trop pour pouvoir fermer les yeux dessus et me voici plongé dans les limbes de mon esprit, de mon histoire, à la recherche d’une route que je ne trouverai peut-être jamais comme un certain David Vincent, en espérant qu’à la différence de lui je ne tomberai pas sur l’arrivée des extraterrestres sur terre.

Perdu dans mes propres contradictions, au cœur d’une société où je ne me reconnais pas, où je ne me retrouve pas, dont je n’ai pas les codes ni les bonnes pratiques.

Lorsque l’on erre dans le noir il faut parfois s’inventer sa propre lumière, son propre chez-soi à défaut de trouver celui qui nous convient.

C’est peut-être cela construire sa vie ?

Lorsque je regarde James Bond je vois tout aussi bien de magnifiques scènes d’action dont j’imagine la complexité et le talent qu’il faut pour les réaliser, qu’un personnage dont les stéréotypes me font sourire même si j’aimerais pouvoir avoir un tel pouvoir de séduction, qu’un personnage bien plus profond qu’il n’y parait, confronté à une face du monde qui, comme le dit si bien M dans « Skyfall » n’est pas celui que nous voyons. Oui, il y a un monde que nous ne voyons pas mais que d’autres voient, et nous en revenons à la pilule bleue et la pilule rouge.

Voilà, j’ai écrit, et je cherche encore, encore et toujours, et ce n’est certainement pas prêt de prendre fin…

Sources :

https://www.philomag.com/articles/trois-bonnes-raisons-philosophiques-daller-voir-james-bond?utm_source=Philosophie+magazine&utm_campaign=86c4add7fa-newsletters_COPY_02&utm_medium=email&utm_term=0_dee8ebacdf-86c4add7fa-218550319

Des mots, et des urnes vides…

Des mots et des urnes vides….

Elections législatives France 2024.

Voilà, nous venons de traverser d’une manière assez transparente un nouvel épisode électoral.

Tout au long de ces semaines, tout particulièrement celle de l’entre-deux tours, les candidats, chroniqueurs, spécialistes se sont succédés sur les plateaux TV.

Une belle palette éclectique de sensibilités et de bords politiques qui aurait pu laisser augurer des débats intéressants, mais à l’image du bilan de ces élections, sur le terrain des idées, c’est de toute évidence l’abstention et le vide qui ont prédominés tout autant que dans les urnes.

Effet de conséquence ? Incidence ou coïncidence ?

Difficile d’y voir un effet isolé, et comme je l’entends beaucoup depuis ce matin, une conséquence directe de la crise COVID que nous venons de traverser.

Si beaucoup d’intervenants reconnaissent sans problème que la grande gagnante de ces élections, comme de bien d’autres avant elles est bien évidemment l’abstention, je n’ai pas l’impression que leurs discours traduisent une vraie prise en compte et compréhension de leurs propres affirmations.

J’ai encore la naïveté de croire que lorsque l’on se présente aux français pour leur demander d’être mis démocratiquement à un poste à responsabilité, on le fait en leur apportant des propositions concrètes pour appuyer, argumenter et légitimer cette demande.

Tous les candidats vous diront que c’est très exactement ce qu’ils font.

Alors, peut-être ai-je quelques soucis de compréhension en ce qui concerne la rhétorique politique, plus connue aussi sous le nom de « langue de bois » , mais lorsque au bout de 10 mn d’une interview d’un candidat tout ce que j’ai pu entendre en boucle c’est « je suis là pour faire barrage au RN », « ce ne sont pas mes idées et je les combattrai », « je veux rassembler les français contre la menace des extrémismes » j’avoue rester totalement sur ma faim ou fin, c’est selon le niveau d’interprétation.

Lorsque l’on écoute un candidat s’exprimer avant une élection, c’est avant tout pour se faire une idée de ce qui pourrait nous donner envie de voter pour lui.

Personnellement, cette idée je me la fait bien plus facilement lorsque j’ai une vision claire et précise de ce que ce candidat compte faire au poste qu’il brigue et qui pourrait m’intéresser que lorsque l’on me répète en boucle comme un message subliminal que je dois voter pour lui pour qu’un autre candidat ne soit pas élu.

Le vote reste quand même une liberté chèrement acquise et surtout une liberté individuelle totale et j’avoue avoir de plus en plus de mal avec ce discours qui a envahi tous les débats et qui ne consiste qu’à stigmatiser les français quant aux choix de vote qu’ils font ou pourraient faire.

Quand le débat d’idée a-t-il cessé d’exister ? Certainement depuis longtemps.

De nos jours on combat l’idéologie par une autre idéologie, on s’érige en rempart contre les extrêmes et le totalitarisme en usant et abusant d’une autre forme d’extrémisme totalitaire qui semble être autorisé car « politiquement » correct, mais quid des idées pour en contrer une autre ? quid des passes d’armes intellectuelles qui permettent aux spectateurs de se faire une idée sur celui qui sait le mieux défendre ses idées et en proposer des plus attrayantes ?

Il est assez dôle de voir tous ces grands et beaux parleurs dans leurs beaux costumes admettre avec une certaine gravité que l’abstention record est un véritable problème, tout en se félicitant pour certains de leur éclatante victoire et de la confiance que le peuple leur a accordée…

En parlant de confiance, faisons une petite parenthèse mathématique…

Prenons un échantillon de 250 000 personnes.

Maintenant calculons le nombre de votants avec une abstention de 66 % :

250 000 – (250 000 * 0,66) = 85 000.

Maintenant, prenons un score de 52 % sur le nombre de votants :

85000 * 0,52 = 44200

La variation ramenée à un pourcentage montre qu’un vainqueur à 52 % des voix avec une abstention à 66 % a été en réalité élu par environ 18 % des électeurs inscrits.

La première réaction serait de dire, comme cela a été évoqué ces dernières semaines, que cette élection n’est pas légitime.

Mais sur ce point je suis plutôt très réservé, car en l’état actuel de nos lois, du code électoral et de notre fonctionnement démocratique, rien n’indique qu’il faille un taux minimum de participation à une élection pour que celle-ci soit valide.

Donc, d’un point de vue purement législatif et démocratique, cet argument ne tient pas.

Ce qui n’est pas le cas d’un point de vue éthique et moral.

Comment peut-on annoncer avec un tel aplomb que l’on a gagné la confiance de français, et pour certains enchainer directement avec leurs ambitions nationales alors que l’on ne peut se targuer que de 18 % de soutien exprimés de son électorat ?

Et une fois de plus les explications des uns et des autres se perdent dans des conjectures qui ont un air de réchauffé pour la centième fois entre nos chers politiciens bien suivis par les médias qui dans le fond ont plus besoin de sujets clivants et vieilles recettes à audimat que de vrais sujets et débats de fonds qui risqueraient de les mettre face à la vacuité de leurs propres idées et analyses sur des sujets pour lesquels ils s’érigent en spécialistes.

Pour en revenir à mon propos initial, lorsque dans une interview de 15 minutes, j’entend plus d’une vingtaine de fois parler d’un parti politique « ennemi » qui doit être absolument combattu mais qu’en revanche je n’ai aucune idée de ce que l’on me propose comme solutions et propositions concrètes pour ne pas avoir envie de m’intéresser à ce fameux parti je me dis qu’il est un peu osé, voire franchement déplacé de venir ensuite se poser avec une mine grave et condescendante la question du pourquoi des 66 % d’abstention ?

Depuis des dizaines d’années maintenant, l’essentiel de l’offre politique est tourné vers ce que les Français ne doivent pas voter, vers une stratégie de rejet et non pas d’adhésion, largement argumentée par ce fameux « front républicain », terme qui soit dit en passant a autant de signification que de parler philosophie avec une huitre et qui en lui-même est une insulte aux concepts et fondements mêmes de notre système démocratique (mais c’est un autre débat).

Mais pas à un seul instant les discours n’apportent ne serait qu’une once d’intérêt pour un projet, des propositions, pas des promesses que l’on sait désormais qu’elles ne seront pas tenues, tout simplement parce que l’on ne peut pas tenir et appliquer une promesse qui ne contient tout simplement rien, on ne cesse de nous répéter ce que nous ne devons pas faire mais à aucun moment on nous offre une alternative qui puisse nous permettre de faire un vrai choix, démocratique, éclairé et d’adhésion.

Alors effectivement, quoi de plus normal que le seul choix d’adhésion qui est désormais celui de la majorité des Français soit de ne plus adhérer, ou alors d’adhérer au seul parti qui a la majorité absolue depuis des années en France : l’abstention…

C’est un bien triste constat, alors que l’on nous cesse de nous parler de valeurs démocratiques, de libertés, de lutte contre les discriminations, contre la violence, contre les extrémismes que de se dire que l’un des principaux remparts à tous ces maux de notre société, celui qui a été gagné et construit bien souvent dans le sang, celui qui est le fondement de notre démocratie, notre droit à voter, à nous exprimer par la voie des urnes n’est désormais plus qu’un simple voile de fumée, un fantôme qui a fini par s’effacer sous les coups répétés d’une classe politique qui ne sait plus rien apporter que le spectacle lamentable de sa soif de pouvoir, de ses promesses vides, de ses discours tout aussi vides et démagogiques et qui années après années, mandats après mandats, n’apporte aucune solution à aucun problème, juste des explications pour dire « ce n’est pas notre faute, c’est la faute de nos prédécesseurs, c’est la faute à la crise, et maintenant, c’est la faute au COVID ».

En 1933 le peuple Allemand a porté au pouvoir Adolf Hitler d’une manière totalement démocratique.

Ignoraient-ils la nature de cet homme, de ses idées, de son parti ? Pour beaucoup c’est probable, mais ce n’est pas aussi évident que cela.

Ce qui est sûr, c’est que lorsque l’on est plus capable de donner envie aux gens de choisir une autre voie autrement qu’en le leur imposant, ils finissent toujours par choisir une voie encore pire.

Et les réactions que j’entends sur les plateaux TV depuis ce matin ne me laissent que bien peu d’espoir quant au fait que la moindre leçon ait été tirée de ce nouveau scrutin.

« Ainsi meurent la liberté et la démocratie. Sous un tonnerre d’applaudissements ». Padmé Amidala dans Star Wars Episode 3.