<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>adm-m &#8211; Dark Rider Web</title>
	<atom:link href="https://dark-rider.fr/wp1/author/adm-m/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://dark-rider.fr/wp1</link>
	<description>Pour parler de tout et plus encore....</description>
	<lastBuildDate>Mon, 17 Aug 2026 17:06:13 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/cropped-le-crane-32x32.png</url>
	<title>adm-m &#8211; Dark Rider Web</title>
	<link>https://dark-rider.fr/wp1</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Brèves de comptoir 2.0</title>
		<link>https://dark-rider.fr/wp1/breves-de-comptoir-2-0/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adm-m]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 17:06:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dark-rider.fr/wp1/?p=86</guid>

					<description><![CDATA[Ce texte a été élaboré à partir d&#8217;éléments de conversations entendus, lus ou observés via différents vecteurs entre 2019 et 2021. Les éléments ont été agencés sous forme d&#8217;un dialogue entre deux personnes totalement anonymes. Bien que basés sur des éléments réels, ils ne représentent ou ne ciblent absolument personne et tentent d&#8217;évoquer avec une &#8230; <a href="https://dark-rider.fr/wp1/breves-de-comptoir-2-0/" class="more-link">Continuer la lecture de <span class="screen-reader-text">Brèves de comptoir 2.0</span>  <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Ce texte a été élaboré à partir d&rsquo;éléments de conversations entendus, lus ou observés via différents vecteurs entre 2019 et 2021. Les éléments ont été agencés sous forme d&rsquo;un dialogue entre deux personnes totalement anonymes. Bien que basés sur des éléments réels, ils ne représentent ou ne ciblent absolument personne et tentent d&rsquo;évoquer avec une pointe d&rsquo;humour comme leur illustre prédecesseur « brèves de comptoir » un échange type de notre société. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un soir, quelque part dans un lieux de convivialité&#8230;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, dites-moi, où les trouvez vous tous ces articles auxquels vous faites référence&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien de plus simple, il y a tout sur Facebook&nbsp;!!!! vous ne savez pas ça&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Disons qu’il y a aussi beaucoup de fake news sur Facebook.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’importe quoi, ils ont leur réputation à tenir. Et de toutes manières ils filtrent les contenus, ils ont de sacrées équipes chez les américains pour ça.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, mais les modérateurs Facebook sont plus à l’affût d’une poitrine dénudée que des fake news, même s’il s’agit d’un Delacroix soit dit en passant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Delacroix&nbsp;? C’est qui&nbsp;? Un influenceur&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, pas vraiment, c’était un peintre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et alors, ça à quoi avoir avec Facebook&nbsp;? Ils s’en foutent de Delacroix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être, mais pas de «&nbsp;La liberté guidant le peuple&nbsp;». A égalité avec Gustave Courbet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ben tiens, parlons-en de liberté, on n’en a plus aucune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vaste débat, mais pour ne pas trop nous disperser, vous savez qu’il existe de nombreux sites de vulgarisation scientifique très bien faits et avec des sources vérifiées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais vous me prenez pour qui pour aller sur ce genre de site&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pardonnez-moi, mais je ne vois pas en quoi cela serait gênant pour votre réputation&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai peut-être pas fait de grandes études comme vous Monsieur, mais je ne vais pas sur des sites vulgaires moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, pas vulgaires, mais de vulgarisation scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est quoi la différence&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle est plutôt…. Importante…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et de toutes manières c’est toujours la même chose avec vous les intellos, vous prenez tout le monde pour des cons, mais nous savons ce que vous faites nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et en l’occurrence pourriez-vous préciser&nbsp;? Un débat est bien plus intéressant et constructif s’il se base sur des faits vérifiés vous ne trouvez pas&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas de débat à avoir, vous les élites qui vous prenez pour des grands savants vous nous menez en bateau et essayez de faire taire les gens qui pensent au peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lénine est mort vous savez&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est comme tous ceux qui veulent faire taire le professeur Raoult, c’est les mêmes sociétés derrière, les grandes entreprises du médicaments dirigées par les Franc-Maçons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça fait beaucoup de monde pour un seul professeur vous ne trouvez pas&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est seul contre tous, c’est le Robin des bois de la médecine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, administrer un traitement avec des études aussi peu fiables c’est un peu jouer avec la vie des gens vous ne trouvez pas&nbsp;? Et puis Robin des bois était quand même un voleur à la base. Ce n’est pas la plus sympathique des comparaisons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qu’on veut nous faire croire que ses études sont fausses. Moi je sais qu’elles sont bonnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah… Vous les avez-lues&nbsp;? Vous avez donc des compétences de médecine et de virologie. Vous cachez bien votre jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas besoin, j’ai vu une vidéo d’un autre professeur, un mec en blouse blanche avec des centaines de livres derrière lui qui disait que tout était vrai et que c’est parce qu’il dérange que tout le monde l’attaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah, si maintenant les employés de nettoyage des bibliothèques municipales s’y mettent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ça, rigolez, mais le professeur RAOULT il est comme Mozart, il l’a dit à son audition au sénat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mozart&nbsp;? Il faisait de la médecine ou le professeur joue du violon&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’importe quoi, mais son talent n’a été reconnu qu’à sa mort. Ce sera pareil avec le professeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement qu’il n’est plus là pour vous entendre vue le nombre de fois où ses œuvres ont été jouées de son vivant. Dieu seul sait ce qu’il aurait pu faire s’il avait eu youtube….</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rigolez, mais le professeur lui il sait communiquer en tout cas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est un fait indéniable, bien que l’on se demande s’il ne serait pas plus logique d’attendre de la part d’un grand virologue qu’en période de pandémie il se concentre sur ses recherches plus que sur son nombre de followers sur Youtube.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De toutes manières on ne peut pas discuter avec des gens comme vous. Vous ne voulez pas croire et tout ce que l’on peut vous apporter comme preuves vous ne voulez pas le voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des preuves&nbsp;? Mais justement, je ne demande que cela. Je me suis peut-être mal exprimé tout à l’heure lorsque je vous parlais de débats avec des éléments sourcées et vérifiés, mais c’est bien de cela qu’il s’agit, pouvoir échanger et débattre sur des éléments factuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cas là allez parler avec vos copains qui sont allés à la fac puisqu’il vous faut des éléments de fac.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je ne suis pas allé à la Fac, je ne vois pas le rapport.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais bien sûr, prenez-moi pour un con aussi. Vous prenez tout le monde de haut et vous me dites que vous n’êtes pas allé à la Fac. C’est bien ce que je disais, c’est un complot pour nous faire taire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais vous savez qu’il n’est pas besoin d’aller à la Fac pour avoir un esprit critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Eh doucement, j’ai été correct avec vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pardon&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, je ne suis pas d’accord avec vous mais je ne vous ai pas critiqué moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être que les notions de discernement et de pragmatisme vous seraient plus acceptables&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et voilà, il recommence à vouloir m’enfumer avec ses termes techniques de savant l’autre je sais tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous savez, un Larousse coute en moyenne 30 euros, c’est un investissement, mais on peut très vite le rentabiliser, si l’on considère que la culture a une quelconque valeur. Mais je ne voudrais pas vous offenser outre mesure. En tout cas vous me semblez bien renseigné sur ces grands groupes pharmaceutiques et les sociétés secrètes et occultes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Occultes&nbsp;? Je n’ai pas parlé de sorcières. Vous confondez-tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant vous avez mentionné les Francs-Maçons&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le monde le sait, il n’y a que ceux qui ne veulent pas le voir ou qui en font partie pour dire le contraire. Ce sont ce gens là qui contrôlent tout dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Justement, ça me parait excessif que des sociétés aussi puissantes au niveau mondial puissent en vouloir à ce point à un professeur de Marseille. Vous ne trouvez pas ça étrange vous&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le coup classique avec les gens qui participent à ce genre de complot. Ils essaient de nous faire croire que c’est nous qui avons tort, juste avec de belles paroles, mais il n’y a jamais rien derrière et si on les contredits ils commencent à nous menacer ou nous insulter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vois, mais dans ce cas, si le professeur Raoult est victime d’un complot, il ne devrait pas avoir non plus trop de difficultés à démontrer le bien fondé de ses recherches. Pourtant à chaque fois qu’on lui pose la question il botte en touche et se retranche dans l’invective ou la théorie complotiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’a pas besoin de se justifier lui, c’est évident, ça toujours été comme ça, les puissants contre les faibles, les riches contre les pauvres. Moi je vous le dis, on parlera de lui pendant des années, comme Einstein qui a été pris pour un moins que rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Einstein, un moins que rien&nbsp;? Il y a une nouvelle version de sa biographie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ça, faites semblant de ne pas savoir, mais on sait bien qu’il a été refusé par de grandes universités parce que ses idées dérangeaient. Et pourtant maintenant tout le monde sait que c’était un génie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un peu romancé non&nbsp;? Ne serait-il pas plus juste de préciser qu’il était dyslexique et très certainement avec un syndrome d’asperger, ce qui lui a valu des difficultés scolaires puisque ces problèmes n’étaient pas diagnostiqués chez les enfants à l’époque. Mais il a quand même connu une immense carrière de scientifique de son vivant et a été publié à de nombreuses reprises jusqu’à obtenir un prix Nobel de physique. Niveau notoriété c’est plutôt réussi non&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une biographie pour complotiste ça&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, l’officielle aux dernières nouvelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah oui, et on la trouve où votre biographie officielle&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre dans les livres, mais je ne vais pas revenir sur ce sujet sensible, sur internet assez facilement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en étais sûr, internet, et vous qui parlez de sources fiables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Otez-moi d’un doute, Facebook ce n’est pas sur internet&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c’est pas pareil, vous voyez, vous ne voulez pas comprendre, j’en étais sûr, je les sens venir à des kilomètres à la ronde les mecs comme vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mecs comme moi, vous pourriez préciser&nbsp;? C’est assez agressif comme formulation&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne faites celui qui ne comprend pas, vous vous croyez malin mais à force on les repère facilement les Francs-Maçons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah oui, bien sûr, j’avais oublié que vous aviez un sens aigue de l’observation et des connaissances particulièrement pointues dans le domaine des complots et de la désinformation. Je ne fais pas le poids face à quelque comme vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et oui, ça vous fait bien ch… de l’admettre, c’est vous qui avez des préjugés en fait, je ne suis pas aussi con que j’en ai l’air.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Effectivement, et Einstein serait entièrement d’accord, lui qui savait mieux que quiconque que la vitesse de la lumière est environ 200&nbsp;000 fois celle du son.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’est ce que vous racontez encore&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien, juste des considérations à voix haute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait ce n’est pas très difficile de vous déstabiliser vous les soi-disant savants. Nous avons nos convictions, nos croyances, c’est plus fort que tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Effectivement, l’obscurantisme versus le siècle des lumières, c’est imparable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah ben tiens&nbsp;!!! Une publication Facebook qui prouve bien ce que je dis. Un ami qui partage un document du ministère de l’intérieur qui montre le nombre de morts en France par mois depuis 2019. Et qu’est-ce qu’on voit&nbsp;?&nbsp; Entre 2019 et 2020 il n’y a presque pas de différence. Alors&nbsp;? il est où votre virus tueur&nbsp;? Hein&nbsp;? Ça montre bien qu’on veut nous faire peur pour nous empêcher de vivre et nous contrôler. Et puis là c’est imparable, ça vient du ministère de l’intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oh vous savez, de nos jours, avec un scanner, une imprimante et un logiciel gratuit de retouche photo on fait des miracles en matière de documents officiels. Mais admettons que celui-ci soit authentique. Comment les chiffres sont-ils expliqués&nbsp;? Contextualisés&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi.. des chiffres c’est des chiffres, vous refusez l’évidence et c’est moi le complotiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne remets pas en cause les chiffres, mais pris comme cela, sans explication, sans détails vous avouerez que c’est difficile de les interpréter&nbsp;? Les morts de Janvier 2019 étaient dues à quoi&nbsp;? Maladie&nbsp;? Mort naturelle&nbsp;? Accidents de la route&nbsp;? Suicide&nbsp;? Grippe&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais oui, cherchez la petite bête pour ne pas admettre que vous avez tort…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne cherche pas à avoir tort ou raison, mais j’aimerais pouvoir comprendre et discuter de ces chiffres que vous avancez. D’autant plus qu’il se pose toujours la question de savoir ce qu’il en aurait été sans confinement. Si je vous dis qu’en août il y a eu 50 morts et qu’ensuite je vous précise que ces 50 personnes ont été assassinées par un tueur en série, vous admettrez que ce chiffre ne revêt pas la même signification, pourtant il n’a pas changé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tu vois Bernard, on ne peut pas discuter avec ces gens là, tu leur donne des chiffres et ça ne leur suffit pas. Manipulation je vous dis, manipulation. C’est comme la vidéo qui a été filmée hier par un mec vers un hôpital de Paris et qui montre qu’il n’y avait personne devant, pas de file d’attente, pas de saturation en fait. Et là vous allez me dire que ce n’est pas vrai&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, je reconnais, quand on commencera à intuber les malades sur le trottoir il faudra peut-être commencer à s’inquiéter. Et votre reporter sensationnel, il est entré dans le service de réanimation pour voir combien de personnes il y avait&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourquoi faire&nbsp;? Quand un métro est plein les gens ne peuvent plus monter dedans et il y en a partout dehors, si les hôpitaux étaient vraiment saturés ce serait pareil moi je vous dis. Mais là aussi, vous ne voyez que ce vous voulez-voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah là, je suis d’accord avec vous, peut-être la première affirmation sensée de la soirée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le barman intervient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fait, tu n’oublieras pas de renseigner ton nom, prénom et numéro de téléphone sur la liste à l’entrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ouais, pas de problème. C’est comme leur application de surveillance, leur StopCovid, vous ne croyez pas qu’on les pas vu venir avec leur truc pour nous pister&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sûr qu’il est de notoriété publique que Facebook et Google ne gardent aucune donnée personnelle et ne pistent pas leurs utilisateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ca n’a rien à voir, sur Facebook je choisis ce que je mets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sûr, car personne ne serait assez fou pour imaginer qu’une application puisse publier autant d’âneries de manière automatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ça, rigolez tant que vous voudrez, mais quand vos données personnelles auront été volées avec votre StopCovid vous ne direz pas qu’on ne vous avait pas prévenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’avoue que le contrôle des données personnelles est total avec des listes papier à la vue de tous à l’entrée des bars et restaurants. En arrivant j’aurais pu récupérer les nom et numéros de téléphone de chaque client si je l’avais voulu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De toutes manières leur application elle ne respecte pas le RPDG…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah oui, le RGPD, laissons les PDG tranquilles, ils ont déjà bien assez de soucis comme ça. Mais justement, l’application ne connait rien de vous, si ce n’est une localisation, le RGPD protège vos données nominatives, celles qui permettent de vous reconnaitre et de vous retrouver.Effectivement, j’avoue que c’est imparable, une liste avec un nom, prénom, date, lieu et numéro de téléphone ça n’a rien à voir en matière de pistage des gens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ben oui, c’est un bout de papier… rien de plus…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, comme il y en avait des millions dans les tiroirs du KGB, d’ailleurs il me semble qu’on appelait cela du fichage… Mais tant que ce n’était pas sur Facebook, tout va bien.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Réflexion sur l&#8217;écologie</title>
		<link>https://dark-rider.fr/wp1/reflexion-sur-lecologie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adm-m]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 16:51:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dark-rider.fr/wp1/?p=81</guid>

					<description><![CDATA[16/12/2020 Ce matin, nouvelle expérience entre deux émissions TV. Je suis un débat sur France Info portant une fois de plus sur l’écologie. Sans démagogie, le niveau est atterrant… Les intervenants ne cessent de répéter en boucle les mêmes choses, on revisite les mêmes lieux communs, on ressort les mêmes arguments chocs, coup de poing &#8230; <a href="https://dark-rider.fr/wp1/reflexion-sur-lecologie/" class="more-link">Continuer la lecture de <span class="screen-reader-text">Réflexion sur l&#8217;écologie</span>  <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">16/12/2020</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="506" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/lecologie-punitive-ou-lecologie-des-solutions-1024x506.webp" alt="" class="wp-image-84" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/lecologie-punitive-ou-lecologie-des-solutions-1024x506.webp 1024w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/lecologie-punitive-ou-lecologie-des-solutions-300x148.webp 300w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/lecologie-punitive-ou-lecologie-des-solutions-767x379.webp 767w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/lecologie-punitive-ou-lecologie-des-solutions.webp 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce matin, nouvelle expérience entre deux émissions TV.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis un débat sur France Info portant une fois de plus sur l’écologie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans démagogie, le niveau est atterrant…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les intervenants ne cessent de répéter en boucle les mêmes choses, on revisite les mêmes lieux communs, on ressort les mêmes arguments chocs, coup de poing qui font peur mais qui en même temps ferment la porte à tout vrai débat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un débat, pas de questions qui amèneraient une autre approche, une autre réflexion, pas de réponses forcément, juste le même discours que l’on nous sert inlassablement depuis des années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suis-je climato-sceptique ? Anti-écolo donc contre ma planète et l’avenir de mes enfants pour reprendre l’argument favori des écologistes de plateau ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, pas le moindre du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai juste besoin de voir les choses sous un autre angle parce que je suis désormais intimement convaincu que le problème écologique est réel, imminent, critique, mais que nous l’abordons de la pire des manières qui soit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ecologie punitive, politique, dogmatique, aveugle… voilà mon ressenti à l’écoute de ces débats interminables qui n’apportent aucune réponse à rien et ne font juste que meubler des heures d’audimat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je change de chaine, et je tombe par un étrange hasard sur ce reportage déjà vu sur Arte : « La face cachée des énergies vertes ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment ne pas mieux tomber pour sceller mes questions, mes inquiétudes mais aussi mon ressentiment vis-à-vis de cette démagogie politique et de communication qui ne mène à rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En écrivant ces lignes le reportage diffuse une interview presqu’ubuesque de la porte-parole d’Engie mise en confrontation avec leurs projets de centrales à charbon au Chili alors que le groupe prône la transition vers la décarbonisation… Questions incisives, réponses vides, de communication bien préparée qui botte systématiquement en touche, bref, rien de nouveau sous le soleil, la machine à mentir fonctionne à plein régime. Mais nous le savons bien, derrière tout ceci, tout n’est que marketing, finances, capitalisme…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suite du reportage… Oslo et son projet de tout électrique…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle fierté pour les Norvégiens d’afficher sa vertu écologique…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et dans la foulée, c’est un Norvégien qui lui-même dénonce l’hypocrisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’écologie Norvégienne s’arrête aux frontières Norvégiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne vaut mieux pas savoir dans ce cas où et comment sont produites les batteries de leurs belles voitures électriques, il vaut mieux cacher que la Norvège est le 7<sup>ème</sup> exportateur mondial de pétrole et de gaz qui finance leur belle politique écologique alors que les autorisations d’exploitation sur leur territoire arctique de nouveaux gisements se multiplient ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je relève un mot choc : La Norvège mène une politique schizophrène… mais est-elle la seule ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais revenons en France…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre cher président assène que dans 10 ans toutes les voitures thermiques seront interdites, qu’il faut passer à l’électrique…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle belle perspective lorsque l’on sait qu’un nombre croissant de Français ne peut même pas payer ses factures d’énergies vitales (eau chaude, chauffage) ….</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle belle perspective pour les industriels qui vont pouvoir vendre leurs magnifiques voitures écologiques faite de cuivre issue de mines au Vénézuéla qui n’ont rien d’écologique, de batteries remplies de métaux rares et de graphites extraits dans des mines en Chine dignes des industries de la fin du 18<sup>ème</sup> siècle et surtout 30 à 40 % plus chères que les véhicules actuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre pays plonge dans la pauvreté, des classes entières de travailleurs basculent en situation précaire à chaque année et pendant ce temps nos dirigeants font des plans sur la comète à grands coups de mesures restrictives et contraignantes hors de prix….</p>



<p class="wp-block-paragraph">Primes de 5000 euros pour acheter un véhicule qui en coute en moyenne 15000 d’occasion pour un petit modèle et 40000 pour un modèle neuf tout électrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que ces petits ménages surendettés qui comptent le moindre centime pour faire manger leurs enfants vont apprécier l’aide substantielle de l’état dans leur chute en enfer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être est-ce cela le plan de nos gouvernements au final ? Les pauvres ne se déplacent plus, ils meurent dans leur coin sans émettre de gaz à effets de serre, pari gagné, les générations d’avenir sont sauvées, du réchauffement climatique certes, mais survivront-elles à la pauvreté ? Et je ne parle pas de ces pays où des populations entières sont sacrifiées pour produire notre conscience écologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nouveau constat choc du reportage : En retraçant toute la chaine de conception et d’utilisation des véhicules électriques, ces véhicules polluent autant voire plus que les véhicules thermiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça fait peur non ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais alors que faire ? Sommes-nous impuissants ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne le pense pas, sauf que l’effort à faire pour réaliser une vraie transition écologique est peut-être bien au-delà de nos capacités à l’accepter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème vient de notre mode de vie, celui du 20<sup>ème</sup> et du 21<sup>ème</sup> siècle, des dizaines de PC, portables, tablettes, smartphones dans chaque foyer des pays dits « développés » connectés à des box toujours plus rapide qui s’appuient sur des infrastructures toujours plus conséquentes, toujours plus gourmandes en énergie, toujours plus anti-écologiques. Ce simple aspect de notre vie quotidienne dont je suis sûr que moins d’une personne sur 10 accepterait de se séparer est en soi un problème écologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment imposer à une famille avec enfants de se déplacer à vélo lorsque les prix de l’immobilier l’obligent à se loger à des dizaines de kilomètres voire plus de leur lieu de travail et parfois des écoles ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons créé un système de fonctionnement de notre société qui a fait voler en éclat le modèle du siècle dernier où tout pouvait se faire dans un rayon de quelques kilomètres de notre domicile, vivre, manger, travailler, étudier, se divertir.. Nous avons échangé ce système pour un système basé sur les déplacements, déplacements pour aller à l’école avec la fermeture des écoles de proximité pas assez rentables, déplacements pour se soigner avec la fermeture d’hôpitaux et services là aussi pas assez rentables, déplacements pour consommer et se nourrir avec la création des zones commerciales géantes et la disparition progressive des commerces de proximité, déplacements pour travailler avec le regroupement de toutes les entreprises dans des zones parfois situées à des dizaines de kilomètres ou bien plus encore, déplacements pour se divertir, parcs de loisirs, voyages, fermetures des cinémas locaux pour des multiplexes excentrés… en clair, nous avons mis le déplacement au cœur de notre mode de vie et maintenant nous crions au loup parce que ces déplacements polluent ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, au lieu de changer ce qui provoque ces mouvements pendulaires massifs et polluants, nous contraignons, nous imposons, nous punissons ces vilains pollueurs qui se déplacent pour vivre sans se poser la question de savoir si nous leur avons laissé le choix de le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que changent les pistes cyclables qui fleurissent dans les villes de banlieue lorsque l’on sait que les ¾ des habitants de ces villes doivent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour aller travailler après avoir déposé leurs enfants et leur sac d’école de 15 kg à leur école ? Rien, si ce n’est créer plus de bouchons, plus d’accident, plus de pollution, plus de stress, plus de délais pour arriver à l’heure au travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour que ce genre de dispositif soit réellement efficace il faudrait que tous ces trajets que l’on doit faire au quotidien puissent être décemment réalisés en vélo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et que dire de ces vélos électriques qui font le bonheur de ces nouveaux écolos des villes tout content de se montrer dans leur grandeur verte avec leur belle batterie électrique, vous vous souvenez, celle qui contient tous ces métaux rares venus du bout du monde… mais ça, j’oubliais, on s’en fout, ce n’est pas chez nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sommes-nous donc naïfs au point de croire que la pollution d’Amérique du Sud, d’Asie, où sont produit nos beaux produits verts dans des conditions noires, où sont envoyés des milliers de tonnes de nos ordures que nous pensons pourtant recyclées et qui n’existent plus parce que nous ne les voyons plus, ne constitue pas un élément clé de la pollution de notre échelle planétaire ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">On appelle cela le syndrome du nuage de Tchernobyl qui s’est gentiment arrêté à la frontière Française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aime beaucoup le discours de ces écolos de bonne conscience qui font la morale à tout le monde, méprisant ceux qui roulent en voiture et pas en vélo, qui vont au supermarché au lieu d’aller au marché bio, avant de partir aux sports d’hiver pour Noël et s’envoler à l’autre bout du monde en avion pour « décompresser » en été ou plus souvent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première démarche écologique serait peut-être tout simplement d’arrêter cette hypocrisie qui devient insupportable. Nous avons depuis longtemps ouvert les yeux sur la catastrophe qui s’annonce, mais nous refusons de les ouvrir sur les vraies causes de cette catastrophe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos chers amis parisiens veulent bien interdire les voitures polluantes dans leur belle ville et qui les empêchent de respirer, mais surtout pas poids-lourds, camionnettes de livraison et autre diesels géants archaïques qui livrent et approvisionnent tous les jours leurs précieux bars et restaurants où ils pourront se rendre en vélo ou à pied avec les quelques 1 ou 2 kilomètres à faire tandis que le vilain pollueur de banlieue fera ses 30 ou 40 kilomètres pour rentrer chez lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Constat amer, nous ne faisons pas d’écologie, nous mettons un masque vert sur le capitalisme, c’est encore pire….</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quand James Bond fait réfléchir&#8230;</title>
		<link>https://dark-rider.fr/wp1/quand-james-bond-fait-reflechir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adm-m]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 16:45:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexions générales]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dark-rider.fr/wp1/?p=77</guid>

					<description><![CDATA[Quand James Bond fait réfléchir…. Ce qu’il y a de merveilleux dans le monde de la réflexion c’est son infinie complexité qui n’a d’égal que l’infinité des possibilités qui ouvrent ou font évoluer une réflexion. Ce matin c’est mon édito quotidien de Philosophie Magazine que je reçois tous les jours dans ma boite mail qui &#8230; <a href="https://dark-rider.fr/wp1/quand-james-bond-fait-reflechir/" class="more-link">Continuer la lecture de <span class="screen-reader-text">Quand James Bond fait réfléchir&#8230;</span>  <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Quand James Bond fait réfléchir….</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="575" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/bonds-1024x575.jpeg" alt="" class="wp-image-79" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/bonds-1024x575.jpeg 1024w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/bonds-300x168.jpeg 300w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/bonds-768x431.jpeg 768w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/bonds-1536x862.jpeg 1536w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2026/08/bonds.jpeg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il y a de merveilleux dans le monde de la réflexion c’est son infinie complexité qui n’a d’égal que l’infinité des possibilités qui ouvrent ou font évoluer une réflexion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce matin c’est mon édito quotidien de Philosophie Magazine que je reçois tous les jours dans ma boite mail qui a été l’élément déclencheur qui finalement a conduit à ce texte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, un constat d’observation, la base pour toutes celles et ceux qui cherchent à mieux comprendre le monde qui les entoure, ce monde dans lequel nous vivons, bon gré mal gré…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une observation d’un quartier de Paris que je connais bien pour plusieurs raisons&nbsp;: Pigalle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haut lieux du sexe à la française, enfin, pour les guides touristiques uniquement, car dans la réalité…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet endroit qui concentre de mon point de vue avec Barbes et la Gare du Nord le plus grand nombre d’exemples de la déchéance d’une société qui s’enfonce dans les sables mouvants de sa propre incapacité à se comprendre et à vouloir réagir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je l’ai parcouru souvent car paradoxalement, au cœur de ce temple du sexe pour les pigeons il y a une grande concentration de magasins de musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, pour aller voir une nouvelle basse, du matériel de studio, acheter une partition, rencontrer d’autres musiciens, nous passons entre les sex-shops et les bars à entraineuses, parfois devant l’une des rares prostituées qui arpentent presque éternellement ces trottoirs étroits, sales, glauques, comme les témoins d’un autre temps qui ne parviennent pas à tourner une page dont l’épilogue a déjà été écrit il y a longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, comme le dit si bien l’éditorialiste «&nbsp;<em>les bars à hôtesses auraient dû disparaître depuis longtemps. Paradoxalement, leur succès inépuisable et leur résistance à toute épreuve marque peut-être le dernier sursaut du “patriarcat”. Car pour se donner de grands airs et sauver la face, il doit payer – et pas qu’un peu !&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, la réflexion est on ne peut plus pertinente et d’une grande justesse au sein d’une société qui cherche ses marques entre son passé, son présent et son avenir, entre ses minorités et ses majorités, entre ce que l’on peut considérer comme un héritage culturel à conserver et d’anciennes pratiques d’un autre siècle à abolir…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Etrangement il n’y a pas si longtemps je lisais dans Psychologie Magazine une interview de l’essayiste Mona Chollet en rapport avec son livre «&nbsp;Sorcière&nbsp;: la puissance invaincue des femmes&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le point commun&nbsp;? La notion de patriarcat, un sujet sensible, brûlant même pour notre société.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Car pour se donner de grands airs et sauver la face, il doit payer – et pas qu’un peu ! »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">De fil en aiguille, d’une référence à une autre, nous passons de Platon et de son mythe de la caverne, illustration typique de l’illusion bien amené dans l’idée que notre société aurait besoin d’illusion plus que de vérité, que beaucoup préfèrent retourner dans la confort du mensonge, et là c’est le choix proposé à Néo dans Matrix entre la pilule bleue et la pilule rouge, le choix entre ne pas voir ou entrer dans le monde de la réalité, au risque de le regretter amèrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul monde et il est faux, cruel, contradictoire, séduisant et dépourvu de sens. Un monde ainsi constitué est le monde réel. Nous avons besoin de mensonges pour conquérir cette réalité, cette « vérité ». » Friedrich Nietzsche.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, la fin de l’éditorial ne pouvait pas passer à côté de l’événement cinématographique du jour, la sortie du dernier «&nbsp;James Bond&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car, si l’on souhaite parler d’une figure typique de l’homme, dans ce qu’il a de plus viril, dans tous les domaines, l’élégance, la force, un caractère indestructible, le tombeur auquel aucune femme ne résiste, James Bond est le candidat parfait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et me voici plongé dans un article référencé en fin d’édito dans un article qui nous donne 3 raisons philosophiques d’aller voir James Bond.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agent 007 et la philosophie, une rencontre improbable&nbsp;? Pas tant que cela pour qui aime aller au-delà des apparences, au fond des choses. Car à de très nombreuses reprises je me suis rendu compte que même dans des films, livres, musiques apparemment sans grande «&nbsp;profondeur&nbsp;» en ce sens que l’on considère qu’il existe des films d’auteurs et des blockbusters à grand spectacle, nous pouvons toujours trouver des pistes de réflexions, plus ou moins nombreuses certes, mais pourtant réelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre coïncidence, ces derniers temps je me suis pris de plaisir à revisionner plusieurs James Bond de ma vidéothèque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En particulier la série avec Daniel Craig depuis «&nbsp;Casino Royal&nbsp;» jusqu’à «&nbsp;Spectre&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai toujours aimé comparer les différents «&nbsp;James&nbsp;» au travers des acteurs qui leur ont donné vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette comparaison rejoint une problématique fondamentale de la philosophie posée dans l’article, l’opposition entre l’essentialisme&nbsp;et l’existentialisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Penser pouvoir ainsi changer radicalement les qualités du personnage sans perdre complètement son identité, c’est aussi prendre un parti risqué dans un conflit qui divise la philosophie entre essentialistes et existentialistes</em>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">James Bond en ce sens ressemble fort à un autre personnage mythique né de la littérature mais qui a transcendé rapidement cet état pour en devenir une légende et une référence dans son monde&nbsp;: «&nbsp;Sherlock Holmes&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où James Bond incarne un être supérieur, en force, physique et psychologique, capable d’affronter toutes les situations et de sauver le monde à chaque épisode, Sherlock Holmes lui incarne un être intellectuellement supérieur, capable de mettre en échec les pires criminels par la seule force de son esprit. Dans ce même domaine nous pourrions citer «&nbsp;Hercule Poirot&nbsp;» d’Agatha Christie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant de personnages nés de l’imagination d’auteurs et qui ont fini par transcender leur condition pour devenir une référence pour des enquêteurs, des agents secrets de terrain et exister au travers de celles et ceux qui les incarnent dans la vie réelle. Une approche purement essentialiste, nous sommes avant d’exister et nos actions ne concourent qu’à concrétiser notre existence, avec plus ou moins de succès. Tous les agents secrets de terrain ne sont pas James Bond, et tous les enquêteurs ne sont pas Sherlock Holmes ou Hercule Poirot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais d’un autre côté, le matricule 007 peut aussi être considéré du point de vue existentialiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le nouveau James Bond, 007 est incarné par une femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’où cette réflexion de l’auteur de l’article&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Mais que deviendra-t-il, ce héros gorgé de viriline sans certains de ses attributs anachroniques : l’élégance, le flegme, le machisme ? Parmi ces qualités, lesquelles sont essentielles et lesquelles sont accidentelles ?</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une vision existentialiste n’importe qui pourrait, par ses actes devenir James Bond, Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, entrer dans ces personnages de légende, devenir des incarnations personnelles, subjectives de ces légendes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un James Bond femme ou homme resterait donc un James Bond, avec ses propres caractéristiques, son propre personnage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est déjà ce qui se dessine lorsque je compare les interprétations de Daniel Craig, Pierce Brosman, Roger Moore ou Sean Connery.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et là l’auteur de l’article nous emmène sur le terrain de mon philosophe préféré&nbsp;: Friedich Nietzsche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La fonction de l’homme est de vivre, non d’exister. Je ne gâcherai pas mes jours à tenter de prolonger ma vie, je veux brûler tout mon temps&nbsp;» Phrase attribuée à Jack London.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Nietzsche la vie est un dépassement permanent de toutes les limites, que l’on se réfère au concept du surhomme dans Zarathoustra&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Tu dois devenir l&rsquo;homme que tu es. Fais ce que toi seul peux faire. Deviens sans cesse celui que tu es, sois le maître et le sculpteur de toi-même</em>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ou dans sa manière d’aborder le sens de la vie&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>d’une santé que non seulement on possède mais qu’il faut aussi conquérir sans cesse, puisque sans cesse il faut la sacrifier !</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, notre vie ne serait-elle qu’une grande mise en scène&nbsp;? L’interprétation d’un scénario qui a été écrit pour nous bien avant notre naissance comme cela est intégré dans les croyances des peuples nordiques et au sein duquel, comme n’importe quel acteur, nous pouvons avec plus ou moins de talent interpréter, adapter notre personnage au fil de ce scénario qui se dévoile à nous à chaque instant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avons pas le temps de nous préparer, tout n’est qu’improvisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque instant se découvre, et si nous pouvons en deviner la majorité, rien ne nous dit que c’est ainsi que les choses se réaliseront.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Deviens ce que tu es&nbsp;» pour continuer avec Nietzsche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être que cela résume tout le sens de notre vie, de nos vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que nous décidions de choisir la pilule bleue ou la rouge de Matrix, nous cherchons à vivre, à devenir, à exister. Nous appelons cela notre quête du bonheur, réussir notre vie, accomplir notre destin… autant de formules qui ne sont que de simples points de vue, nos points de vue, nos vérités, celles auxquelles nous avons besoin de nous accrocher pour pouvoir exister.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que nous soyons la réalisation d’une essence ou que nous existions au travers de ce que nous construisons au jour le jour, nous avons ce besoin d’exister, car sans existence que nous reste-t-il si ce n’est la mort et le néant&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La psychologie et la philosophie parlent dans le fond de la même chose, chacune avec son langage, sa compréhension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour beaucoup de psychologue Nietzsche était fou, pour de nombreux philosophes Freud était obsédé par l’omniprésence du sexe et de la libido au point d’en oublier que l’être humain ne se résume pas à sa seule fonction reproductive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et moi dans tout cela&nbsp;? Moi qui depuis une heure écris au fil de mes pensées, va chercher des références, utilise des idées, suit des chemins via les portes ouvertes par d’autres avant de rencontrer mes propres portes. Que suis-je dans tout cela&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelqu’un qui pense trop&nbsp;et qui se perd dans tant de conjectures et interrogations qu’il n’en trouve jamais le fond au risque de finir par une aporie, une impasse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Je pense donc je suis&nbsp;». Je pourrais tout simplement me contenter de cette conclusion et prudemment éviter de plonger dans le cheminement du doute méthodique cartésien qui m’emmènerait encore plus loin mais probablement pas à sa validation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au travers de mes lectures, de ces réflexions qui j’aime poser sur le papier ou dans mes fichiers je ne suis qu’un esprit perdu dans une quête qui me dépasse. Pas assez intelligent pour pouvoir la maitriser, mais trop pour pouvoir fermer les yeux dessus et me voici plongé dans les limbes de mon esprit, de mon histoire, à la recherche d’une route que je ne trouverai peut-être jamais comme un certain David Vincent, en espérant qu’à la différence de lui je ne tomberai pas sur l’arrivée des extraterrestres sur terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Perdu dans mes propres contradictions, au cœur d’une société où je ne me reconnais pas, où je ne me retrouve pas, dont je n’ai pas les codes ni les bonnes pratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque l’on erre dans le noir il faut parfois s’inventer sa propre lumière, son propre chez-soi à défaut de trouver celui qui nous convient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être cela construire sa vie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque je regarde James Bond je vois tout aussi bien de magnifiques scènes d’action dont j’imagine la complexité et le talent qu’il faut pour les réaliser, qu’un personnage dont les stéréotypes me font sourire même si j’aimerais pouvoir avoir un tel pouvoir de séduction, qu’un personnage bien plus profond qu’il n’y parait, confronté à une face du monde qui, comme le dit si bien M dans «&nbsp;Skyfall&nbsp;» n&rsquo;est pas celui que nous voyons. Oui, il y a un monde que nous ne voyons pas mais que d’autres voient, et nous en revenons à la pilule bleue et la pilule rouge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà, j’ai écrit, et je cherche encore, encore et toujours, et ce n’est certainement pas prêt de prendre fin…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sources&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.philomag.com/articles/trois-bonnes-raisons-philosophiques-daller-voir-james-bond?utm_source=Philosophie+magazine&#038;utm_campaign=86c4add7fa-newsletters_COPY_02&#038;utm_medium=email&#038;utm_term=0_dee8ebacdf-86c4add7fa-218550319
</div></figure>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Des mots, et des urnes vides&#8230;</title>
		<link>https://dark-rider.fr/wp1/des-mots-et-des-urnes-vides/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adm-m]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 16:37:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dark-rider.fr/wp1/?p=65</guid>

					<description><![CDATA[Des mots et des urnes vides…. Elections législatives France 2024. Voilà, nous venons de traverser d’une manière assez transparente un nouvel épisode électoral. Tout au long de ces semaines, tout particulièrement celle de l’entre-deux tours, les candidats, chroniqueurs, spécialistes se sont succédés sur les plateaux TV. Une belle palette éclectique de sensibilités et de bords &#8230; <a href="https://dark-rider.fr/wp1/des-mots-et-des-urnes-vides/" class="more-link">Continuer la lecture de <span class="screen-reader-text">Des mots, et des urnes vides&#8230;</span>  <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Des mots et des urnes vides….</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elections législatives France 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà, nous venons de traverser d’une manière assez transparente un nouvel épisode électoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long de ces semaines, tout particulièrement celle de l’entre-deux tours, les candidats, chroniqueurs, spécialistes se sont succédés sur les plateaux TV.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une belle palette éclectique de sensibilités et de bords politiques qui aurait pu laisser augurer des débats intéressants, mais à l’image du bilan de ces élections, sur le terrain des idées, c’est de toute évidence l’abstention et le vide qui ont prédominés tout autant que dans les urnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Effet de conséquence ? Incidence ou coïncidence ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile d’y voir un effet isolé, et comme je l’entends beaucoup depuis ce matin, une conséquence directe de la crise COVID que nous venons de traverser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si beaucoup d’intervenants reconnaissent sans problème que la grande gagnante de ces élections, comme de bien d’autres avant elles est bien évidemment l’abstention, je n’ai pas l’impression que leurs discours traduisent une vraie prise en compte et compréhension de leurs propres affirmations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai encore la naïveté de croire que lorsque l’on se présente aux français pour leur demander d’être mis démocratiquement à un poste à responsabilité, on le fait en leur apportant des propositions concrètes pour appuyer, argumenter et légitimer cette demande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les candidats vous diront que c’est très exactement ce qu’ils font.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, peut-être ai-je quelques soucis de compréhension en ce qui concerne la rhétorique politique, plus connue aussi sous le nom de « langue de bois » , mais lorsque au bout de 10 mn d’une interview d’un candidat tout ce que j’ai pu entendre en boucle c’est « je suis là pour faire barrage au RN », « ce ne sont pas mes idées et je les combattrai », « je veux rassembler les français contre la menace des extrémismes » j’avoue rester totalement sur ma faim ou fin, c’est selon le niveau d’interprétation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque l’on écoute un candidat s’exprimer avant une élection, c’est avant tout pour se faire une idée de ce qui pourrait nous donner envie de voter pour lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personnellement, cette idée je me la fait bien plus facilement lorsque j’ai une vision claire et précise de ce que ce candidat compte faire au poste qu’il brigue et qui pourrait m’intéresser que lorsque l’on me répète en boucle comme un message subliminal que je dois voter pour lui pour qu’un autre candidat ne soit pas élu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vote reste quand même une liberté chèrement acquise et surtout une liberté individuelle totale et j’avoue avoir de plus en plus de mal avec ce discours qui a envahi tous les débats et qui ne consiste qu’à stigmatiser les français quant aux choix de vote qu’ils font ou pourraient faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le débat d’idée a-t-il cessé d’exister ? Certainement depuis longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nos jours on combat l’idéologie par une autre idéologie, on s’érige en rempart contre les extrêmes et le totalitarisme en usant et abusant d’une autre forme d’extrémisme totalitaire qui semble être autorisé car « politiquement » correct, mais quid des idées pour en contrer une autre ? quid des passes d’armes intellectuelles qui permettent aux spectateurs de se faire une idée sur celui qui sait le mieux défendre ses idées et en proposer des plus attrayantes ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est assez dôle de voir tous ces grands et beaux parleurs dans leurs beaux costumes admettre avec une certaine gravité que l’abstention record est un véritable problème, tout en se félicitant pour certains de leur éclatante victoire et de la confiance que le peuple leur a accordée…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En parlant de confiance, faisons une petite parenthèse mathématique…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prenons un échantillon de 250 000 personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant calculons le nombre de votants avec une abstention de 66 % :</p>



<p class="wp-block-paragraph">250 000 – (250 000 * 0,66) = 85 000.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, prenons un score de 52 % sur le nombre de votants :</p>



<p class="wp-block-paragraph">85000 * 0,52 = 44200</p>



<p class="wp-block-paragraph">La variation ramenée à un pourcentage montre qu’un vainqueur à 52 % des voix avec une abstention à 66 % a été en réalité élu par environ 18 % des électeurs inscrits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première réaction serait de dire, comme cela a été évoqué ces dernières semaines, que cette élection n’est pas légitime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais sur ce point je suis plutôt très réservé, car en l’état actuel de nos lois, du code électoral et de notre fonctionnement démocratique, rien n’indique qu’il faille un taux minimum de participation à une élection pour que celle-ci soit valide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc, d’un point de vue purement législatif et démocratique, cet argument ne tient pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui n’est pas le cas d’un point de vue éthique et moral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment peut-on annoncer avec un tel aplomb que l’on a gagné la confiance de français, et pour certains enchainer directement avec leurs ambitions nationales alors que l’on ne peut se targuer que de 18 % de soutien exprimés de son électorat ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et une fois de plus les explications des uns et des autres se perdent dans des conjectures qui ont un air de réchauffé pour la centième fois entre nos chers politiciens bien suivis par les médias qui dans le fond ont plus besoin de sujets clivants et vieilles recettes à audimat que de vrais sujets et débats de fonds qui risqueraient de les mettre face à la vacuité de leurs propres idées et analyses sur des sujets pour lesquels ils s’érigent en spécialistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en revenir à mon propos initial, lorsque dans une interview de 15 minutes, j’entend plus d’une vingtaine de fois parler d’un parti politique « ennemi » qui doit être absolument combattu mais qu’en revanche je n’ai aucune idée de ce que l’on me propose comme solutions et propositions concrètes pour ne pas avoir envie de m’intéresser à ce fameux parti je me dis qu’il est un peu osé, voire franchement déplacé de venir ensuite se poser avec une mine grave et condescendante la question du pourquoi des 66 % d’abstention ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des dizaines d’années maintenant, l’essentiel de l’offre politique est tourné vers ce que les Français ne doivent pas voter, vers une stratégie de rejet et non pas d’adhésion, largement argumentée par ce fameux « front républicain », terme qui soit dit en passant a autant de signification que de parler philosophie avec une huitre et qui en lui-même est une insulte aux concepts et fondements mêmes de notre système démocratique (mais c’est un autre débat).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pas à un seul instant les discours n’apportent ne serait qu’une once d’intérêt pour un projet, des propositions, pas des promesses que l’on sait désormais qu’elles ne seront pas tenues, tout simplement parce que l’on ne peut pas tenir et appliquer une promesse qui ne contient tout simplement rien, on ne cesse de nous répéter ce que nous ne devons pas faire mais à aucun moment on nous offre une alternative qui puisse nous permettre de faire un vrai choix, démocratique, éclairé et d’adhésion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors effectivement, quoi de plus normal que le seul choix d’adhésion qui est désormais celui de la majorité des Français soit de ne plus adhérer, ou alors d’adhérer au seul parti qui a la majorité absolue depuis des années en France : l’abstention…</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un bien triste constat, alors que l’on nous cesse de nous parler de valeurs démocratiques, de libertés, de lutte contre les discriminations, contre la violence, contre les extrémismes que de se dire que l’un des principaux remparts à tous ces maux de notre société, celui qui a été gagné et construit bien souvent dans le sang, celui qui est le fondement de notre démocratie, notre droit à voter, à nous exprimer par la voie des urnes n’est désormais plus qu’un simple voile de fumée, un fantôme qui a fini par s’effacer sous les coups répétés d’une classe politique qui ne sait plus rien apporter que le spectacle lamentable de sa soif de pouvoir, de ses promesses vides, de ses discours tout aussi vides et démagogiques et qui années après années, mandats après mandats, n’apporte aucune solution à aucun problème, juste des explications pour dire « ce n’est pas notre faute, c’est la faute de nos prédécesseurs, c’est la faute à la crise, et maintenant, c’est la faute au COVID ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1933 le peuple Allemand a porté au pouvoir Adolf Hitler d’une manière totalement démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ignoraient-ils la nature de cet homme, de ses idées, de son parti ? Pour beaucoup c’est probable, mais ce n’est pas aussi évident que cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est sûr, c’est que lorsque l’on est plus capable de donner envie aux gens de choisir une autre voie autrement qu’en le leur imposant, ils finissent toujours par choisir une voie encore pire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et les réactions que j’entends sur les plateaux TV depuis ce matin ne me laissent que bien peu d’espoir quant au fait que la moindre leçon ait été tirée de ce nouveau scrutin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ainsi meurent la liberté et la démocratie. Sous un tonnerre d’applaudissements ». Padmé Amidala dans Star Wars Episode 3.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Voter blanc favorise &#8211; t -il les extrêmes ?</title>
		<link>https://dark-rider.fr/wp1/voter-blanc-favorise-t-il-les-extremes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adm-m]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jun 2024 12:14:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dark-rider.fr/wp1/?p=60</guid>

					<description><![CDATA[En cette période de fièvre électorale qui tire clairement à la poussée de fébrilité et se prête à tous les débordements (c&#8217;est bien connu, la politique n&#8217;ai strictement rien de moral) nous voyons ressortir ces discours réchauffés depuis des dizaines d&#8217;année sur le vote. Votez utile, ne pas voter favorise les extrêmes, voter pour faire &#8230; <a href="https://dark-rider.fr/wp1/voter-blanc-favorise-t-il-les-extremes/" class="more-link">Continuer la lecture de <span class="screen-reader-text">Voter blanc favorise &#8211; t -il les extrêmes ?</span>  <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">En cette période de fièvre électorale qui tire clairement à la poussée de fébrilité et se prête à tous les débordements (c&rsquo;est bien connu, la politique n&rsquo;ai strictement rien de moral) nous voyons ressortir ces discours réchauffés depuis des dizaines d&rsquo;année sur le vote. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Votez utile, ne pas voter favorise les extrêmes, voter pour faire barrage&#8230; </p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre injonctions directes et conseils éclairés le vote est devenu un enjeu de société et source de nombreuses fractures et dissensions jusqu&rsquo;au cœur même des familles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, essayons de prendre un peu de recul et de hauteur, je sais, ce n&rsquo;est pas facile quand tout est toujours fait pour vous couper les ailes et vous tirer vers le bas, là où se situe essentiellement le débat dans notre société&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vote ? revenons aux origines de ce qu&rsquo;est un vote. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Voter blanc ? Nul ? s&rsquo;abstenir ? quelles différences ? quels impacts ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Choisir de ne pas choisir est-il un choix ? un droit ? Devons nous forcément nous positionner pour être « correct » ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant de questions auxquelles chacun pourra apporter ses réponses et pour lesquelles il n&rsquo;existe bien évidemment aucune vérité absolue en dehors des éléments factuels et légaux. Les éléments proposés dans cet article seront donc forcément subjectifs même si j&rsquo;essaye au maximum de rester factuel et de peser toutes les hypothèses pour un maximum d&rsquo;équilibre. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le vote ? Quesaco ? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Définition du vote (source dictionnaire LAROUSSE 2024) :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Manifestation de volonté, individuelle ou globale, à l&rsquo;occasion d&rsquo;une élection ou prise de décision. (En principe, le vote est secret [enveloppe, isoloir, absence de signes sur les bulletins], égal [un votant, une voix], personnel et libre.)</em>« </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan constitutionnel l&rsquo;approche est un peu différente :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit de vote est accordé aux citoyens pour exprimer leur volonté à l&rsquo;occasion d&rsquo;un scrutin. En France, il est établi dès la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) de 1789 et intrinsèquement lié à la notion de Nation souveraine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d&rsquo;autorité qui n&rsquo;en émane expressément. »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Article 3 de la Déclaration des droits de l&rsquo;homme et du citoyen.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En France, le vote est strictement personnel, libre et secret.</strong> Le droit de vote est un droit fondamental protégé par la Constitution de la Ve République du 4 octobre 1958 (article 3).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit de vote est également consacré comme un droit fondamental en droit international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sources Ministère de l&rsquo;intérieur. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ressort de ces deux définition que le vote est un droit lié à une manifestation de volonté à la base individuelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;il soit secret comme dans le cadre des élections ou public comme dans certaines assemblées, le vote reste fondamentalement un choix purement personnel résultat d&rsquo;une volonté d&rsquo;exprimer un avis, d&rsquo;adhérer à une proposition, de soutenir une personne ou toute autre situation nécessitant de prendre position. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre des états démocratiques comme l&rsquo;est la France, n&rsquo;en déplaise aux rageux au cerveau aussi limité que leurs arguments, le vote citoyen est donc encadré et protégé pour pouvoir être utilisé par chaque citoyen dans les meilleurs conditions. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute manœuvre visant à influencer le vote peut conduire à son invalidation ainsi que le précise très bien cet articule du conseil constitutionnel : </p>



<h3 class="wp-block-heading">«&nbsp;Le scrutin est secret&nbsp;» énonce l&rsquo;article 3 (alinéa 3) de la Constitution.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La règle est reprise par l&rsquo;article L.59 du code électoral, rendu applicable par l&rsquo;article 8 du décret du 17 mars 2005 portant organisation du référendum.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle tend à protéger la liberté des électeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8230;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une démocratie adulte comme la France, il ne saurait y avoir d&rsquo;accommodement possible avec cette règle élémentaire du suffrage universel, l&rsquo;une des premières que les organisations internationales et non gouvernementales cherchent à acclimater dans les sociétés en voie de transition démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dignité du scrutin n&rsquo;est explicitement prévue par aucun texte, mais elle est, elle aussi, consubstantielle au bon fonctionnement de la démocratie. Aussi le Conseil constitutionnel s&rsquo;est-il fondé sur une atteinte à la «&nbsp;dignité du scrutin&nbsp;» pour annuler l&rsquo;ensemble des suffrages d&rsquo;une commune (Déc. du 8 mai 2002, dispositif de décontamination dans la commune de Villemagne). Il s&rsquo;agit d&rsquo;éviter tout ce qui peut tourner le scrutin en dérision. La neutralité des opérations est gage de leur authenticité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8230;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Article complet ici : </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/referendum-traite-constitution-pour-l-europe/manifestations-d-opinion">https://www.conseil-constitutionnel.fr/referendum-traite-constitution-pour-l-europe/manifestations-d-opinion</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le seul fait d’être <strong>majeur</strong>, de <strong>nationalité française</strong> et de <strong>jouir de ses droits civils et politiques</strong> permet de s’inscrire sur les listes électorales et d’exercer son droit de vote. Le vote reste donc l&rsquo;outil ultime d&rsquo;expression du citoyen sur le champ politique, qu&rsquo;il soit local ou national. </p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Voter blanc ? Nul ? s&rsquo;abstenir ? quelles différences ? quels impacts ? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour tenter de répondre à cette question il faut bien scinder deux aspects.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;aspect légal et l&rsquo;aspect « philosophique » du propos. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un plan légal que dit le code électoral ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là aussi le conseil constitutionnel apporte un éclairage sur cette notion dans cet article : </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/referendum-traite-constitution-pour-l-europe/bulletins-blancs-et-nuls">https://www.conseil-constitutionnel.fr/referendum-traite-constitution-pour-l-europe/bulletins-blancs-et-nuls</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Pour préciser la notion de bulletins «&nbsp;blancs et nuls&nbsp;», il faut partir d&rsquo;un constat initial simple&nbsp;: qu&rsquo;est-ce qui permet d&rsquo;écarter un suffrage comme non valablement exprimé&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agit d&rsquo;abord d&rsquo;une série de critères matériels objectifs : non respect de règles édictées par le code électoral ; par exemple, bulletins excédant le format réglementaire, bulletins imprimés sur papier de couleur, bulletins comportant le noms de personnes non candidates, etc. Ces règles doivent garantir une certaine forme d&rsquo;égalité entre candidats et ces interdictions n&rsquo;ont de portée réelle que parce que la loi met à la charge des candidats de soin d&rsquo;imprimer ou de faire imprimer leurs bulletins de vote.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8230;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est bien l&rsquo;ensemble bulletins en blanc et bulletins n&rsquo;exprimant pas de choix qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler le «&nbsp;vote blanc&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le code électoral assimile vote blanc et vote nul, regroupés dans l&rsquo;ensemble des suffrages non exprimés, c&rsquo;est à-dire la différence entre le nombre des votants et celui des suffrages exprimés. Dans certains cas, on peut hésiter quant à la qualification la plus appropriée (par exemple, bulletins trouvés dans l&rsquo;urne sans enveloppe et enveloppes de scrutin sans bulletin de vote).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un plan strictement légal les bulletins de vote blanc ou nuls sont donc des bulletins de vote exprimant un certain choix des électeurs. Ils ne représentent par conséquent pas une anomalie ou infraction au code électoral. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un plan intermédiaire entre légalité et philosophie on entend à tout va de la part de nos grands moralisateurs et porteurs de la bonne parole politiquement correcte que voter nul ou blanc c&rsquo;est donner sa voix aux extrêmes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une affirmation totalement fausse et d&rsquo;une mauvaise foi éhontée à laquelle nous sommes malheureusement habitués. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la réalité est toute autre bien évidemment. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne pas s&rsquo;exprimer va bien évidemment donner un avantage à un candidat, en l&rsquo;occurrence mathématiquement parlant, au candidat qui sera en tête. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, cette notion n&rsquo;indique en rien que la candidat en tête sera un extrême, il s&rsquo;agit juste du candidat qui aura reçu le plus de soutien de la part des électeurs s&rsquo;étant exprimés en dehors des votes blancs ou nuls. La dynamique du résultat de l&rsquo;élection ne saurait être basée sur des suppositions largement teintées d&rsquo;idéologisme et de dogmatisme sur ce qui aurait pu advenir si tous les votes blancs ou nuls avaient été exprimés sur tel ou tel candidat. Nos grands moralisateurs sont-ils à ce point devins ou clairvoyants pour savoir avec précision ce que ces électeurs qui n&rsquo;ont pas souhaité prendre position auraient choisi ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat s&rsquo;il revient à des fondamentaux raisonnables et raisonnés n&rsquo;est pourtant pas dénué d&rsquo;intérêt. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question au gouvernement concernant la prise en compte des votes blancs en est un exemple des plus intéressants : </p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://questions.assemblee-nationale.fr/q11/11-15739QE.htm">https://questions.assemblee-nationale.fr/q11/11-15739QE.htm</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Question posée : <em>« M. Jacques Desallangre attire l&rsquo;attention de M. le ministre de l&rsquo;intérieur sur la nécessité de considérer le vote blanc comme un vote exprimé et non plus comme un vote nul ou une abstention déguisée. Les dernières élections régionales ont en effet été marquées par un désintéressement pour la vie politique de notre pays. Beaucoup d&rsquo;électeurs déçus par les « affaires » politico-financières se réfugient dans une abstention croissante et persistante, sachant que seule l&rsquo;abstention est comptabilisée alors que le vote blanc est considéré comme un vote nul. Dans certains cas plus inquiétants, ce rejet de la vie politique profite aux partis extrêmes. Aussi, lui demande-t-il si des mesures concrètes afin de reconnaître le vote blanc en tant qu&rsquo;expression démocratique pourraient être prises rapidement. La reconnaissance du vote blanc permettrait indéniablement à certains électeurs de ne pas se réfugier dans l&rsquo;abstention ou de ne pas apporter leurs voix à des partis dangereux. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">On voit bien transparaître dans cette question l&rsquo;inquiétude du vote blanc bénéficiant aux partis extrêmes comme quoi, les idéologies ont la vie dure face aux éléments empiriques et logiques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Réponse (éléments partiels voir l&rsquo;article pour la réponse complète) : </p>



<p class="wp-block-paragraph">« Il convient tout d&rsquo;abord d&rsquo;établir nettement la signification qu&rsquo;on doit accorder aux bulletins blancs. La personne qui prend soin de confectionner elle-même, et à l&rsquo;avance (puisqu&rsquo;il n&rsquo;est pas mis à la disposition de l&rsquo;électeur dans la salle de vote), son bulletin blanc pour l&rsquo;insérer ensuite dans l&rsquo;enveloppe de scrutin manifeste le scrupule d&rsquo;accomplir exactement son devoir électoral en même temps que le souci de n&rsquo;avantager aucun des candidats ou aucune des listes en présence. Qu&rsquo;en serait-il de cette volonté de neutralité si les bulletins blancs étaient comptabilisés parmi les suffrages exprimés ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les bulletins blancs ne peuvent, par hypothèse, entraîner l&rsquo;attribution de sièges au profit d&rsquo;une liste qui n&rsquo;existe pas. Que ces bulletins soient comptabilisés ou non parmi les suffrages exprimés ne modifie en rien la répartition mathématique des sièges entre les listes en présence. La réforme suggérée n&rsquo;aurait pas d&rsquo;autre effet que de compliquer inutilement les opérations de dépouillement, puisqu&rsquo;il devrait être prévu une totalisation spéciale pour les bulletins « blancs », celle-ci n&rsquo;existant pas à l&rsquo;heure actuelle, puisque les bulletins « blancs » sont comptés avec les « nuls ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier élément cité revient à un appréciation logique de la situation, un vote blanc ou nul ne peut en aucun cas être attribué par omission à une quelconque liste, il est ce qu&rsquo;il est, un vote pour une liste qui n&rsquo;existe pas et dénote de la volonté des électeurs justement de ne pas apporter leur voix à aucune liste en présence tout en s&rsquo;acquittant de leur devoir et de leur droit électoral. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il est clair, et pour s&rsquo;en rendre compte il ne faut pas longtemps à observer les plateaux TV, que cette approche logique et pragmatique de ce fait n&rsquo;intéresse nullement les intervenants et les partis politiques, au contraire, elle va à l&rsquo;encontre de leur besoin d&rsquo;obliger les électeurs à voter pour eux cela va de soi, en dehors de toute considération sur le fait que le vote doit être un choix pour exprimer un soutien ou une adhésion à une personne ou un projet. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant dire que nous en sommes très loin&#8230; à des années lumières même. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les aspects légaux et factuels du vote blanc / nul semblent plutôt évidents, qu&rsquo;en est-il de leur aspect philosophique ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">La question peut se résumer ainsi : Ne pas choisir est-il un choix ?</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph">Choisir de ne pas choisir est-il un choix ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une simple recherche sur le sujet montrera très rapidement que le sujet est tout aussi clivant que mal abordé dans une majorité de cas. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La première chose que nous verrons sera ce raccourci rapide, beaucoup trop rapide que beaucoup font sur la base de ces citations que l&rsquo;on trouve à foison sur le net comme celle-ci : </p>



<p class="wp-block-paragraph">« Choisir c&rsquo;est renoncer » André Gide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Petite parenthèse sur ce genre de citation majoritairement décontextualisée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Car André Gide ne se résume pas à ce début de phrase. </p>



<p class="wp-block-paragraph">« Choisir, c&rsquo;est se priver du reste. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Choisir n&rsquo;est pas tant élire qu&rsquo;éliminer. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus intéressant ce texte de Denis de Rougement sur l&rsquo;oeuvre d&rsquo;André Gide : </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Gide a prôné surtout une qualité dont on a abondamment parlé aux environs de 1925 : c’est la sincérité. Une sincérité qui consiste à rejeter toutes les gênes, toutes les règles et principes généraux, tout ce qui détourne un homme de ce qu’il a d’unique, d’exceptionnel, d’incomparable, tout ce qui l’empêche de céder aux sollicitations de sa nature profonde et de la joie qui baigne les créatures. Or cette sincérité suppose que l’on rejette non seulement les principes rigides, mais aussi tous les partis-pris trop décidés. Car ils risqueraient de fausser ce que chacun porte en soi de plus valable, de plus unique. Et surtout, comme le dit souvent Gide, prendre un parti, c’est renoncer à tous les autres, c’est-à-dire s’appauvrir.</em>« </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://journals.openedition.org/edl/1830">https://journals.openedition.org/edl/1830</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vu sous cet angle la notion de non choix apparait comme une forme de choix et de liberté de s&rsquo;affranchir d&rsquo;une situation qui nous est imposée. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Choisir, c&rsquo;était renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste et la quantité nombreuse de ce reste demeurait préférable à n&rsquo;importe quelle unité. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant l&rsquo;argumentaire nous obligeant à choisir reste tenace et percutant comme avec cet article paru sur le site de Stéphanie Thévenet, psychologue qui se définie comme psy engagée et humaniste :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Cependant en ne posant aucun choix, on renonce à l’<strong>affirmation de Soi</strong> en refusant purement et simplement d’une part, de <strong>se questionner </strong>sur ce que l’on souhaite vraiment et d’autre part, de l’<strong>assumer, </strong>de le porter. « Tu préfères de la glace à la vanille ou à la fraise ? Peu importe, comme tu veux… ce qui reste&#8230; » On a bien une préférence, non? Poser un choix lorsque nous y sommes invités n’est pas de la <strong>revendication</strong>, il s’agit simplement d’exercer son <strong>droit d’exister</strong> et d’<strong>être considéré</strong> (comme le droit de vote en quelques sortes). L&rsquo;excès d&rsquo;obséquiosité qui consiste à laisser choisir l&rsquo;autre dans de telles circonstances peut trahir la <strong>crainte de déplaire</strong> en risquant de poser un choix qui pourrait <strong>décevoir</strong> ou ne pas arranger l’autre. Cette <strong>crainte de décevoir</strong> ou d&rsquo;un éventuel conflit renvoie à une tendance à la <strong>dépendance affective</strong>. « Etre absolument celui que l’autre attend que je sois » renvoie à la période où enfant, dépendant des parents, nous redoutions de perdre leur amour, et nous faisions donc en sorte de toujours leur plaire quitte à prendre sur soi « Tu as vu j’ai fait tout comme tu m’as dit… Tu as vu j’ai été sage&#8230; »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><a href="https://stephanie-thevenet.fr/actualites/le-non-choix.htm">https://stephanie-thevenet.fr/actualites/le-non-choix.htm</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en partant ce ces même arguments, choisir de ne pas choisir dans le cadre d&rsquo;un vote peut-il être considéré comme un refus de prendre ses responsabilité ou au contraire une affirmation de sa volonté de ne pas se plier à un choix que l&rsquo;on ne valide pas ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Ne pas choisir c&rsquo;est encore choisir » JP Sartre. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est pas dans l&rsquo;intérêt des intervenants de tout bord d&rsquo;admettre et surtout de donner ce droit aux électeurs que les gens ont parfaitement le droit de ne pas vouloir les choisir et de considérer que l&rsquo;offre politique qui leur est proposée / imposée ne correspond en rien à leurs aspirations, leurs valeurs et ce qu&rsquo;ils souhaitent pour leur pays. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens nous pouvons considérer que le non choix exprimé par le vote blanc nul est en réalité un choix responsable, fait en toute connaissance de cause par des électeurs qui ont décidé de se rendre aux urnes pour faire entendre leur refus de choisir dans l&rsquo;offre politique qui leur est donnée et incidemment imposée car il n&rsquo;y en a pas d&rsquo;autre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est parfaitement possible d&rsquo;ouvrir le débat initié par cet article bien au delà du seule fait électoral. Nous vivons dans une société où nous devons forcément prendre parti, nous positionner, nous engager. Refuser de prendre position est immédiatement vu comme une opposition à la cause présentée et nous classe donc de facto parmi les opposants, donc les mauvais cela va de soi. Ce droit pourtant fondamental donné à chaque homme d »avoir ses convictions et ses avis lui est désormais refusé, sacrifié sur l&rsquo;hôtel de la « bien penser » de la bonne morale de ce qu&rsquo;il faut non seulement penser, mais surtout dire, revendiquer et exprimer pour ne pas risque un procès en extrémisme, si possible de droite, et un jugement rapide et expéditif par le tribunal populaire de l&rsquo;opinion et des réseaux sociaux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous le voyons à chaque jour, artistes, sportifs, personnalités n&rsquo;ont pas le droit de refuser de prendre position pour les causes qui leur sont imposés. Car il ne s&rsquo;agit pas de pouvoir choisir les causes en fonction de leurs convictions profondes et de leurs valeurs, non, il faut prendre position pour les causes que la société bien pensante a décidé qu&rsquo;elles doivent être défendues, validées, jamais contredites. Nous pas être pour c&rsquo;est être forcément contre. Ne pas se sentir engagé ou même concerné est systématiquement classé comme un comportement indigne, condamnable et bien évidemment condamné. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, je n&rsquo;ai pas besoin de prendre position sur des questions de convictions religieuses, origines ethniques ou orientations sexuelles pour m&rsquo;indigner face à l&rsquo;agression gratuite d&rsquo;une personne. J&rsquo;exerce juste mon droit à refuser que l&rsquo;on agresse une personne sans avoir à me positionner sur une cause quelconque, aussi juste soit-elle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nom de la morale nous nous imposons des mécanismes de pensées et de comportement auxquels nous n&rsquo;adhérons pas par conviction mais par principe et par précaution. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème d&rsquo;une telle dérive est que ce qui ne se dit pas, ne se montre pas, se cache et sa maquille existe toujours et qu&rsquo;il existe toujours un endroit où cela peut s&rsquo;exprimer sans risque. L&rsquo;isoloir des urnes reste l&rsquo;un de ces endroits. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être y a-t-il ici une piste, parmi bien d&rsquo;autres, pour expliquer que malgré toutes ces manifestations de violences contre « la violence de l&rsquo;extrême droite », malgré tous ces discours de terreur et de haine colportés et répétés en boucle dans les médias, les extrêmes progressent inexorablement jusqu&rsquo;à la situation que nous connaissons aujourd&rsquo;hui. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu d&rsquo;invectiver, ostraciser, culpabiliser, militer contre un ennemi en appliquant exactement ce qu&rsquo;on lui reproche, ne serait-il pas plus sage et plus porteur pour l&rsquo;avenir de se poser les bonnes questions ? Ces questions qui consistent à se demander pourquoi ? Pourquoi les extrêmes sont-ils aujourd&rsquo;hui le seul choix dont nous disposons ? Et surtout pourquoi sont-ils si forts par la voix des urnes, totalement légalement, sans coup d&rsquo;état, sans propagande à outrance, juste par la voix des urnes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Car il est bien là le problème, il n&rsquo;y a rien d&rsquo;illégal aujourd&rsquo;hui à la présence des extrêmes avec un tel niveau de popularité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">N&rsquo;oublions jamais qu&rsquo;un certain Hitler est arrivé au pouvoir en toute légalité jusqu&rsquo;au poste de chancelier. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Avons si peu de mémoire ou d&rsquo;intelligence pour invoquer à tout va l&rsquo;histoire et ne pas être capable d&rsquo;en tirer le moindre enseignement ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;avenir seul nous le dira&#8230;..</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Voyage au bout de la nuit</title>
		<link>https://dark-rider.fr/wp1/voyage-au-bout-de-la-nuit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adm-m]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Apr 2024 10:19:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notes de lecture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dark-rider.fr/wp1/?p=40</guid>

					<description><![CDATA[Mes notes de lecture personnelles sur Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résumé</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="209" height="350" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/voyage-au-bout-de-la-nuit.webp" alt="" class="wp-image-41" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/voyage-au-bout-de-la-nuit.webp 209w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/voyage-au-bout-de-la-nuit-179x300.webp 179w" sizes="(max-width: 209px) 100vw, 209px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><em>Voyage au bout de la nuit</em>&nbsp;est le premier roman de Louis-Ferdinand Céline. Il est publié en 1932 en France. Il manque de peu de remporter le prix Goncourt mais glane le prix Renaudot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire est largement inspirée de l’expérience personnelle de Céline (de son vrai nom Destouches) lors de la Première Guerre mondiale qu’il a vécue. Il la dépeint à travers les yeux d’un narrateur s’exprimant à la première personne, Ferdinand Bardamu (il reprend donc un de ses prénoms), sous l’apparence d’un«&nbsp;abattoir international en folie&nbsp;», afin de mieux décrire son absurdité. Le récit présente également la seule manière que l’écrivain estime possible d’échapper à cette guerre&nbsp;: la lâcheté. Il rejette donc toute idée d’héroïsme et préfère représenter la guerre par la mise en évidence de la pourriture humaine, qu’il compare avec un gant qui serait retourné et donc dévoilé de l’intérieur au grand jour. Le narrateur parcourt aussi une partie du monde, allant de l’Afrique à l’Amérique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit à la première personne débute à Paris place Clichy en 1914. On y retrouve le héros(ou plutôt antihéros), Bardamu, jeune homme au caractère rebelle. Bardamu est charmé par la musique d’une parade militaire, et s’engage dans l’armée de son pays contre les Allemands.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il rejoint le front où il se rend compte de son erreur. Il y découvre l’horreur des combats de la Grande Guerre, ainsi que l’humiliation hiérarchique dans des batailles absurdes où se multiplient les morts, ne comprenant pas les raisons qu’il aurait de tirer sur l’ennemi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ses compagnons d’infortune, Bardamu rencontre Robinson avec qui il projette de déserter, projet qui tombe à l’eau. Rapidement blessé, il prend mieux conscience de la mort, et il est envoyé dans un premier hôpital puis transféré dans un autre à Paris. Là, entouré de civils et de personnel soignant, il se rend compte que tout le monde participe à cette «&nbsp;sale guerre&nbsp;», ce qui renforce le caractère absurde de cette boucherie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa seule envie est de fuir&nbsp;; il prend conscience qu’il est lâche, mais que seule la lâcheté peut lui permettre de s’en tirer face au non-sens de la guerre. Inapte à retourner au front, il est réformé et décoré d’une médaille militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il rencontre des femmes, comme Lola, une infirmière américaine, ou Musyne. Puis Bardamu décide de partir pour les colonies en tant que gérant de comptoir commercial à Fort Gono, à bord de l’Amiral Bragueton. Après celle de la guerre, il est confronté à l’horreur de l’exploitation coloniale et à la brutalité des colons blancs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à Bicobimbo où il s’installe qu’il recroise son compagnon Robinson. Quelque temps après Bardamu tombe malade, il est atteint de folie. Il quitte donc l’Afrique«&nbsp;à demi-mort&nbsp;» pour les États-Unis à bord d’une galère espagnole. Arrivé à Ellis Island où est effectué le contrôle sanitaire des migrants, il n’est pas déclaré «&nbsp;sain&nbsp;» et se retrouve en quarantaine, puis déjoue ce contrôle en se faisant passer pour un agent compte-puces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bardamu erre quelque temps dans New York, pauvre et malade, où il retrouve Lola à qui il prend un peu d’argent, avant de partir pour Détroit, ville industrielle de l’automobile, où il espère travailler chez Ford. Il est embauché mais le travail à la chaîne est infernal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à Détroit qu’il rencontre Molly, jeune prostituée qui tombe amoureuse de lui. Se rendant compte de la difficulté du travail à l’usine, elle lui fait quitter Ford et l’héberge chez elle. Bardamu n’y reste pas longtemps et reprend la route pour découvrir le pays. Puis relativement déçu il rentre à Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De retour en France il étudie la médecine et s’installe comme médecin à Rancy, une banlieue sale et pauvre. Il continue à vivre chichement. Mais pire est l’état de ses patients&nbsp;: entre leur misère matérielle, la mesquinerie de certains ou encore la cupidité, il prend conscience de la misère humaine qui est réelle, autant en France, en Afrique, qu’aux États-Unis. Bardamu vit très mal la mort de Bébert, un petit garçon atteint de la typhoïde, pour qui il avait de l’affection et qu’il avait tenté de sauver en vain, échec qui montre les limites du progrès de la médecine dans laquelle il fondait tant d’espoirs. C’est sa vision de l’homme qui en est affectée, mais aussi sa vision de lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis il est confronté à une histoire plus sombre encore. Robinson est de retour, et ce dernier, contre de l’argent, a accepté d’assassiner une vieille dame. Les époux Henrouille, que Bardamu connaît bien, pour hériter de la mère de l’un d’eux, décide de la faire tuer. Robinson accepte la mission et prévoit de tuer la vieille dame en faisant exploser une petite bombe. Mais il se blesse au visage et perd la vue. Les Henrouille font appel à Bardamu pour faire soigner son ami Robinson, mais aussi la vieille dame, qui doit retourner à Toulouse. Robinson l’y accompagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bardamu quitte la banlieue pour travailler avec une troupe de music-hall où il est figurant. Ses aventures le mènent dans le sud de la France, jusqu’à Toulouse. Dans l’entourage de la troupe, Bardamu rencontre des prostituées puis retrouve son ami Robinson, toujours souffrant des yeux, avec qui il va vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Robinson se fiance avec Madelon alors que Bardamu devient son amant. Robinson finit par achever sa mission et tue la vieille Henrouille en la poussant dans les escaliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le narrateur retourne à Paris où il redevient médecin dans un hôpital psychiatrique et se lie d’amitié avec Baryton, directeur de l’établissement. Mais Baryton va mal et sombre peu à peu dans la folie. Il annonce à Bardamu sa décision de parcourir le monde dans l’espoir d’aller mieux et laisse la responsabilité de gérer son hôpital au narrateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tel un leitmotiv dans la vie de Bardamu, Robinson reparaît, enfin guéri des yeux&nbsp;; il ne souffre plus. Alors que Madelon et lui sont fiancés, il avoue à Bardamu qu’il ne l’aime plus, et qu’il cherche à la fuir, car elle le poursuit de sa passion amoureuse. Bardamu cache Robinson lorsqu’elle arrive. Bardamu pour sa part a retrouvé une maîtresse, Sophie, une infirmière de la clinique. Il refuse ainsi les avances de Madelon, son ancienne maîtresse, et essaie de la réconcilier avec Robinson. Pour ce faire, il organise une sortie à la fête des Batignolles tous ensemble, ce que Robinson refuse catégoriquement, exprimant toute la haine qu’il éprouve pour celle qu’il a aimée par le passé. Alors que Robinson vient avec eux finalement, Madelon lui tire dessus par trois fois au pistolet dans un taxi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la mort de son ami, Bardamu sombre dans la peine, et finit au bord d’un canal. La dernière image retranscrite par le narrateur est celle d’un bateau qui siffle au loin. Bardamu l’implore de manière imagée de tout emmener, maintenant qu’il ne lui reste plus grand chose : «&nbsp;tout , qu’on n’en parle plus&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louis-Ferdinand Céline</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chronologie&nbsp;: Vie &amp;<br>Regards sur l’œuvre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1894&nbsp;</strong>: Louis Ferdinand Destouches dit Louis-Ferdinand Céline&nbsp;<strong>naît</strong>&nbsp;à Courbevoie, dans la banlieue<br>parisienne. Son père est un homme lettré, dessinateur satirique amateur, employé<br>dans une maison d’assurances, dont le propre père avait été agrégé de lettres. De<br>1899 à 1907, l’enfant grandit&nbsp;<strong>passage<br>Choiseul</strong>&nbsp;à Paris, où sa mère tient un magasin de dentelles.&nbsp;<strong>Élève médiocre&nbsp;</strong>que ses parents<br>destinent au commerce, il fait des séjours linguistiques en Allemagne et en<br>Angleterre. Il est placé en&nbsp;<strong>apprentissage</strong><br>dans le commerce des tissus puis la joaillerie. En&nbsp;<strong>1912</strong>, par devancement d’appel, il&nbsp;<strong>s’engage</strong>&nbsp;dans un&nbsp;<strong>régiment de<br>cuirassiers</strong>. En octobre&nbsp;<strong>1914</strong>, alors<br><strong>maréchal des logis</strong>, il fait partie<br>des premiers&nbsp;<strong>blessés</strong>&nbsp;au combat –<br>blessé au bras droit il prétendra que c’était à la tête et qu’il a été trépané.<br>Il est déclaré&nbsp;<strong>invalide</strong>&nbsp;à 75&nbsp;%,<br>pose en héros dans&nbsp;<em>L’Illustré national</em>&nbsp;et<br>reçoit la médaille militaire et la croix de guerre. Démobilisé, il est affecté<br>au&nbsp;<strong>consulat français</strong>&nbsp;de&nbsp;<strong>Londres</strong>&nbsp;où il fréquente des milieux<br>interlopes. En&nbsp;<strong>1916</strong>, engagé par une<br>société commerciale, il devient&nbsp;<strong>surveillant<br>de plantation</strong>&nbsp;au&nbsp;<strong>Cameroun</strong>&nbsp;pour<br>près d’un an. De retour en France il vit d’expédients avant de passer son&nbsp;<strong>baccalauréat</strong>&nbsp;et d’entamer à&nbsp;<strong>Rennes</strong>&nbsp;des&nbsp;<strong>études de médecine</strong>&nbsp;en&nbsp;<strong>1919</strong>.<br>Il écrit alors des poèmes, une farce.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1924&nbsp;</strong>: Ayant bénéficié de programmes allégés réservés aux anciens<br>combattants, Destouches termine ses études de médecine avec une&nbsp;<strong>thèse</strong>&nbsp;intitulée&nbsp;<strong><em>La Vie et l’Œuvre de Philippe<br>Ignace Semmelweis</em></strong>, qui paraîtra sous le titre&nbsp;<em>Semmelweis</em>&nbsp;en 1936. Il y raconte le destin tragique d’un&nbsp;<strong>médecin hongrois</strong>&nbsp;(1818-1865) qui,<br>anticipant Pasteur, avait préconisé le&nbsp;<strong>lavage<br>des mains</strong>&nbsp;au chlorure de chaux dans une&nbsp;<strong>maternité</strong>&nbsp;où il avait observé que le taux de fièvre puerpérale<br>augmentait en fonction de la présence d’étudiants, et que la maladie semblait<br>suivre leurs pas entre les salles de dissection et d’accouchement. Il rencontra<br>cependant l’hostilité du monde médical, fut révoqué deux fois, et même quand il<br>put ouvrir sa propre clinique on l’empêcha de prouver ses thèses, si bien que,<br>de caractère déjà irascible, il devint&nbsp;<strong>fou</strong><br>et mourut d’une blessure qu’il s’infligea. L’auteur livre ici un récit<br>captivant, d’un style toutefois encore assez classique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’issue de ses études, Destouches devient&nbsp;<strong>médecin hygiéniste</strong>&nbsp;pour la&nbsp;<strong>Société des Nations</strong>&nbsp;à&nbsp;<strong>Genève</strong>. Dans ce cadre il multiplie les&nbsp;<strong>missions à l’étranger&nbsp;</strong>: États-Unis<br>– où la visite des usines Ford le marque –, Cuba, Canada, Europe, Afrique. En 1927,<br>tout en restant affilié à la SDN, il ouvre un&nbsp;<strong>cabinet</strong>&nbsp;à&nbsp;<strong>Clichy</strong>, assure<br>des&nbsp;<strong>vacations</strong>&nbsp;au&nbsp;<strong>dispensaire municipal</strong>&nbsp;et se montre<br>constamment préoccupé de&nbsp;<strong>médecine<br>sociale</strong>. Il multiplie les activités en lien avec la médecine pour compléter<br>ses revenus. Il aurait commencé à écrire le&nbsp;<em>Voyage<br></em>en 1929.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1932&nbsp;</strong>: Celui qui n’est encore qu’un médecin de banlieue de trente-huit ans&nbsp;<strong>abasourdit</strong>&nbsp;la&nbsp;<strong>critique</strong>&nbsp;quand paraît, chez le jeune éditeur&nbsp;<strong>Denoël</strong>,&nbsp;<strong><em>Voyage au bout de la nuit</em></strong>&nbsp;sous le&nbsp;<strong>pseudonyme</strong>&nbsp;de&nbsp;<strong>Céline</strong>,<br>emprunté à sa grand-mère. Ce roman autobiographique raconte les tribulations à<br>travers le monde d’un certain&nbsp;<strong>Ferdinand<br>Bardamu</strong>, héros à la fois&nbsp;<strong>cynique</strong><br>et&nbsp;<strong>pitoyable&nbsp;</strong>: il connaît<br>d’abord l’horreur de la&nbsp;<strong>Grande Guerre</strong>,<br>puis il passe en Afrique où il est témoin des méfaits du&nbsp;<strong>colonialisme</strong>&nbsp;sur une population quasiment réduite en esclavage. À&nbsp;<strong>New York</strong>&nbsp;il vit au plus près les<br>conditions de vie des émigrants, avant de se faire le témoin des procédés de<br>travail à la chaîne chez Ford. Revenu en France, où il s’installe comme médecin<br>dans une commune miséreuse, il reçoit une patientèle rongée par la<br>malnutrition, l’alcoolisme, souffrant de fièvres chroniques et se livrant à des<br>avortements clandestins. Il se fait ensuite embaucher par un hôpital<br>psychiatrique. Plutôt que de former une histoire continue, le récit s’égrène en<br><strong>épisodes narratifs</strong>&nbsp;et l’œuvre se<br>distingue par un&nbsp;<strong>style innovant</strong>,<br>l’écrivain faisant entrer en littérature, dans des proportions jamais vues, la&nbsp;<strong>langue populaire</strong>, orale, de nombreux<br>gros mots, un&nbsp;<strong>argot</strong>&nbsp;que l’écrivain a<br>en partie appris avec son ami le peintre Gen Paul. La&nbsp;<strong>syntaxe</strong>&nbsp;apparaît&nbsp;<strong>désarticulée</strong>,<br>et les&nbsp;<strong>évocations sexuelles</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>scatologiques</strong>&nbsp;sont légion. Le héros,<br>tout en se faisant le porte-parole des humbles, les ridiculisent. Mais il ne<br>fut presque pas question de son style à la sortie de l’ouvrage, et la<br>communauté littéraire de tous bords trouva des raisons diverses de<br>l’apprécier&nbsp;: à&nbsp;<strong>gauche</strong>&nbsp;(Nizan, Trotski,<br>Aragon) on louait la&nbsp;<strong>critique sociale</strong>,<br>la mise en lumière de l’exploitation de l’homme – et un hommage à Zola rendu<br>par Céline en 1933 contribuera à se leurrer sur ses orientations –, et à&nbsp;<strong>droite</strong>&nbsp;(Daudet, Bernanos), on croit<br>lire une&nbsp;<strong>épopée humaniste</strong>&nbsp;en raison<br>du retour constant dans l’œuvre d’images de misère et de mort. Cette œuvre<br>scandaleuse, météoritique dans le ciel de l’édition française, fut donnée<br>favorite pour le prix Goncourt dont les jurés restèrent pusillanimes malgré les<br>efforts de Léon Daudet&nbsp;; le&nbsp;<strong>prix<br>Renaudot</strong>&nbsp;apparut alors comme un lot de consolation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1933&nbsp;</strong>: Céline avait écrit la&nbsp;<strong>comédie satirique</strong><br>en cinq actes&nbsp;<strong><em>L’Église</em></strong>&nbsp;en 1926, avant le&nbsp;<em>Voyage</em><br>donc, qu’elle annonce par son contenu. En effet il y est déjà question d’un&nbsp;<strong>docteur Bardamu</strong>, lequel passe de<br>l’Afrique aux États-Unis, puis au siège de la Société des Nations à Genève et<br>enfin dans une clinique de la banlieue parisienne. Le héros se trouve<br>constamment confronté à un&nbsp;<strong>cynisme<br>général</strong>&nbsp;et exprime une&nbsp;<strong>tendresse</strong><br>pour les enfants et les gens simples. Le style de Céline n’y est pas encore<br>tout déployé, il est encore mêlé de langue classique, mais on trouve déjà des&nbsp;<strong>monologues</strong>&nbsp;typiquement céliniens. La<br>pièce sera représentée à&nbsp;<strong>Lyon</strong>&nbsp;en&nbsp;<strong>1936</strong>&nbsp;mais Céline, qui finira par<br>reconnaître qu’il n’était pas un homme de théâtre, ne renouvellera pas<br>l’expérience.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1936&nbsp;</strong>:&nbsp;<strong><em>Mort à crédit</em></strong>&nbsp;apparaît comme un&nbsp;<strong>antiroman d’éducation&nbsp;</strong>; l’auteur y revient en effet, toujours<br>sur le mode de l’<strong>autobiographie romancée</strong>,<br>même caricaturée, fabulante, sur ses années de jeunesse&nbsp;dont il fait une&nbsp;<strong>chronique noire</strong>. Il romance notamment<br>ses années passées&nbsp;<strong>passage Choiseul</strong><br>– qu’il appelle le «&nbsp;passage des Bérésinas&nbsp;» –, galerie couverte où<br>un Paris populaire de petits commerçants et artisans respire un air chargé de<br>gaz d’éclairage. Quittant l’école le tout jeune Bardamu se retrouve en&nbsp;<strong>apprentissage</strong>&nbsp;comme manutentionnaire,<br>puis représentant d’un joailler. Il fait ensuite un&nbsp;<strong>séjour linguistique</strong>&nbsp;en Grande-Bretagne avant de se faire bannir de<br>sa famille et de rencontrer un&nbsp;<strong>scientifique</strong><br>éditeur de revue – inspiré d’Henry de Graffigny qu’avait connu Céline en<br>1917-1918 –,&nbsp;<strong>escroc</strong>&nbsp;qu’il suit dans<br>ses aventures à la campagne, où les deux hommes transforment les enfants qu’on<br>leur confie en sauvageons. Après le suicide de son «&nbsp;mentor&nbsp;», le<br>jeune Bardamu s’engage dans l’armée, et le lecteur se retrouve au début du&nbsp;<em>Voyage</em>. Toutes les expériences que fait<br>l’adolescent sont d’un&nbsp;<strong>sordide</strong><br>consommé&nbsp;; il se trouve exploité, volé, et même violé. Le récit&nbsp;<strong>extrêmement cru</strong>, au&nbsp;<strong>naturalisme outrancier</strong>, qui ne<br>délivrait plus aucun message, qui montrait du mépris même pour tous les idéaux<br>et ne proposait plus qu’une&nbsp;<strong>révolution<br>langagière</strong>, choqua beaucoup. La&nbsp;<strong>syntaxe<br>célinienne se délite</strong>&nbsp;ici en effet un peu plus, l’histoire se déployant au<br>gré de&nbsp;<strong>petites unités de sens</strong>&nbsp;que<br>séparent des&nbsp;<strong>points de suspension</strong>&nbsp;de<br>plus en plus fréquents. Ce phénomène s’accentuera encore avec&nbsp;<em>Guignol’s Band</em>.Le&nbsp;<strong>lecteur</strong>&nbsp;se voit sans<br>cesse&nbsp;<strong>interpelé</strong>&nbsp;par<br>l’auteur-narrateur qui cherche à l’<strong>impliquer<br></strong>dans ses&nbsp;<strong>réactions affectives</strong>&nbsp;en<br>restituant, au gré d’une&nbsp;<strong>énonciation pulsionnelle</strong>,<br>les émotions dans une langue qui les miment au plus près. Céline propose ainsi<br>un&nbsp;<strong>nouvel art romanesque&nbsp;</strong>; le<br>roman pour lui n’a plus vocation à émettre des idées ni même à raconter des<br>histoires. Et&nbsp;<em>Mort à crédit&nbsp;</em>apparaît comme<br>un&nbsp;<strong>chef-d’œuvre comique</strong>, poussant la<br><strong>dérision</strong>&nbsp;et la&nbsp;<strong>désillusion</strong>&nbsp;à leur comble, en présentant un monde de l’enfance qui<br>n’a rien d’enchanté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La critique qui avait apprécié ce qui<br>ressemblait à des dénonciations dans le&nbsp;<em>Voyage</em><br>découvre ici avec surprise un&nbsp;<strong>stylicien<br>sans idéologie</strong>, signe d’un malentendu qui a perduré. C’est encore le&nbsp;<em>Voyage</em>&nbsp;qui est l’œuvre la plus lue, la<br>plus appréciée de Céline, alors que l’auteur lui-même la prisait peu, jugeant<br>même son style vieillot et timide. L’écrivain sera blessé par l’accueil froid<br>réservé à ce deuxième roman et se consacrera pour un temps à des pamphlets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toujours en&nbsp;<strong>1936</strong>,<br>la même année que&nbsp;<em>Retour de l’U.R.S.S.&nbsp;</em>d’André<br>Gide, après son séjour en URSS où il est parti dépenser les droits d’auteur de<br>la traduction russe du&nbsp;<em>Voyage</em>, Céline<br>publie un&nbsp;<strong>premier pamphlet</strong>, très<br>court,&nbsp;<strong><em>Mea Culpa</em></strong>, au propos&nbsp;<strong>anticapitaliste</strong>,<br>antibourgeois et&nbsp;<strong>anticommuniste</strong>.<br>L’auteur développe une image noire, pessimiste de la nature humaine et de son<br>avenir, auquel les égoïsmes de chacun nuiront invariablement selon lui. S’y<br>fait jour l’idée que le&nbsp;<strong>communisme</strong><br>aurait été engendré par un&nbsp;<strong>complot juif</strong><br>de grande ampleur, selon une ancienne idée de droite. Ses propos contre les<br>peuples «&nbsp;négrifiés&nbsp;» situés «&nbsp;au-dessous de la Loire&nbsp;»<br>sont d’une extrême violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1937&nbsp;</strong>: Pour certains, le pamphlet&nbsp;<strong><em>Bagatelles pour un massacre</em></strong>&nbsp;est une<br>tache suffisamment noire dans l’œuvre de Céline pour rayer son nom de la liste<br>des grands auteurs du XX<sup>e</sup>&nbsp;siècle. L’auteur, passionné de&nbsp;<strong>musique</strong>&nbsp;et de&nbsp;<strong>danse</strong>, avait écrit l’<strong>argument<br>d’un ballet</strong>, et ses essais infructueux pour le faire mettre en musique et<br>monter le font imaginer que les Juifs sont responsables de son échec. De là –<br>et de bien ailleurs sans doute – un flot impétueux d’insultes et de théories<br>présentant les&nbsp;<strong>Juifs</strong>&nbsp;comme des<br>croisés de nègres et de Mongols, des «&nbsp;Judéo-Mongols&nbsp;», des «&nbsp;<strong>sous-hommes</strong>&nbsp;» qui colonisent la<br>France et imposent leurs lois aux Français qui leur sont pourtant bien<br>supérieurs. Il en a également après la&nbsp;<strong>Russie<br>communiste</strong>&nbsp;– où l’on n’a pas voulu de son ballet –, et il se livre à<br>certaines digressions, notamment quand il parle, plus heureusement, des<br>conférences internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1938&nbsp;</strong>: Céline poursuit le «&nbsp;massacre&nbsp;» avec un autre pamphlet,&nbsp;<strong><em>L’École<br>des cadavres</em></strong>, continuant d’invectiver les Juifs, les&nbsp;<strong>Français enjuivées</strong>, les Russes communistes,<br>mais encore les&nbsp;<strong>francs-maçons</strong>, les<br>cocus… avec une outrance telle que des antisémites et des fascistes que les&nbsp;<em>Bagatelles</em>&nbsp;avaient peu dérangés en<br>ressentir une gêne. Il considère les tentatives d’union des&nbsp;<strong>Israélites</strong>, dans un contexte de<br>persécutions, comme une preuve de leur&nbsp;<strong>volonté<br>d’impérialisme</strong>, et son&nbsp;<strong>goût pour les<br>Allemands</strong>&nbsp;le pousse à regretter le démembrement de l’Empire de Charlemagne<br>et que la France ne soit plus unie à sa voisine. Une de ses thèses est que les<br>financiers juifs new-yorkais préparent une nouvelle guerre mondiale pour<br>s’enrichir sur le dos d’une Europe ruinée à reconstruire. Cette œuvre vaudra à<br>Céline et à Denoël une&nbsp;<strong>condamnation pour<br>diffamation</strong>&nbsp;en&nbsp;<strong>1939</strong>. Céline<br>publiera un troisième et dernier pamphlet antisémite en 1941,&nbsp;<strong><em>Les<br>Beaux Draps</em></strong>, qui se fait l’écho de la&nbsp;<strong>débâcle</strong>&nbsp;et où s’exprime toujours sa sympathie pour les Allemands,<br>qui sont alors des occupants, ainsi que son mépris de la démocratie parlementaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la Première Guerre mondiale, Céline est<br>médecin à bord d’un paquebot, puis en 1940 médecin-chef du dispensaire de<br>Sartrouville, et enfin attaché au dispensaire de Bezons (Val-d’Oise) jusqu’en<br>1944. Il s’est installé à&nbsp;<strong>Montmartre</strong><br>en&nbsp;<strong>1941</strong>. S’il ne collabore pas<br>directement avec les nazis, il envoie des&nbsp;<strong>articles</strong><br>violemment&nbsp;<strong>antisémites</strong>&nbsp;à des&nbsp;<strong>journaux collaborationnistes</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1944&nbsp;</strong>: Avec&nbsp;<strong><em>Guignol’s Band</em></strong>, puis&nbsp;<strong><em>Le Pont de Londres</em></strong>&nbsp;(ou&nbsp;<strong><em>Guinol’s<br>Band II</em></strong>) écrit tout de suite après mais qui ne paraîtra qu’en 1964, le<br>héros de Céline, Ferdinand, conduit le lecteur à&nbsp;<strong>Londres</strong>&nbsp;pendant la&nbsp;<strong>Première<br>Guerre mondiale</strong>. Il s’agit d’une&nbsp;<strong>pongée<br>hallucinée</strong>&nbsp;dans le milieu de la&nbsp;<strong>prostitution</strong><br>via Cascade, l’oncle d’un ami du héros, et des&nbsp;<strong>petits trafics</strong>, au gré de rencontres de&nbsp;<strong>personnages fantasques&nbsp;</strong>: l’acolyte de Ferdinand, Boro, un<br>chimiste fasciné par les engins explosifs&nbsp;; un prêteur sur gages obsédé de<br>musique&nbsp;s’habillant à l’orientale&nbsp;; un général envisageant de se<br>lancer dans la production de masques à gaz, etc. Bardamu tombe également follement<br>amoureux d’une adolescente. Le tout semble procéder, souvent, d’un&nbsp;<strong>délire</strong>&nbsp;alimenté par la&nbsp;<strong>drogue</strong>&nbsp;et l’<strong>alcool</strong>. Le style de Céline s’affute encore, entre&nbsp;<strong>exagération</strong>,&nbsp;<strong>burlesque</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>amertume</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la mi-<strong>juin<br>1944</strong>, devant la défaite imminente de l’Allemagne et avec l’intention de<br>rejoindre le Danemark, pays neutre où il a fait virer de l’argent, Céline part<br>avec sa femme – Lucie Almanzor dite Lucette, épousée en troisième noce l’année<br>précédente – pour&nbsp;<strong>Baden-Baden</strong>&nbsp;avant<br>d’arriver en octobre à&nbsp;<strong>Sigmaringen</strong>,<br>où se retrouvent le gouvernement français en fuite et nombre de collaborateurs&nbsp;;<br>ils y restent cinq mois. Il rejoint&nbsp;<strong>Copenhague</strong><br>en&nbsp;<strong>1945</strong>&nbsp;et suite à une demande<br>d’extradition de la France il se retrouve incarcéré quatorze mois durant.<br>Libéré en 1947, du Danemark, il entreprend des démarches pour se trouver un&nbsp;<strong>nouvel éditeur</strong>, via Jean Paulhan et<br>Pierre Monnier, jeune admirateur de son œuvre. Il se démène aussi pour être<br>innocenté des accusations de trahison qui pèsent sur lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1949&nbsp;</strong>:&nbsp;<strong><em>Casse-pipe</em></strong>, texte inachevé qui devait offrir une suite à&nbsp;<em>Mort à Crédit</em>, paraît grâce à la maison<br>d’édition créée par Pierre Monnier exprès pour publier Céline. On retrouve<br>ainsi Ferdinand qui, comme il l’annonçait à la fin du roman, s’est engagé, et l’auteur<br>s’attache ici à&nbsp;<strong>caricaturer</strong>&nbsp;la&nbsp;<strong>vie militaire&nbsp;</strong>en reconstituant la&nbsp;<strong>première nuit</strong>&nbsp;d’une&nbsp;<strong>jeune recrue</strong>&nbsp;à la&nbsp;<strong>caserne</strong>, en décrivant les marches lugubres au pas cadencé, la&nbsp;<strong>bêtise</strong>&nbsp;de&nbsp;<strong>sous-officiers</strong>&nbsp;soûlards, multipliant les&nbsp;<strong>longs monologues rageurs</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En&nbsp;<strong>1950</strong>,<br>l’écrivain est&nbsp;<strong>condamné</strong>&nbsp;par la cour<br>de justice de la Seine pour «&nbsp;actes de nature à nuire à la défense<br>nationale&nbsp;»&nbsp;et déclaré en&nbsp;<strong>état<br>d’indignité nationale</strong>. Il est&nbsp;<strong>amnistié</strong><br>par le tribunal militaire en&nbsp;<strong>1951</strong>,<br>en raison de son statut d’ancien combattant, et revient en France très marqué<br>physiquement par les épreuves endurées. Il acquiert un pavillon à Meudon où il continue<br>de pratiquer la médecine. Il y vivra jusqu’à sa mort avec son épouse, entouré<br>de nombreux chiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1952&nbsp;</strong>:&nbsp;<strong><em>Féerie pour une autre fois</em></strong>&nbsp;raconte le séjour dans les geôles<br>danoises qu’a fait Céline entre 1945 et 1947. Ici Bardamu se fond dans<br>l’auteur, devenu lui-même plus explicitement personnage. Se sentant délaissé,<br>meurtri, trahi même, Céline fait alterner son texte entre&nbsp;<strong>rêveries</strong>,&nbsp;<strong>délires</strong>,&nbsp;<strong>fantômes</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>hantises</strong>. Il parle de ses conditions de détention, des quelques<br>mois avant son départ de Paris, alors qu’il pratiquait encore la médecine à son<br>appartement de la butte Montmartre, de la jalousie des autres écrivains à son<br>égard. Le roman, première œuvre de Céline à paraître chez&nbsp;<strong>Gallimard</strong>, où lui a été fait un pont d’or, sera un&nbsp;<strong>échec critique&nbsp;</strong>et<strong>&nbsp;public</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1954&nbsp;</strong>: Le deuxième tome de&nbsp;<strong><em>Féerie pour une autre fois</em></strong>, intitulé<br><strong><em>Normance</em></strong><br>sur la pression de son éditeur, décrit d’une manière très vivante, hallucinée,<br>un&nbsp;<strong>bombardement</strong>&nbsp;qu’a vécu Céline<br>dans son&nbsp;<strong>immeuble montmartrois</strong>, rue<br>Girardon. Il se compare dans l’œuvre à Pline l’Ancien rendant compte de l’éruption<br>du Vésuve. Au début du roman, il subit une chute, et tout le reste du texte est<br>marqué par son&nbsp;<strong>délire</strong>, souvent&nbsp;<strong>paranoïaque</strong>, car il pense que les gens<br>autour de lui veulent l’agresser. Sont présents sa femme Lili, son chat Bébert,<br>un fort de la halle appelé Normance, ainsi que le cul-de-jatte Jules, réfugié<br>au sommet du Moulin de la Galette, qui paraît à Céline orchestrer le<br>bombardement des forces alliées et que l’écrivain insulte copieusement. De<br>nombreuses&nbsp;<strong>redites</strong>&nbsp;marquent le<br>roman, mimant la&nbsp;<strong>répétition des bombes</strong><br>que Céline présente aussi bêtes que les hommes. À nouveau l’œuvre paraît dans<br>l’<strong>indifférence générale</strong>. L’œuvre de<br>Céline,&nbsp;<strong>sans thèses</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>sans idées</strong>, fondée sur l’élaboration<br>d’une «&nbsp;<strong>petite musique&nbsp;</strong>»,<br>apparaît à contre-courant alors que la littérature engagée et l’existentialisme<br>font la une de l’actualité littéraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même année paraissent dans&nbsp;<em>La Nouvelle Revue française</em>&nbsp;(en volume<br>l’année suivante) les&nbsp;<strong><em>Entretiens avec le professeur Y</em></strong>. Il<br>s’agit d’une&nbsp;<strong>interview fictive</strong>&nbsp;entre<br>l’écrivain Céline et le «&nbsp;professeur Y&nbsp;», censé mener l’entretien mais<br>qui, caricature d’un agrégé de lettres, particulièrement anxieux, est constamment<br>moqué par Céline. Plus loin dans l’interview il s’avèrera franchement paranoïaque&nbsp;:<br>il serait en réalité le «&nbsp;Colonel Réséda&nbsp;» et sujet de persécutions. Convaincu<br>par son entourage, Céline déclare avoir décidé de se vendre le temps d’une<br>interview – et réellement, l’ouvrage fait partie d’une&nbsp;<strong>stratégie publicitaire</strong>, d’une entreprise d’<strong>explication de son œuvre&nbsp;</strong>et de&nbsp;<strong>réhabilitation<br></strong>–, pour susciter un&nbsp;<strong>engouement</strong>&nbsp;<strong>nouveau</strong>&nbsp;autour de sa personne&nbsp;; et<br>Céline de&nbsp;<strong>vanter son génie</strong>, dont il<br>s’est rendu compte un jour qu’il était dans le métro dit-il, son&nbsp;<strong>invention de «&nbsp;l’émotion</strong>,<br>prétend-il, dans le langage écrit&nbsp;»&nbsp;; et de critiquer l’avide Gaston<br>Gallimard, les&nbsp;<strong>gens de l’édition</strong>,&nbsp;<em>La Nouvelle Revue française</em>,ses&nbsp;<strong>concurrents</strong>&nbsp;– des conformistes, des&nbsp;<strong>jaloux</strong>&nbsp;–&nbsp;; et de se présenter en&nbsp;<strong>artiste persécuté</strong>,&nbsp;<strong>incompris</strong><br>de son vivant, et dont les générations suivantes se serviront comme modèle. Il<br>déplore de manière générale le sort réservé à la littérature, aux artistes méconnus<br>de leurs contemporains ne pouvant vivre de leur plume. Il invite en outre les<br>écrivains à se laisser influencer par le&nbsp;<strong>cinéma</strong>,<br>et parle de l’usage de l’<strong>argot&nbsp;</strong>ou<br>encore de l’amour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1957&nbsp;</strong>: Céline entame ce qu’on appelle sa «&nbsp;<strong>trilogie allemande&nbsp;</strong>», qui suscite à nouveau l’intérêt du<br>public et des critiques, avec&nbsp;<strong><em>D’un château l’autre</em></strong>. Il est<br>interviewé à la radio et passe même à la télévision. Dans ce premier volume, après<br>avoir, comme de coutume,&nbsp;<strong>fustigé</strong>&nbsp;les<br><strong>éditeurs</strong>&nbsp;avides – qui le forcent à<br>écrire, et auxquels il obéit puisque sa patientèle, pauvre, ingrate, ne suffit<br>pas à le faire vivre –, l’<strong>intelligentsia<br></strong>– Sartre (lequel a fait, en 1948, l’objet du court pamphlet&nbsp;<em>À l’agité du bocal</em>), Aragon, Malraux,<br>Maurois ou Morand en prennent pour leur grade –, Céline raconte sa&nbsp;<strong>fuite de Paris</strong>&nbsp;lors de la Libération,<br>puis ses séjours «&nbsp;d’un château l’autre&nbsp;», c’est-à-dire à&nbsp;<strong>Sigmaringen</strong>&nbsp;puis dans une&nbsp;<strong>forteresse-prison</strong>&nbsp;danoise. À<br>Sigmaringen, il est accompagné par toute une foule de Français représentative<br>de la France collaboratrice, et Céline de livrer des&nbsp;<strong>portraits féroces</strong>&nbsp;de&nbsp;<strong>personnages<br>historiques</strong>&nbsp;– Pétain et Laval au premier chef –, de décrire leur&nbsp;<strong>grotesque</strong>, leur&nbsp;<strong>mesquinerie</strong>, leur&nbsp;<strong>vanité</strong>,<br>le&nbsp;<strong>pitoyable</strong>&nbsp;de leur situation et l’<strong>insalubrité&nbsp;</strong>régnante en ces lieux, si<br>bien que la coutumière outrance célinienne verse dans un&nbsp;<strong>burlesque</strong>&nbsp;de&nbsp;<strong>farce</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1959&nbsp;</strong>: Intrus dans l’œuvre de Céline, mais peut-être révélateur de l’être<br>profond de l’écrivain, les&nbsp;<strong><em>Ballets sans musique, sans personne, sans<br>rien</em></strong>&nbsp;apparaissent comme un ouvrage&nbsp;<strong>guilleret</strong><br>grâce auquel on peut imaginer à quoi auraient ressemblé les arguments de<br>ballets de Céline une fois mis en musique et montés. S’il s’y montre&nbsp;<strong>misanthrope</strong>, c’est avec malice, et s’y<br>font jour un caractère affable et un goût conservé pour la&nbsp;<strong>féerie</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1960&nbsp;</strong>:&nbsp;<strong><em>Nord</em></strong>, deuxième volée de la trilogie allemande, raconte la&nbsp;<strong>fuite de Paris</strong>&nbsp;de Céline avec sa femme<br>Lili et son chat Bébert, pour&nbsp;<strong>Baden-Baden</strong>,<br>puis&nbsp;<strong>Berlin</strong>&nbsp;où ils sont les seuls<br>occupants d’un hôtel délabré tenu par un paysan sibérien. Le trio intègre<br>l’acteur La Vigue, rencontré au bureau des visas, et Céline se résout à trouver<br>refuge chez une vieille connaissance qui le fait vivre confortablement dans un<br>vaste souterrain, avant que cet ami ne le case à la campagne, dans un hameau où<br>les Français sont traités en parias et où règne la faim. Puis l’écrivain finira<br>par rejoindre le Danemark. À nouveau les descriptions d’un&nbsp;<strong>univers en ruines</strong>,&nbsp;<strong>grotesque</strong>,<br>alternent avec les&nbsp;<strong>plaintes de<br>l’écrivain</strong>&nbsp;se sentant trahi, irrité du sort qu’on lui a réservé à l’issue<br>du conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1961&nbsp;</strong>: Louis-Ferdinand Céline&nbsp;<strong>meurt</strong><br>à soixante-sept ans à Meudon d’une congestion cérébrale. Il venait de terminer&nbsp;<strong><em>Rigodon</em></strong>,<br>troisième et dernier volet de sa trilogie allemande, où il raconte son&nbsp;<strong>trajet vers Copenhague</strong>, d’une&nbsp;<strong>gare ravagée</strong>, d’un&nbsp;<strong>train délabré</strong>&nbsp;l’autre, évoquant ses&nbsp;<strong>compagnons de route</strong>&nbsp;éphémères – un docteur grec et une sœur en<br>charge d’un groupe de lépreux, un cortège d’enfants handicapés mentaux qui lui<br>sont confiés par une Française agrégée d’allemand –, entrecoupant constamment<br>le récit de ses plaintes de 1960, prophétisant le&nbsp;<strong>déferlement des Chinois sur la France</strong>&nbsp;et la d<strong>isparition de la race blanche</strong>&nbsp;avec la complicité des religions<br>établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Céline se défendait de vouloir faire passer des<br>idées dans ses romans, il comptait seulement&nbsp;<strong>s’adresser à l’affectivité</strong>&nbsp;de ses lecteurs, en lui présentant un&nbsp;<strong>monde absurde</strong>,&nbsp;<strong>burlesque</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>pathétique</strong>,<br>à rebours de tout point de vue rationnel, de tout réconfort intellectuel. Depuis<br>les années 1970 principalement, la critique universitaire s’est saisie avec<br>passion de son œuvre. Écrivain&nbsp;<strong>infréquentable</strong><br>et&nbsp;<strong>irritant</strong>&nbsp;pour les uns – une<br>partie de ses textes reste interdite de publication –,&nbsp;<strong>conteur</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>stylicien de<br>génie</strong>&nbsp;pour les autres, parfaitement représentatif d’une&nbsp;<strong>époque irrationnelle, excessive et brutale</strong>,<br>Céline, surtout&nbsp;<strong>insaisissable</strong>, n’a<br>pas fini d’être tour à tour aimé et haï.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Lui, notre colonel, savait peut-être pourquoi ces deux<br>gens-là tiraient, les Allemands aussi peut-être qu’ils savaient, mais moi,<br>vraiment, je ne savais pas. Aussi loin que je cherchais dans ma mémoire, je ne<br>leur avais rien fait aux Allemands. J’avais toujours été bien aimable et bien<br>poli avec eux. Je les connaissais un peu les Allemands, j’avais même été à<br>l’école chez eux, étant petit, aux environs de Hanovre. J’avais parlé leur<br>langue. C’était alors une masse de petits crétins gueulards avec des yeux pâles<br>et furtifs comme ceux des loups&nbsp;; on allait toucher ensemble les filles<br>après l’école dans les bois d’alentour, et on tirait aussi à l’arbalète et au<br>pistolet qu’on achetait même quatre marks. On buvait de la bière sucrée. Mais<br>de là à nous tirer maintenant dans le coffret, sans même venir nous parler<br>d’abord et en plein milieu de la route, il y avait de la marge et même un<br>abîme. Trop de différence.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Louis-Ferdinand Céline,&nbsp;<em>Voyage au bout de la nuit</em>, 1932</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Encore une journée de<br>perdue&nbsp;! Salie&nbsp;! gâchée&nbsp;! pervertie absolument&nbsp;! anéantie<br>en cafouillages&nbsp;!… En crétines angoisses&nbsp;!… C’est que je puisse<br>me recueillir&nbsp;!… Véritablement… Enfin&nbsp;! que je puisse m’abstraire&nbsp;!…<br>tu comprends&nbsp;?… La vie extérieure me ligote&nbsp;!… Elle me<br>grignote&nbsp;! Me dissémine&nbsp;!… M’éparpille&nbsp;!…&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Souvent j’en croise, à présent, des indignés qui ramènent…<br>C’est que des pauvres culs coincés… des petits potes, des ratés jouisseurs…<br>C’est de la révolte d’enfifrés… c’est pas payé, c’est gratuit… Des vraies<br>godilles…</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ça vient de nulle<br>part… du Lycée peut-être… C’est de la parlouille, c’est du vent. La vraie<br>haine, elle vient du fond, elle vient de la jeunesse, perdue au boulot sans<br>défense. Alors celle-là qu’on en crève. Y en aura encore si profond qu’il en<br>restera tout de même partout. Il en jutera sur la terre assez pour qu’elle<br>empoisonne, qu’il pousse plus dessus que des vacheries, entre des morts, entre<br>les hommes.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Louis-Ferdinand Céline,&nbsp;<em>Mort à crédit</em>, 1936</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Le malheur en tout ceci, c’est qu’il n’y a pas de peuple, au<br>sens touchant où vous l’entendez, il n’y a que des exploiteurs et des<br>exploités, et chaque exploité ne demande qu’à devenir exploiteur. Le<br>prolétariat héroïque, égalitaire, n’existe pas. C’est un songe-creux, une<br>faribole, d’où l’inutilité, la niaiserie écœurante de toutes ces imageries<br>imbéciles, le prolétaire en cotte bleue, le héros de demain et le méchant<br>capitaliste repu à chaîne d’or. Ils sont aussi fumiers l’un que l’autre. Le<br>prolétaire est un bourgeois qui n’a pas réussi. Rien de plus, rien de<br>moins.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Louis-Ferdinand Céline,<br>Lettre à Élire Faure, juillet 1935</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Bas les masques</title>
		<link>https://dark-rider.fr/wp1/bas-les-masques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[adm-m]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Apr 2024 08:10:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexions générales]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://dark-rider.fr/wp1/?p=24</guid>

					<description><![CDATA[Nous portons toutes et tous un masque... Jusqu'à quel point en sommes nous conscients ? ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-block-image is-style-rounded">
<figure class="alignleft size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="200" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-300x200.jpg" alt="" class="wp-image-25" style="aspect-ratio:4/3;object-fit:contain" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-300x200.jpg 300w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-768x512.jpg 768w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques.jpg 1000w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Basé sur la réflexion originale du 31/01/2021</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Tomber le masque….</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une expression bien connue, utilisée dans tellement de contextes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Porter un masque, cela prend une tournure bien particulière en ce moment précis où ce qui avant était un jeu, ou un moyen de commettre un délit est devenu une obligation sanitaire passible d’amende en cas de refus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les choses ont une étrange manière d’évoluer, mais ce n’est pas vraiment ce à quoi je pense en écrivant ces lignes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la continuité de cette prise de conscience de ce qu’a été ma vie pendant ces 47 années (en prenant large, je ne pense pas avoir eu une réelle conscience de ce que je faisais les quelques 4-5 premières années, en tout cas, pas dans l’optique de réflexion qui est la mienne aujourd’hui), je me dis que cela fait des années que je porte un masque, et même bien plus qu’un seul masque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean Paul Sartre disait de lui-même qu’il avait porté tant de masques tout au long de sa vie et joué tant de rôle qu’il ne savait plus qui était l’homme qui se cachait derrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me dis souvent en ce moment que le plus difficile n’est pas de mettre un masque, mais de le garder en place, et parfois de l’enlever.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi portons-nous des masques&nbsp;? Le faisons-nous consciemment&nbsp;? Sommes-nous contraints de le faire&nbsp;? Ou sommes-nous tout simplement tous des menteurs, mystificateurs ou autres mythomanes à plus ou moins grande échelle&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que se passe-t-il lorsque nous devons «&nbsp;tomber les masques&nbsp;»&nbsp;? Que reste-t-il qui puisse nous permettre de nous définir ou tout simplement de nous regarder tel que nous sommes&nbsp;?</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="940" height="590" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-psy-online-940x590-1.jpg" alt="" class="wp-image-32" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-psy-online-940x590-1.jpg 940w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-psy-online-940x590-1-300x188.jpg 300w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-psy-online-940x590-1-768x482.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 940px) 100vw, 940px" /><figcaption class="wp-element-caption">Masque vénitien 2009</figcaption></figure>
</div>


<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi portons-nous des masques ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C.G JUNG utilise le mot latin «&nbsp;persona&nbsp;» qu’il définit ainsi : la persona est ce quelqu’un qui n’est pas en réalité, mais ce que lui-même et les autres personnes pensent ce qu’il est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’origine latine du mot persona désignait les masques que portaient les acteurs de théâtre via le verbe personare ou per sonare littéralement parler au travers de.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jung en a emprunté l&rsquo;image au théâtre grec dans lequel on pouvait entendre, derrière le masque, la voix de l&rsquo;acteur, avec toutes ses nuances, ses modulations, ses vibrations individuelles. Sur le masque était fixée une expression typique qui reflétait une des caractéristiques de la condition humaine. Aucune particularité personnelle n&rsquo;y figurait. Il s&rsquo;agissait de transmettre quelque conflit humain universel et non pas le destin d&rsquo;un homme particulier. Le masque était donc utilisé pour spécifier une situation commune à tous les hommes. Seule la voix de l&rsquo;acteur l&rsquo;animait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon JUNG la persona n’a rien de réel, elle ne serait qu’une interface entre nous et la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette notion existe en informatique et est bien connue des développeurs. L’interface, que l’on la nomme IHM pour interface homme machine, UI pour User Interface, elle reprend point pour point cette notion qu’il existe entre nous et les autres un élément qui nous permet de communiquer avec l’extérieur sans exposer l’individu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le monde du théâtre, le masque se confond par la suite avec le rôle. Dans le théâtre antique, ou dans le No japonais, les masques étaient les porteurs des expressions des personnages incarnés par les acteurs.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="717" height="1000" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masque-no-japonais-1.jpg" alt="" class="wp-image-33" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masque-no-japonais-1.jpg 717w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masque-no-japonais-1-215x300.jpg 215w" sizes="auto, (max-width: 717px) 100vw, 717px" /><figcaption class="wp-element-caption">Masque de No japonais</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Pour Jung la persona est ce qui organise le rapport de l&rsquo;individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moi profond se protège donc derrière la persona mais peut facilement s&rsquo;identifier à la persona, conduisant l&rsquo;individu à se prendre pour celui qu&rsquo;il est aux yeux des autres et à ne plus savoir qui il est réellement. Dans ce cas, la persona de Jung est proche du concept de faux self de Donald W. Winnicott. Il faut donc comprendre la persona comme un « masque social », une image, créée par le moi, qui peut finir par usurper l&rsquo;identité réelle de l&rsquo;individu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si initialement la persona peut être considérée comme une façade externe nécessaire à chaque individu pour pouvoir interagir avec la société dans les meilleures conditions, le risque que la persona devienne une façade influencée pour ne pas dire dirigée par les attentes et exigences sociales de l’extérieur est particulièrement grand. A un certain stade la confusion qui s’installe entre la persona et le moi peut conduire à une entrave de la compréhension de soi par l’individu qui finit par ne plus savoir qui il est réellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question peut se traduire de la manière suivante&nbsp;: Si la persona, donc le masque, constitue un marqueur d’insertion sociale ne risque-t-elle pas de devenir un leurre quant à la véritable identité de l’individu&nbsp;? Ce que l’on veut faire croire aux autres via notre masque risque de devenir ce que nous croyons de nous-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Masque qui simule l&rsquo;individualité et fait croire aux autres et à soi-même qu&rsquo;on est individuel, alors qu&rsquo;on assume simplement un rôle par lequel s&rsquo;exprime la psyché collective »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>C.G JUNG Structure de l’inconscient.</em></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="300" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/les-masques-300x300-1.png" alt="" class="wp-image-34" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/les-masques-300x300-1.png 300w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/les-masques-300x300-1-150x150.png 150w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dire aux gens que tout va bien, donner des réponses de circonstances, montrer un visage optimiste, en voilà autant de masques à porter en permanence, autant de masques qui sont devenus tellement une partie de moi-même que je ne sais même plus comment les enlever.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question qui revient à chaque message, à chaque échange, téléphonique, sms, mail… «&nbsp;Comment vas-tu&nbsp;?&nbsp;» ai-je vraiment le choix de ma réponse&nbsp;? Comment dire la vérité&nbsp;? Car derrière cette question combien de personnes ont vraiment envie de savoir ce qu’il en est réellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne porte aucun jugement envers ces personnes, faire preuve de politesse n’a jamais été un défaut, et il est fort possible que pour certaines d’entre-elles, la réponse à cette question leur importe vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais quand bien même que je dirais la vérité&nbsp;? Qu’est ce que cela pourrait y changer&nbsp;? Et surtout, ai-je vraiment envie ou un intérêt quelconque à dire la vérité&nbsp;? Dans ce cas je laisse ma persona s’exprimer et montrer ce que d’une part on attend de moi, une réponse, et ce que je pense que l’on attend de moi, une réponse de circonstance qui n’appelle pas à d’autres développements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque quelqu’un nous dit qu’il ne va pas bien nous avons toujours ce réflexe quelque part bien humain de vouloir l’aider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en sous-couche, la détresse des autres nous met mal à l’aise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’aimons pas être confronté à ce genre de situation, car nous ne savons pas comment réagir, nous nous sentons obligé de faire quelque chose, mais quoi&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avons-nous seulement vocation à apporter des solutions à tout le monde&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">En avons-nous seulement envie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai pas envie de donner cette impression à qui que ce soit qu’il doit se mettre en position de m’aider, je n’y arrive pas moi-même, qui pourrait affronter mes démons à ma place&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cas, le masque reste la meilleure des solutions, fabriqué sur mesure, adapté à l’interlocuteur, dans un monde qui ne vit que sur l’apparence et le superficiel quoi de plus normal que de donner aux gens ce qu’ils ont envie de voir et d’entendre&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour celles et ceux qui savent que dans le fond bien des choses ne vont pas, il y a toujours moyen d’adapter le masque, pas terrible en ce moment, mais je m’accroche, et puis, il y a toujours pire que moi, alors ça va le faire, un petit changement de sujet et le tour est joué, on passe à autre chose, quelques paroles réconfortantes feront l’affaire et tout le monde sera content.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà le premier masque est en place et il répond à une très grande partie des questions plus globales que la notion de masque peut poser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est qu’un exemple parmi une multitude, mais un exemple parlant car nous y sommes confrontés au quotidien.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="500" height="356" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-1.jpg" alt="" class="wp-image-35" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-1.jpg 500w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/masques-1-300x214.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le groupe social&nbsp;? Là aussi, pas question de montrer la réalité des choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut être optimiste, analyser, admettre que la situation n’est pas facile, là aussi pondérer, comparer un peu, mais toujours afficher un masque d’optimisme, nous allons y arriver, nous avons les moyens, restons motivés, nous avons des bons appuis…. A chaque situation son masque… Mais pas question de porter le mauvais masque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais à moi, quel masque puis-je montrer&nbsp;? Jusqu’à quel point puis-je me persuader moi-même que ces masques que je montre sont la réalité&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question soulevée par Jung quant à la confusion entre la projection de la persona et le moi revient de nouveau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je sais, ou je ressens ce qui se trouve derrière, d’autant plus que je ne parviens pas à les enlever ces masques, à quel moment&nbsp;? seul en journée&nbsp;? la nuit&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me souviens toujours de cette photo de Robin Williams tout sourire, prise peu de temps avant son suicide, et qui avait pour légende «&nbsp;le vrai visage de la dépression&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne savons jamais lorsque tout va basculer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous savons que cela arrivera, le grand plongeon est inéluctable, mais quand et comment… c’est bien là le grand mystère de la vie et de sa fidèle compagne la mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre société ne tolère pas la vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous devons montrer le visage que l’on attend de nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’archétype de jeune cadre et manager dynamique, toujours à fond, toujours en forme, toujours là sur tous les fronts pour motiver ses équipes, toujours là pour montrer des chiffres toujours meilleurs à une hiérarchie toujours plus exigeante, chaque situation, professionnelle et même personnelle est désormais soumise à des codes, des exigences de conduite et de comportement, d’apparences et de bienséance qui sont autant de masques à créer et à porter pour entrer dans le moule et ne pas risquer le rejet ou l’ostracisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment échapper à cette obligation de porter son plus beau masque&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile d’y échapper tant les diktats et les injonctions sont partout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Partout des publicités pour des régimes, des produits cosmétiques, partout des incitations à avoir une vie plus saine, plus équilibrée, plus en phase avec une société meilleure&nbsp;? Mais qu’est-ce qu’une vie équilibrée en fait&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a de cela quelques temps j’ai eu une surprise en lisant la réponse d’une amie, que je savais Vegan convaincue, à qui j’avais adressé une ligne de produits cosmétiques Vegan. Elle m’a annoncé que finalement, elle avait renoncé à cette conviction et décidée de mieux écouter son corps au lieu de se priver de choses qu’elle aime pour une idéologie aussi louable soit-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à quel point la société dirige-t-elle nos vies&nbsp;? Jusque dans notre intimité la plus profonde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soyons honnête, entre les publicités pour les sites de rencontres, sérieuses ou extra-conjugales, les produits pour «&nbsp;s’amuser&nbsp;», ou augmenter ses performances, c’est une fois de plus une série de masques qui s’invitent dans notre intimité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le masque de la performance sexuelle, le masque de l’apparence physique, le masque de la bonne rencontre, à quel moment avons-nous le choix dans tout cela&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sites de rencontre avec tout leur arsenal censé nous offrir le bonheur au bout du click et surtout de l’abonnement payant qui y est invariablement associé en sont un parfait exemple. Ils nous obligent à nous définir sur la base de critères en nombre fini et orientés. N’avez-vous jamais remarqué que sur ces sites les critères permettant de vous décrire, qui sont aussi les critères via lesquelles vous serez mis en contact avec les profils «&nbsp;correspondants&nbsp;» sont parfaitement formatés selon les codes de bienséance de la société actuelle&nbsp;? Quelle marge pour les profils «&nbsp;atypiques&nbsp;» qui ne rentrent pas dans les codes&nbsp;? Des sites pour atypiques, la boucle est bouclée finalement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors nous mettons un autre masque, que ce soit pour avoir une chance de «&nbsp;rencontrer&nbsp;» pour les plus honnêtes ou pour s’inventer une vie pour d’autres, nous portons de nouveaux masques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais nous oublions un peu trop vite qu’à un moment ou un autre ces masques ne joueront plus leur rôle car ils seront hors contexte, hors champ pour agir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="300" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/tomber-le-masque.webp" alt="" class="wp-image-36" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/tomber-le-masque.webp 300w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/tomber-le-masque-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et moi, où en suis-je donc avec mes masques ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enlever tous ces masques, avoir peut-être pour la première fois de ma vie le sentiment profond d’être moi-même, vraiment moi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Cette question nous nous la posons forcément à un moment ou un autre. Plus souvent pour certains que pour d’autres, mais qui ne se l’est jamais posée&nbsp;? Quand pourrai-je être moi-même&nbsp;? Quand pourrai-je ôter tous ces masques qui constituent ma vie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être que ce moment sera celui où je serai allongé dans mon cercueil, déjà parti pour cet inconnu qui fait tant peur et fantasmer. Au fait, pouvons-nous emporter nos masques dans la mort&nbsp;? Ne parle-t-on pas si souvent de masques mortuaires&nbsp;? du masque de la mort&nbsp;? Difficile d’y échapper de toute évidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant, mes masques tiennent bien, avec de solides élastiques, toujours plus de médicaments, anxiolytiques, antidépresseurs, il faut bien trouver des moyens de faire tenir l’ensemble quand il ne peut pas le faire naturellement car les limites ont été atteintes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la notion de retrait du masque se cache bien souvent une autre notion bien plus vaste&nbsp;: le lâcher prise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une notion elle aussi très ambigue car elle est rapidement devenue une injonction de plus dans nos vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous allez mal&nbsp;? Alors apprenez le lâcher prise. Vous ne savez pas comment faire&nbsp;? Pas de panique, nous vous proposons pour un prix raisonnable une méthode clé en main infaillible pour reprendre votre vie en main et apprendre à lâcher prise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Essayons d’être plus constructif que cela et d’aller un peu au-delà.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On nous dit que le lâcher prise est une excellente façon de se libérer d&rsquo;une dose quotidienne de stress et d&rsquo;anxiété, d&rsquo;apprendre à remettre les problèmes en perspective, de les ramener à leur juste valeur et de se sortir de situations difficiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;existe hélas pas de programme tout fait pour apprendre à lâcher prise. C&rsquo;est un processus qui commence grâce à une chose sur laquelle nous avons tous et toutes une emprise : la réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais encore faut-il avoir une bonne perception ou conscience de la réalité. Quelle est-elle cette réalité que nous devons affronter pour espérer nous retrouver&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce celle que nous regardons au travers de nos masques&nbsp;? Le plus souvent oui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une simple recherche internet avec le terme «&nbsp;lâcher prise&nbsp;» est édifiante quant à la perception des choses que l’on nous impose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les résultats convergent vers le même but&nbsp;: nous apprendre à lâcher prise. Mais aucun ne semble vouloir s’intéresser aux sources du concept du problème. Pourquoi avons-nous besoin de lâcher priser et surtout qu’est-ce que cela signifie vraiment.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="872" height="582" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/lacher-prise.jpg" alt="" class="wp-image-37" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/lacher-prise.jpg 872w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/lacher-prise-300x200.jpg 300w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/lacher-prise-768x513.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 872px) 100vw, 872px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Chaque article commence par les mêmes banalités d’usage, les dikats de nos vies, le contrôle que nous ne pouvons exercer sur les événements et les autres ect…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terme est à la mode, et finalement le fait de le comprendre n’importe pas vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le monde l’utilise, mais personne ne le comprend.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attitude Zen, estime de soi, reprise du contrôle de sa vie… la terminologie est vaste et mise à toutes les sauces. Vous avez des soucis&nbsp;? Apprenez le lâcher prise. Vous angoissez pour le boulot&nbsp;? Apprenez le lâcher prise. Finalement nous passons d’un diktat à un autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la notion de lâcher prise devait répondre à un besoin de poser ses masques, elle en devient un autre à porter pour pouvoir une fois de plus entrer dans le bon moule du lâcher prise politiquement correct.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, quand on creuse un peu le terme de lâcher prise dans les textes anciens et sacrés, en particulier les textes de référence du Bouddhisme, lâcher prise signifie s’abandonner et plus précisément «&nbsp;déposer&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déposer, en voilà un terme intéressant. Comme déposer un masque&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de déverser les milliers de conseils qui se paraphrasent tous plus les uns que les autres, l’idéal serait bien de comprendre ce que nous souhaitons déposer pour envisager de le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel masque avons-nous besoin ou envie de déposer&nbsp;? Et pourquoi souhaitons-nous le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car admettre que nous portons des masques tout au long de notre vie chaque jour ne signifie pas forcément que nous nous sommes prêts à les déposer, même si nous en ressentons l’envie et le besoin. Car nous ne savons pas ce que nous allons voir dans le miroir une fois le masque déposé&nbsp;? Allons apprécier, supporter ce que nous verrons&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous en revenons ainsi à la confrontation avec nous même, avec ce moi qui se projette au travers de la persona au point tel qu’il ne sait plus qui il est vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la persona est qualifiée par Jung d’ « illusion» de la véritable individualité, c&rsquo;est parce qu&rsquo;elle ne peut, à elle seule, résoudre le conflit avec soi-même. La solution pour Jung, et en cela il se démarquait nettement de Freud, passe par le fait de tenir ensemble les deux termes du conflit ; de cette· confrontation, naîtra une troisième voie basée sur la finalité même de l&rsquo;inconscient, c&rsquo;est à-dire sur le développement de l&rsquo;individu dont le processus est celui de l&rsquo;individuation. Cette confrontation met le moi en relation avec le soi. La persona serait alors la fonction qui permettrait au moi de se présenter aux objets externes et d&rsquo;entrer en relation avec eux, tout en tenant compte de ses objets internes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport qui s&rsquo;établit entre le moi et le monde externe s&rsquo;enrichit de ce que Jung écrit dans Types Psychologiques. La persona y est traitée en analogie avec l&rsquo;extraversion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, satisfaire autrui comporte le risque de «&nbsp;se perdre » en tant que sujet, voire même de «&nbsp;se perdre » dans l&rsquo;autre dans un désir fusionne!. C&rsquo;est alors que le conflit éclate puisque cette satisfaction entre en compétition avec les désirs subjectifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jung fait remarquer que la reconnaissance par la société conforte l’ « image idéale de l&rsquo;homme tel qu&rsquo;il devrait être » («sein sollte »).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le verbe allemand « sollen » implique une obligation morale. Cette obligation morale rend parfaitement compte du contrat qui semble lier l&rsquo;individu à ce qu&rsquo;il représente, au risque de l&rsquo;asservir au regard d&rsquo;autrui.C&rsquo;est ce que l&rsquo;on observe lors d&rsquo;une identification à la persona. C&rsquo;est également ce que l&rsquo;on observe chez certaines personnes dont le « destin, semble avoir été fixé dès avant leur naissance. Pour certains, s&rsquo;en distancer est pratiquement impossible. Cette « obligation » peut longtemps servir de justification au fait de négliger ce qui sourd du monde intérieur, lui déniant toute valeur. Bien sot est celui qui rame à contre-courant de l&rsquo;approbation générale !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe en chacun de nous une tendance innée à s&rsquo;adapter. La persona actualiserait cette tendance en conformité avec l&rsquo;univers socioculturel dans lequel elle s&rsquo;élabore. Ne pas avoir de persona signe l&rsquo;échec de l&rsquo;adaptation et de la socialisation. Ne pas avoir de persona serait l&rsquo;équivalent d&rsquo;une négation de la culture, comme en témoigne l&rsquo;univers du psychotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ce point de vue quitter son masque, abandonner la persona pour se retrouver face à cet inconnu qui se cache derrière peut être une expérience extrêmement difficile, parfois traumatisante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Winnicott en définissant le «&nbsp;self&nbsp;» et le «&nbsp;faux self&nbsp;», avec des variantes sensibles par rapport à Jung, a néanmoins posé un diagnostic similaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le «&nbsp;self » traduit la capacité d&rsquo;être en relation avec l&rsquo;autre, le faux «&nbsp;self », lui, rend cette relation possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Mais le «&nbsp;faux self&nbsp;» peut s’organiser de façon pathologique. Il en résulte alors un état de défense contre le monde ressenti comme intrusif et menaçant. L’alternative pathologique est une existence fausse, construite sur des réactions à des excitations externes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelles que soient les approches nous constatons qu’elles ont toutes en commun ces deux mondes qui semblent ne pas pouvoir vivre l’un sans l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dimension gardien du soi et fonction organisatrice de la vie en société est présente dans les deux cas. La différence fondamentale réside dans le mode de structuration du sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dans le contexte qui nous intéresse ici, la notion de masque devient une obligation vitale pour la survie du sujet qui ne peut exposer ce qu’il est à la société dans laquelle il doit exister.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat est infini, mais c’est bien là tout l’intérêt des approches philosophiques et psychologiques des choses qui vont de questions en questions et ne s’arrêtent jamais aux réponses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous avons la certitude que nous devons porter des masques, nous sommes alors en droit de nous demander comment nous définir, comment avec conscience de nous même en tant qu’entité propre et non pas entité de présentation exposée à un monde qui attend plus d’elle ce qu’elle montre que ce qu’elle est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres débats en perspective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant, sortez couverts, ou masqués en tout cas… c’est même recommandé par les autorités sanitaires désormais.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="800" src="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/4865406_orig.jpg" alt="" class="wp-image-38" srcset="https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/4865406_orig.jpg 800w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/4865406_orig-300x300.jpg 300w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/4865406_orig-150x150.jpg 150w, https://dark-rider.fr/wp1/wp-content/uploads/2024/04/4865406_orig-768x768.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
